L’urétéroscope souple à usage unique permet-il de diminuer le risque d’infection urinaire après urétérorénoscopie souple ? Une étude rétrospective sur 422 interventions consécutives

25 novembre 2019

Auteurs : M. Baboudjian, R. Boissier, B. Gondran Tellier, E. Di Crocco, P. Sichez, A. Akiki, S. Gaillet, V. Delaporte, G. Karsenty, E. Lechevallier
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 678
Objectifs

Dans une étude récente (Ofstaed et al., 2017) l’analyse post-stérilisation de 16 urétéroscopes réutilisables (rURS) rapportait des irrégularités dans 100 % des urétéroscopes (présence de sang, protéines, bactéries). Récemment, plusieurs modèles d’urétéroscopes usage unique (uURS) sont disponibles et seraient dépourvus du risque d’infection croisée. Dans notre centre, faisant un usage mixte des urétéroscopes depuis 2 ans, nous avons comparé le taux d’infection après rURS vs uURS.

Méthodes

Étude rétrospective incluant les URS consécutives réalisées dans notre centre entre janvier 2017 et avril 2019. Une gaine d’accès urétérale (Peelway® Ch9-10) était systématiquement utilisée. Durant la période d’étude, 5rURS et 1uURS (UscopePU3022) étaient disponibles. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée: antibiothérapie durant 48heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV en cas d’ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’une infection. Le critère de jugement principal était la survenue d’une infection urinaire définie comme une température>38°C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois suivant l’intervention.

Résultats

Entre janvier 2015 et mars 2019, 422 URSS consécutives ont été réalisées dans les indications suivantes: lithiase urinaire (n =334), diagnostique et traitement conservateur des TVEUS (n =88). Dans les groupes rURS (n =236, 55,9 %) et uURS (n =186, 44,1 %), l’âge médian (IQR) était de 59 (49–68) vs. 63 (47–71) ans, 178 femmes étaient inclues (42,4 vs 41,9 %) et le score de Charlson médian (IQR) était de 2 (1–4) vs 2 (0–4), respectivement. Une IU est survenue chez 27 patients (6,4 %): 15 patients dans le groupe uURS (8,06 %) et 12 patients dans le groupe rURS (5,08 %) (p =0,21). Dans les groupes uURS et rURS, le délai médian de survenue d’une IU était 2 (1–3) vs 2 (1–3) (p =0,91) et une instabilité hémodynamique est survenue dans 3 vs. 1 cas (p =0,60), respectivement. Concernant l’écologie bactérienne, l’ECBU était plus souvent polymicrobien dans le groupe rURS mais la différence n’était pas significative (50 % vs 13 %, p =0,08).

Conclusion

À notre connaissance, il s’agit de la première étude comparant le risque d’infection urinaire après URSS selon le type d’urétéroscope utilisé, uURS vs. rURS. Ces résultats suggèrent que l’utilisation d’un uURS ne permettrait pas de diminuer le risque d’IU postopératoire.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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