Lettres à la rédaction - Re : «Promontofixation coelioscopique : comparaison d'une bandelette prothétique non résorbable (Mersuture®) et d'une matrice collagène SIS (SurgesisTMES).

14 février 2006

Auteurs : Adrien Vidart, Benoît Resch, Christian Pfister
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 1161-1161
par Michaël Grynberg, Frédéric Dedecker, Frédéric Staerman. Prog. Urol., 2005, 15, 751-755.

La récente publication de Mickaël Grynberg et al apporte de nombreux éléments d'information sur la prise en charge du prolapsus pelvien par voie coelioscopique. Dans cette série rétrospective, les auteurs comparent deux types de bandelette dans la prise en charge du prolapsus par promontofixation selon Scali. Bien que la technique chirurgicale décrite soit hétérogène, associant à la fois la mise en place d'une bandelette antérieure ou postérieure, la fixation du matériel utilisé reste identique. En effet, il est clairement mis en valeur l'intérêt des points séparés pour assurer la fixation des bandelettes sur le vagin à l'aide de fil résorbable, ainsi que la nécessité de se fixer au promontoire à l'aide d'un fil non résorbable.

Nous voudrions insister sur ce point précis au travers d'un cas clinique récemment pris en charge dans notre service. Il s'agit d'une patiente de 62 ans opérée dans un autre centre d'une promontofixation par laparoscopie avec double bandelette et amarrage au promontoire à l'aide d'un agrafage automatique par agrafes spiroïdes type Tacker ©. Dans les suites opératoires, survenue d'une fièvre en plateau à 38° C, puis au dixième jour de lombalgies d'intensité croissante avec un syndrome septique de plus en plus marqué. La patiente est alors adressée au CHU pour des difficultés à la marche, ainsi que des anomalies de l'examen neurologique des membres inférieurs. L'imagerie retrouvait un aspect de spondylodiscite du disque L5/S1 avec abcédation des muscles para-vertébraux, nécessitant devant l'aggravation des signes neurologiques une laminectomie postérieure décompressive en urgence. Progressivement, le syndrome septique a pu être contrôlé sous antibiothérapie à large spectre, mais la persistance d'un syndrome occlusif persistant et surtout de l'apparition d'images aériques au sein du ligament vertébral antérieur, nous a amené à réaliser dans un second temps une laparotomie exploratrice avec ablation du matériel. Il existait en per-opératoire un disque intervertébral totalement lysé, avec une extériorisation du matériel prothétique et du dispositif de fixation. Les suites opératoires furent simples avec un amendement complet du syndrome septique et la levée rapide du syndrome occlusif, mais la verticalisation de la patiente demandera encore de nombreux mois de réeducation en milieu spécialisé.

Cette observation rare montre bien que les modalités de fixation de la bandelette sur le promontoire restent aussi importantes qu'au niveau vaginal. Nombreux sont les articles qui rapportent des complications infectieuses ou d'exposition de matériel dans les suites d'une fixation des bandelettes au niveau vaginal à l'aide d'agrafes. Il est clairement admis que la fixation à ce niveau doit se faire à l'aide de points séparés non transfixiants. Les modalités de fixation au promontoire sont moins souvent mises en valeur. Néanmoins, l'utilisation d'agrafes ou de Taker © appelle des réserves plus justifiées, en ce qui concerne la solidité du montage, et la tolérance du matériel. Seuls quelques cas cliniques mettent bien en valeur le caractère potentiellement iatrogène de l'emploi de ce type de matériel (1-3). L'utilisation d'une bandelette utilisant une matrice collagène nous paraît une alternative très intéressante, cependant nous souhaitons également insister sur l'intérêt d'utiliser des fils non résorbables pour la fixation au promontoire afin de minimiser le risque de complications infectieuses.

Références

1. M. Cosson, F. Narducci, D. Querleu, G. Crépin. Utilisation expérimentale de matériel par coelioscopie : à propos d'une observation de spondylodiscite après promontofixation coelioscopique par Taker®. Ann. Chir. 2001 Jul; 126(6): 554-6.

2) Salman MM, Hancock AL, Hussein AA, Hartwell R. Lumbosacral spondylodiscitis : an unreported complication of sacrocolpopexy using mesh. B.J.O.G. 2003 May; 110(5): 537-8.

3) M.Boukerrou, G.Oraz, M.Nayama, R.Boodhun, G.Crépin, M.Cosson. Technique de la promontofixation : suspension au promontoire par fils ou Tackers ® ? J. Gynecol. Obstet. Biol. Reprod. 2003 Oct; 32(6): 524-8.