L'uréthro-cervico-cystopexie par colposuspension aponévrotique : une technique originale dans le traitement de l'incontinence d'urine à l'effort. A propos de 32 cas revus à long terme

16 juillet 2001

Mots clés : incontinence urinaire, chirurgie de l'incontinence urinaire, fronde
Auteurs : Beurton D, Fontaine E, Grall J, Quentel P
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 216-227
C'est une technique originale de traitement de l'incontinence urinaire d'effort (IUE) isolée, sans cystocèle associée, dont le but est l'obtention d'un bon résultat, stable à long terme qui évite les troubles dysuriques et les phénomènes d'irritation vésicale (pollakiurie, impériosité) inhérents à la cervicopexie par frondes. Elle consiste en une intervention de Gobell-Stoeckel modifiée en deux points: d'une part une dissection rétrocervicale par voie rétropubienne exclusive. D'autre part, la fixation de la bandelette aponévrotique au vagin avant de la fixer au ligament de Cooper pour éviter la compression de la lèvre postérieure du col vésical. De 1986 à 1991, 32 patientes ont bénéficié de cette technique. L'âge moyen est de 56 ans (extrêmes 41 - 83). Seize des 32 malades (50%) ont eu une chirurgie pelvienne préalable: 14 hystérectomies, 4 cures d'incontinence urinaire d'effort, 4 cures de cystocèle. Des impériosités mictionnelles sont associées à une IUE dans 25% des cas. Sur les 32 patientes opérées, 5 ont présenté 7 complications précoces mineures: 3 complications pariétales bénignes, 4 rétentions d'urine transitoires. La durée moyenne du sondage vésical à demeure est de 4 jours (extrêmes 2 - 6). La durée moyenne d'hospitalisation est de 8 jours (extrêmes 6 - 20). Le recul moyen est de 32 mois (extrêmes 12 - 70). La continence est parfaite dans 91% des cas. 69% des patientes ont un résultat excellent (continence normale, pas de dysurie, pas d'impériosité mictionnelle), 19% ont un résultat moyen (continence normale mais légère dysurie et/ou impériosité mictionnelle), 12% ont un mauvais résultat (2 incontinences par mictions impérieuses, 1 incontinence tardive secondaire à la survenue d'une lésion neurologique et 1 rétention incomplète permanente nécessitant la section endoscopique de la bandelette). Ces bons résultats à long terme nous font proposer cette technique dans le traitement des incontinences urinaires d'effort chez les femmes ménopausées et/ou déjà opérées.