L'urétéro-sigmoïdostomie après cystectomie totale pour cancer. Résultats à long terme. A propos de 60 cas.

16 juillet 2001

Mots clés : Cystectomie radicale, dérivation urinaire interne, Urétérosigmoïdostomie, résultat à long terme
Auteurs : Fournier F, Bon Didier, Doré B, Aubert J
Référence : Prog Urol, 1997, 7, 967-975
BUTS : Le rétablissement du cours des urines après une cystectomie totale mérite discussion même si la plupart des auteurs optent actuellement pour un remplacement vésical ou une dérivation trans-iléale à la peau. La dérivation dans le côlon qui a été utilisée pendant longtemps a peut-être été injustement abandonnée.
MATERIEL ET METHODES : De 1974 à 1995, soixante malades (116 unités rénales) ont subi une cystectomie pour cancer, suivie par principe d'une urétéro sigmoïdostomie quand l'âge et les conditions locales s'y prêtaient. L'âge moyen des patients (52 hommes et 8 femmes) était de 60 ans. Ils ont été revus au minimum deux fois par an et la surveillance s'est faite par la clinique, des examens biologiques et une urographie intraveineuse une fois par an pendant 5 ans. L'évaluation des résultats fonctionnels et de la qualité de vie a été faite à partir des informations contenues dans les dossiers et pour les 19 patients vivants sans récidive par réponse à un questionnaire.
RESULTATS : La médiane d'observation est de 80 mois. Trente sept patients sont décédés dont 23 (38,38%) de leur cancer de vessie. Quarante patients (66,6%) ont eu des suites immédiates simples. A distance, reflux septique dans le haut appareil urinaire, sténose de la réimplantation urétérale et infections urinaires fébriles ont constitué les complications majeures imposant soit une réimplantation itérative soit une autre dérivation.La continence nocturne (82%) et diurne (85%) est bonne et sur les 19 patients toujours vivants sans signe de récidive, 17 sont satisfaits de leur mode de vie.
CONCLUSION : Après une cystectomie totale pour cancer, l'implantation des deux uretères dans le côlon reste un bon mode de dérivation des urines par sa simplicité et sa bonne tolérance au prix parfois d'une seconde intervention. Des modifications techniques récemment décrites devraient redonner de l'intérêt à cette intervention.