Lithiase urinaire : une alerte à ne pas méconnaître

25 décembre 2011

Auteurs : G. Raynal, M. Daudon, O. Traxer
Référence : Prog Urol, 2011, 13, 21, 965-966




 



La relation statistique entre lithiase urinaire et différents facteurs de risque est maintenant bien établie. On sait en effet que les patients obèses, hypertendus et plus généralement ceux avec un syndrome métabolique sont plus à risque que la population générale d’avoir déjà eu un ou des épisodes lithiasiques [1, 2].


Il s’agit plus probablement de la mise en jeu de désordres nutritionnels communs que d’une pathogénie commune comme dans le cas de la dysfonction érectile.


Restait à savoir si, outre cette relation statistique à des facteurs de risque, il était possible de mettre à jour une relation au risque cardiovasculaire lui-même. C’est le pas qu’a franchi une publication de Nephrology, dialysis and transplantation. Dans une vaste étude épidémiologique portugaise, il est ressorti après ajustement à l’âge et à l’index de masse corporelle, que les lithiasiques ont eu par rapport aux non lithiasiques, un odds-ratio d’1,33 pour le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral (intervalles de confiance à 95 % :1,003 à 1,786 et 1,001 à 2,448 respectivement). [3] L’ajustement à l’hypertension et au diabète n’a pas abouti à une différence entre lithiasiques et non lithiasiques faisant conclure aux auteurs que c’est parce qu’ils sont plus fréquemment diabétiques et hypertendus que les lithiasiques font plus d’accidents cardiovasculaires (prévalences, Tableau 1).


Ce ratio est proche de celui qu’avait retrouvé une étude similaire issue de la Health Professionals Follow-up Study , qui avait fait l’objet d’une communication à l’AUA en 2007 sans avoir été publiée : non significatif pour l’AVC mais de 1,16 pour l’infarctus et de 1,26 pour l’angine de poitrine (intervalles de confiance à 95 % : à 1,02 à 1,33 et 1,01 à 1,6 respectivement). [4].


Ces données nous rappellent que l’urologue, praticien de premier recours dans la lithiase urinaire, se doit en plus du traitement du calcul, d’alerter son patient sur le risque métabolique.




Tableau 1 - Prévalence des maladies chroniques associées à un haut risque cardiovasculaire dans la population étudiée.
Maladie chronique  Tous
(n =23 349) (%) 
Non lithiasiques
(n =21 648) (%) 
Lithiasiques
(n =1701) (%) 
Valeur du p  
Hypertension  30,2  28,6  50,4  <0,001 
Obésité  17,3  16,9  22,7  <0,001 
Diabète  10,0  9,4  16,6  <0,001 
Infarctus du myocarde  1,9  1,8  3,3  <0,001 
Accident vasculaire cérébral  2,3  2,1  3,8  <0,001 




Références



Traxer O., Lechevallier E., Saussine C., Daudon M., Haymann J.P. Syndrome métabolique et lithiase urinaire. Une notion nouvelle pour l’urologue Prog Urol 2008 ;  18 : 828-831 [inter-ref]
Raynal G., Achkar K., El Samad R., Kikassa J.C., Jorest R. Risque cardiovasculaire chez les lithiasiques Prog Urol 2008 ;  18 : 288-291 [inter-ref]
Domingos F., Serra A. Nephrolithiasis is associated with an increased prevalence of cardiovascular disease Nephrol Dial Transplant 2011 ;  26 (3) : 864-868 [cross-ref]
Eisner B, Cooperberg M, Curhan GC, Stoller M. Nephrolithiasis and the risk of cardiovascular disease. AUA annual congress 22 May 2007.






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