L'UIV, un examen du passé sans avenir?

01 décembre 2001

Mots clés : scanographie, UIV, Rein, Colique néphrétique, Tumeurs, Vessie
Auteurs : LAISSY JP, ABECIDAN E, KARILA-COHEN P, RAVERY V, SCHOUMAN-CLAEYS E
Référence : Prog Urol, 2001, 11, 552-561
L'UIV s'est vue ces dernières années voler sa place de "gold standard" dans l'exploration successivement du parenchyme rénal puis même de la voie excrétrice.
Deux gagnants : l'échographie et le scanner.
Dans la colique néphrétique, quelques réticents prônent encore la place de l'UIV, aux motifs suivants : le surcoût du scanner (cela n'est pas vrai par rapport à un scanner sans injection) et l'absence de données fonctionnelles (le scanner a sa propre sémiologie de l'hyperpression). Les avantages ne se discutent pas : résolution en contraste permettant de déceler la quasi totalité des calculs à l'exception de certaines complications des trithérapies chez les patients séropositifs, couverture étendue facilitant l'identification des diagnostics différentiels, rapidité et meilleure efficacité, enfin absence de risque lié à l'injection iodée dans cette indication.
Pourtant il est des cas où les performances sont plus limitées : patient maigre, ou souhait d'explorer la sphère gynécologique mais l'UIV n'est là pas plus contributive.
Alors quelle place réserver à l'UIV dans la colique néphrétique? le besoin d'un diagnostic de certitude et la discussion d'un geste urgent (levée d'obstacle dans un cadre infectieux) alors que le scanner est soit inaccessible (maintenance? ), soit vraiment trop irradiant, comme chez la femme enceinte, quand l'échographie, voire l'IRM et l'uroIRM, n'ont pas été suffisamment contributives.
L'indication essentielle reste en fait le besoin d'une fine visualisation de la voie excrétrice (bilan d'hématurie, recherche d'une tumeur uroépithéliale), le besoin d'un morphogramme fin de l'ensemble de l'arbre urinaire (appréciation de certaines pathologies malformatives), voire la recherche d'une grossière appréciation de la fonction rénale chez un polytraumatisé qui n'aurait pas été exploré en scanner et chez qui on hésiterait ? à juste titre - à ouvrir le rétropéritoine.
Il reste a prédire que, faute de faire des UIV, on ne fera plus le diagnostic de nécrose papillaire ou de petite diverticule caliciel, mais finalement qu'importe?
L'UIV n'est donc, dans les pays qui disposent d'un équipement adapté, plus qu'une affaire d'expert. L'UIV est un examen du passé, sans avenir certes, mais avec une descendance : l'uroscanner.