Lettre à la Rédaction

08 juillet 2006

Auteurs : Wassim Ghezala, Mounir Lefi, Mounir Touffahi, Radhia Saïdi, Samira Farhane, Hamadi Saad
Référence : Prog Urol, 2006, 16, 2, 225
Réponse à l'article: "Voies moléculaires de l'angiogenèse tumorale et nouvelles approches thérapeutiques ciblées dans le cancer du rein" par Patricia Fergelot, Nathalie Rioux-Leclercq, Jean-jaques Patard, Prog. Urol., 2005, 15, 1021-1029.

Les drogues antiangiogéniques sont un domaine de recherche très prometteur en matière de cancer du rein. Le mécanisme clé est l'inactivation du gène supresseur de tumeur de Von Hippel-lindau qui code pour la protéine VHL. Cette protéine joue un rôle dans la régulation du cycle cellulaire et dans l'angiogenèse. Elle régule négativement HIF1 (hypoxia induced factor) et HIF2. l'accumulation de HIF active la transcription de gènes qui régulent l'angiogenèse et par conséquent entraîne une hyperexpression de VEGF dans les carcinomes à cellules rénales conventionnels. L'important réseau capillaire de ces tumeurs justifie le ciblage du réseau vasculaires par les anti-angiogéniques [1].

De nombreuses molécules ont fait l'objet d'essais cliniques. Bevacizumab, Sunitinib et Sorafenib donnent une stabilisation de la maladie et augmentent le temps de progression. Ces drogues sont utilisées en deuxième intention après échec de l'immunothérapie [2].

Cependant, le problème majeur de ces essais cliniques est la fiabilité des marqueurs pharmacodynamiques. Aucun marqueur n'a un impact significatif sur la conduite des essais cliniques. De nombreux essais ont exploré l'utilisation de bFGF et VEGF plasmatiques et urinaires en se basant sur le fait que ce sont les molécules les plus importantes pour la prolifération de cellules endothéliales et qu'elles ont une valeur pronostic. Cela ne veut pas dire que les taux urinaires ou plasmatiques de ces marqueurs reflètent l'activité angiogénique tumorale. Les biopsies tumorales faites pour apprécier la densité de microvaisseaux n'ont pas démontré d'efficacité parce que le volume tumoral prélevé était faible. Le marqueur pharmacodynamique qui a montré le plus d'efficacité est l'imagerie du flux sanguin tumoral, essentiellement l'imagerie par résonance magnétique.

Ce problème d'efficacité des marqueurs pharmacodynamiques fait que certaines molécules testées dans les essais cliniques peuvent avoir un effet différent de celui observé [3].

Références

1. BAY J.O., PENAULT-LIORCA F., RAVAUD A., CHEVREAU C., NEGRIER S., ESCUDIER B. Nouveautés anatomopathologiques et évolution des thérapeutiques actuelles dans les cancers du rein. Bull Cancer, 2006 ; 93 : 91-100.

2. D'HONDT V., GIL T., LALAMI Y., PICCART M., AWADA A. : Will the dark sky over advanced renal cell carcinoma soon become brighter?. Eur J Cancer, 2005 ; 41 : 1246-1253.

3. STADLER W., WILDING G. Angiogenesis inhibitors in genitourinary cancers. Critical Reviews in oncology/Hematology, 2003 ; 46 : 41-47.