Les thérapeutiques non chirurgicales de la maladie de Lapeyronie : état des lieux des connaissances actuelles

25 mai 2020

Auteurs : M. Abdessater, A. Kanbar, J. Gas, S. Bart, P. Coloby, S. Beley, W. Sleiman
Référence : Prog Urol, 2020, 6, 30, 353-364
Contexte

La maladie de Lapeyronie (ML) est une maladie inflammatoire de la verge, qui entraîne la formation de plaques fibreuses cicatricielles de l’albuginé avec une courbure et un raccourcissement du pénis lors des érections. Il n’existe pas de standard international pour l’évaluation, le suivi ou le traitement de cette pathologie. Nous présentons dans cet article une revue de la littérature concentrée sur les stratégies thérapeutiques décrites. Un algorithme est suggéré pour faciliter l’évaluation et la prise en charge des patients.

Matériels et méthode

La revue de la littérature a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données PubMed et les termes Mesh : « Peyronie », « disease », « treatment » et « diagnosis ». Les résultats sont présentés d’une manière descriptive.

Résultats

Plusieurs traitements ont été proposés sans études randomisées prospectives englobant assez de patients. L’efficacité des thérapies par voie orale est supérieure dans le cadre d’une prise en charge multimodale de la phase aiguë de la maladie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et le para-aminobenzoate de potassium sont supérieurs aux autres molécules pour le contrôle de la douleur. Le traitement local par vérapamil gel, l’iontophorèse et les injections intra-lésionnelles de vérapamil, d’interféron alfa-2b et de collagénase clostridium histolyticum (CCH) ont révolutionné le traitement de la ML en modifiant la taille de la plaque et l’angulation du pénis. Les thérapies alternatives par traction ou par ondes de choc extracorporelles paraissent prometteuses. La CCH intra-lésionnelle est le seul médicament approuvé par l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA). Le tunellage de la plaque avant les injections de CCH améliore davantage l’angulation.

Conclusion

Il existe une myriade de thérapeutiques non chirurgicales disponibles pour la prise en charge de la ML, mais les preuves scientifiques de leur utilisation sont faibles. Des études supplémentaires à grande échelle sont nécessaires pour évaluer les pratiques actuelles, et concevoir des traitements plus efficaces.




 




Abbréviations


M : Maladie de Lapeyronie
DE : Dysfonction érectile
TGF-β1 : Transforming growth factor beta 1
IIEF-5 : International Index of erectile function
PDQ : Peyronie's disease questionnaire
PGE1 : prostaglandines E1
IRM : Imagerie par résonance magnétique
PATOBA : Para-aminobenzoate de potassium
CCH : Collagénase clostridium histolyticum
GMPc : Guanosine monophosphate cyclique
IMPRESS : Investigation for maximal Peyronie's efficacy and safety studies
EAU : European Association of Urology
AUA : American Urology Association
CAU : Canadian Association of Urology
FDA : Food and Drug Administration


Contexte


La maladie de Lapeyronie (ML) est une maladie inflammatoire de la verge. Elle est caractérisée par un défaut de cicatrisation du tissu conjonctif au niveau de l'albuginée formant des plaques fibreuses cicatricielles. Ces dernières empêchent l'expansion de la tunique au cours de l'érection et entraînent une courbure et un raccourcissement du pénis avec des érections douloureuses rendant le coït difficile. La réaction inflammatoire au niveau de l'albuginée est déclenchée par des lésions mécaniques répétitives lors des rapports sexuels ou des manipulations chirurgicales. L'instabilité cytogénétique chez certains individus entraîne un excès de production de cytokines et de fibrogène avec une réponse inflammatoire inappropriée et exagérée [1].


Cette maladie est souvent associée à une dysfonction érectile (DE) menaçant le bien-être psychologique du couple. Elle touche entre 3,2 % et 8,9 % des hommes adultes [2]. Une plus haute prévalence de 14 % est décrite chez les hommes opérés de prostatectomie radicale [3]. L'atteinte micro vasculaire provoquée par le diabète, l'hypertension, la dyslipidémie, l'obésité, le tabac et l'alcool, semble être un facteur de risque [4, 5]. L'histoire de maladie inflammatoire génitale chez le partenaire rendant la pénétration difficile et augmentant le traumatisme pénien lors des rapports, la présence de lésions fibromateuses des organes génitaux et l'antécédent d'urétrite surtout non gonococcique entraînant a une réaction inflammatoire au niveau de la verge [6], le bas niveau de testostérone<300ng/dL (chez 74,4 % des patients atteints de ML) [7], l'utilisation à long terme de bêtabloquants en particulier le propranolol et la présence de la contracture de Dupuytren (chez 39 % des patients atteints de ML) [5] ont été associées à cette pathologie.


La maladie évolue en deux phases cliniquement distinctes. Au cours de la phase précoce, l'inflammation locale et l'Å“dème irritent les terminaisons nerveuses et entraînent des douleurs à l'état de flaccidité et lors des érections. Un nodule devient palpable et la verge devient déformée. L'association de ces éléments rend souvent la pénétration lors des rapports sexuels impossible. Le patient consulte souvent durant cette phase douloureuse limitant le coït. Au bout de 6 à 24 mois d'évolution, l'inflammation diminue, les fibres nerveuses dégénèrent, la douleur régresse, l'angulation du pénis devient stable et la plaque se calcifie. C'est la phase chronique séquellaire. L'évolution de la courbure est variable. Mulhall et al. ont mené en 2006 une grande étude prospective sur l'évolution naturelle de la ML en suivant 246 patients pour plus de 18 mois : la douleur a diminué chez 100 % des patients et a complètement disparu chez 89 % d'eux, alors que la courbure s'est aggravée chez 48 %, s'est stabilisée chez 40 % et s'est améliorée chez 12 % des patients [8].


Il n'existe pas de standard international pour l'évaluation ou le suivi de la ML. Le diagnostic repose essentiellement sur l'interrogatoire et l'examen clinique [9].


L'interrogatoire recherche les circonstances de survenue, la durée d'évolution, la déformation de la verge, les douleurs associées, la DE, les limitations lors des rapports sexuels, le retentissement psychologique et les antécédents associés ou favorisant la ML. La DE peut être évaluée par le score « International Index of erectile function » (IIEF-5), bien qu'il soit peu adapté à la ML [10]. Hellstrom et al. ont développé en 2013 le questionnaire « Peyronie's Disease Questionnaire » (PDQ) qui a été validé pour le diagnostic et l'évaluation des symptômes et de l'efficacité thérapeutique [11]. Des répercussions psychologiques sont observées chez 81 % des hommes et 48 % présentent un syndrome dépressif. Les problèmes conjugaux sont identifiés chez 54 % des cas, avec les principaux facteurs de risque étant la perte de longueur de verge et l'impossibilité d'avoir des rapports sexuels [12].


L'examen clinique permet la recherche de la plaque et la mesure de l'angulation, qui sont parfois identifiées sur un pénis flasque [13]. Cependant, un examen sur une verge en érection apporte plus d'informations et peut être réalisé après injection intracaverneuse de prostaglandines E1 (PGE1). La majorité des plaques est palpable correspondant à une zone indurée à la palpation et 82 % sont étendues sur plus de 1,5cm [14, 15]. Souvent la plaque se trouve au niveau la ligne médiane dorsale, et entraîne une courbure vers le haut lors des érections. En deuxième ordre de fréquence, la plaque médiane dorsale présente une extension septale. Elle peut également s'étendre de la ligne médiane dorsale d'une manière circonférentielle autour des corps caverneux. Une plaque entre le corps spongieux et la face ventrale des corps caverneux est rarement visible [16]. La taille de la verge est mesurée sur un pénis flaccide en légère traction, le patient étant en décubitus dorsal. Elle correspond à la distance sur la face dorsale du pénis, de la ligne linéaire qui s'étend de la jonction pubo-pénienne au sommet du gland. La courbure est le mieux mesurée en utilisant le goniomètre, après l'induction d'une érection par injection d'agents vasoactifs [17].


L'évaluation du pénis en érection à l'aide des photographies prises à domicile par le patient, peut être utile pour évaluer l'extension de la courbure [18] et les déformations n'entraînant pas nécessairement une angulation, mais parfois un effet sablier douloureux gênant le patient sur le plan esthétique ou fonctionnel. Cependant, l'incapacité de représenter d'une manière tridimensionnelle et de mesurer adéquatement la déformation limite leur utilité [19].


Aucun test sanguin n'est spécifique pour le diagnostic de la maladie de Lapeyronie. Cependant, des associations entre cette maladie et la surexpression de l'antigène HLA-B7, de la cytokine TGF-β1 et des anticorps antinucléaires et anti-élastines ont été décrites [1].


L'imagerie permet d'objectiver la plaque calcifiée. Les rayons X permettent de visualiser les zones calcifiées et fibreuses qui sont plus denses que le tissu sain. Cependant, l'irradiation et les limites de performance diagnostic réduisent l'utilité de cet examen [20]. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) permet d'explorer d'une manière efficace les corps caverneux. La plaque prend l'aspect d'un épaississement irrégulier de l'albuginée qui peut s'étendre aux corps caverneux et la composante inflammatoire peut être cherchée après injection de gadolinium [21]. L'échographie avec un temps doppler permet l'étude fonctionnelle de la verge et topographique des plaques. L'examen comporte un premier temps échographique et un deuxième avec effet Doppler. Pohar a rapporté une sensibilité de 59 % avec l'absence de corrélation entre la palpation et les résultats de l'échographie, tout en concluant que le diagnostic doit rester clinique [22]. Une classification pronostique en fonction de l'échogénicité des plaques a été proposée par Hamm et al. mais n'a pas été validée jusqu'à présent [23]. Le temps Doppler recherche la DE souvent associée. Une érection est provoquée par l'injection intracaverneuse d'agents vasoactifs (PGE1), puis la vitesse maximale systolique qui reflète l'apport artériel et la vitesse télédiastolique qui reflète le blocage veineux sont mesurées à plusieurs reprises. Les mesures sont réalisées en amont et en aval de la plaque pour rechercher les anomalies en relation avec la strangulation. Le Doppler permet de dépister les anomalies vasculaires à l'origine d'insuffisance érectile non corrigeable par le traitement chirurgical de la ML [24]. Toutefois, cet examen n'est pas indispensable [9] et porte un risque de priapisme inhérent à l'injection intracaverneuse d'agents vasoactifs.


Plusieurs stratégies thérapeutiques ont été décrites, mais aucune ne garantit une guérison complète. De plus, la plupart des patients se présentent tard, ce qui diminue le taux de succès des traitements. Une évolution vers une stabilisation ou une résolution spontanée se fait chez la moitié des patients, chez qui une approche conservatrice paraît suffisante [23].


Nous présentons dans cet article, une revue de la littérature concentrée sur les nouvelles stratégies thérapeutiques non chirurgicales de la ML, et nous proposons un digramme récapitulatif pour faciliter aux médecins le diagnostic et la prise en charge des patients.


Matériels et méthode


La revue de la littérature a été réalisée selon la stratégie PRISMA en utilisant la base de données PubMed et les termes Mesh : « Peyronie », « disease », « treatment » et « diagnosis ». Tous les articles publiés en français ou en anglais ont été examinés, quelle que soit la date de publication. Toutes les modalités ont été incluses. Les articles rapportant les techniques chirurgicales de traitement de la ML et les titres ne référant pas au sujet concerné ont été exclus.


La recherche a identifié 623 articles publiés entre 1961 et 2019, desquels 50 ont été utiles pour notre revue, incluant : 13 revues de la littérature, 4 études transversales, 2 études cas-témoins, 9 études cohortes, 17 études expérimentales, 1 étude de cas et 4 lignes directrices (Tableau 1). Les articles non inclus sont au nombre de 573, desquels 61 sont écrits en langue différente du français ou de l'anglais, 149 discutent un sujet différent de l'objectif de la revue, 131 traitent la prise en charge chirurgicale de la ML et 232 rapportent des informations redondantes (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme de la revue de la littérature réalisée selon PRISMA.




Les résultats sont présentés d'une manière descriptive et un algorithme pour le diagnostic et la prise en charge est présenté à la fin de cette revue (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Algorithme pour l'évaluation et le traitement des courbures péniennes. IRM : imagerie par résonance magnétique ; AINS : anti-inflammatoires non stéroïdiens ; CCH : collagénase clostridium histolyticum. * : Courbure congénitale du pénis, corde pénienne, épispadias avec courbure dorsale associée, lymphangite sclérosante, néoplasie. # : Facteurs de risques associées avec la malade de Lapeyronie : histoire familiale ou personnelle de Dupuytren, trauma génital ou périnéal, prostatectomie radicale, fasciite plantaire, tympanosclérose, instrumentation urétrale, maladie de Paget, goutte, lipomes. E : recommandations de l'Association européenne d'urologie, EAU [18]. A : recommandations de l'Association américaine d'urologie, AUA [26]. C : recommandations de l'Association canadienne d'urologie, CAU [27].





Résultats


Plusieurs traitements ont été proposés sans études randomisées prospectives englobant assez de patients pour évaluer leurs efficacités [9]. D'après les observations, la phase inflammatoire initiale de la maladie semble être la plus accessible au traitement médical, qui est plus prometteur d'autant qu'il est précoce [1]. Les approches thérapeutiques ciblent les acteurs moléculaires de cette phase, dont le principal est le facteur de croissance « transforming growth factor beta 1 » (TGF-β1). L'activité accrue des fibroblastes, la peroxydation des lipides et les dommages tissulaires favorisés par les radicaux libres, la production accrue des anticorps anti-élastines [25] et la diminution de l'activité de l'enzyme acide nitrique synthase observées chez les patients atteints de ML, constituent la base des stratégies thérapeutiques.


En général, les évidences scientifiques existent sur l'efficacité des thérapies par voie orale dans le cadre d'une prise en charge multimodale plutôt qu'en monothérapie. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont recommandés par les associations américaine [26] et canadienne [27] d'urologie pour contrôler la douleur en phase aiguë (avis d'expert). Le para-aminobenzoate de potassium (PATOBA) est une option thérapeutique citée par l'Association européenne d'urologie [18] mais n'est pas disponible en France. Cependant, l'utilisation de la vitamine E qui date depuis 1940, reste populaire vu son faible coût et sa grande disponibilité [28]. Les agents par voie orale décrits à travers la littérature sont détaillés dans le Tableau 2 [28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38].


Plusieurs molécules ont été administrées par injection locale directement dans la plaque. Cette voie a révolutionné le traitement de la maladie, vue l'efficacité limitée du traitement oral et les effets secondaires du traitement chirurgical. La collagénase clostridium histolyticum (CCH) intra-lésionnelle constitue le chef de file. Elle demeure le seul médicament actuellement cité par l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) pour le traitement de la phase stable de la ML. Les indications sont toutefois limitées aux patients qui présentent une plaque palpable avec une courbure dorsale ou dorsolatérale>30° [39]. Notons que ce produit n'est pas encore disponible en France. Les thérapies par voie locale injectable sont détaillées dans le Tableau 3 [13, 39, 40, 41, 42, 43].


La voie transdermique a été étudiée. Une faible quantité d'absorption systémique a été observée avec le vérapamil gel, avec absence de pénétration dans la tunique albuginée [44]. L'application d'une force électrique externe pour induire de façon électromotrice le passage des ions constituants d'un médicament topique à travers le tissu est nommée iontophorèse. Des résultats contradictoires de l'efficacité de cette technique en utilisant la dexaméthasone et le vérapamil ont été publiés [45].


Les techniques alternatives de traction prolongée de la verge et de traitement par ondes de choc extracorporelles constituent les sujets des études récentes (Tableau 4) [46, 47, 48]. Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer l'efficacité et l'avantage de ces techniques prometteuses.


Recommandations des sociétés


Les dernières recommandations de l'Association européenne d'urologie « European Association of Urology » (EAU) ont été publiées en 2012. Elle recommande l'utilisation de para-aminobenzoate de potassium par voie orale pour diminuer la taille de la plaque, diminuer la douleur et stabiliser la déformation. Elle recommande de même, le vérapamil gel 15 % et l'iontophorèse avec vérapamil 5mg et dexaméthasone 8mg pour améliorer la taille de la plaque et l'angulation [18].


Par contre, pour l'Association américaine d'urologie « American Urology Association » (AUA), les anti-inflammatoires sont les seuls traitements recommandés par voie orale durant la phase aiguë. Les injections intra-lésionnelles de CCH, interféron alfa-2b et vérapamil sont utiles durant la deuxième phase de la maladie [26].


Les recommandations les plus récentes sont celles de l'Association canadienne d'urologie « Canadian Association of Urology » (CAU) en 2018. Similairement à l'AUA, les seuls traitements par voie orale recommandés pour le contrôle de la douleur sont les anti-inflammatoires. Concernant le traitement intra-lésionnel, la CUA considère la collagénase le traitement de première intention, et le vérapamil ou l'interféron des traitements de deuxième intention [27].


Nouveaux protocoles


L'utilisation partielle de l'ampoule à chaque injection (0,58mg correspondent au 2/3 de l'ampoule présente au marché) avec perte du produit restant, et l'inflammation générée par la première injection rendant difficile la localisation de la plaque durant la deuxième injection, ont poussé les chercheurs à modifier le protocole suggéré par les études « Investigation for Maximal Peyronie's Efficacy and Safety Studies » (IMPRESS) I et II [49].


D'après l'expérience des praticiens au Royaume-Uni, un nouveau protocole a été suggéré par Abdel Raheem et al. en 2017. Ce dernier consiste en une injection unique de 0,9mg (1 ampoule complète) par cycle, distribuée sur 3 lignes autour du point de courbure maximale. L'injection est suivie d'un modelage à domicile en utilisant un vacuum ou un système de traction et un redressement manuel doux du pénis en érection. Une injection est réalisée chaque 4 semaines pour un total de 12 semaines (en total 3 injections). L'étude a été réalisée sur 53 patients. Aucune rupture des corps caverneux n'a été rapportée. Tous les effets secondaires décrits sont locaux et transitoires. Le taux moyen d'amélioration de la courbure pénienne a été similaire à celui rapporté par l'ancien protocole (17,36 contre 17 degrés). Ce nouveau protocole qui apporte des injections plus concentrées et plus précises tout en étant moins cher semble être plus avantageux [39].


En 2019, Fernandez et al. ont étudié chez 50 patients, l'effet du tunellage de la plaque avant l'injection avec la combinaison du traitement oral aux injections de CCH. Le protocole proposé est basé sur un seul cycle de 3 mois. Deux injections de 0,9mg chacune sont administrées avec un délai d'une semaine. Un tunellage transcutané de la plaque précède chaque injection. Il consiste à réaliser une tubérisation de la plaque par une aiguille 25G après bloc pénien, à travers un seul point d'entrée perpendiculaire à l'axe de la plaque, pendant une durée de 2minutes avant chaque injection. La deuxième injection est suivie après une semaine d'un remodelage au cabinet sous bloc pénien. Un traitement concomitant par tadalafil 5mg par jour et pentoxiphylline 400mg chaque 12heures est prescrit, avec une thérapie par traction pendant 6 à 8heures par jour. L'abstinence pendant un mois est conseillée. Une amélioration de l'angulation de 19,2±6,1 degrés a été rapportée sans complications surajoutées [50].


Conclusions


Le traitement de la ML reste un défi pour l'urologue. Actuellement, il existe une myriade de médicaments oraux disponibles pour la prise en charge de la phase aiguë de la ML, mais les preuves scientifiques de leur utilisation sont faibles. Même si les injections ne permettent pas la réduction complète des courbures, l'amélioration partielle permet le coït de nouveau et diminue le recours à la prise en charge chirurgicale compliquée [39]. Les options alternatives comprennent le vérapamil et l'interféron alpha-2b, mais leur utilisation est considérée hors FDA. La thérapie de traction dans le cadre d'une approche multimodale, constitue un outil supplémentaire pour la prévention de la perte de longueur du pénis associée à la maladie, mais son efficacité dépend de la conformité du patient. Le traitement chirurgical reste le standard pour les patients dans la phase chronique de la maladie. La réticence des patients à discuter de ce sujet sensible constitue un obstacle au diagnostic et contribue à la rareté des grandes études randomisées. Des études supplémentaires à grande échelle sont nécessaires pour évaluer les pratiques actuelles, et concevoir des traitements plus efficaces.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Résumé des études incluses.
Auteur, année  Type d'étude  Nombre de patients  Aspects étudiés de la ML 
Al-Thakafi, 2016  Revue de la littérature  ND  Épidémiologie
Génétique
Pathophysiologie
Diagnostic
Évaluation 
Taylor, 2007  Revue de la littérature  ND  Épidémiologie
Étiologie
Évaluation
Traitement médical
Traitement chirurgical 
Dibenedetti, 2011  Transversale  11 420  Prévalence aux États Unis
Facteurs influençant le diagnostic et le traitement 
Kadioglu, 2002  Transversale  307  Caractéristiques cliniques
Facteurs de risque
Déformation pénienne
Effet sur l'érection
Progression 
Chung, 2016  Revue systématique  ND  Épidémiologie
Évaluation
Traitement médical
Traitement chirurgical 
Carrieri, 1998  Cas-témoins  268  Facteurs de risque 
Moreno, 2009  Cohorte  121  Facteur de risque : niveau de testostérone 
Mulhall, 2003  Revue de la littérature  ND  Pathophysiologie 
Ralph, 2010  Lignes directrices 
Rosen, 1997  Cohorte  278  Validation du score IIEF 
Hellstrom, 2013  Essai randomisé contrôlé  679  Validation du score PDQ 
Smith, 2008  Transversale  245  Facteurs de risques 
Gelbard, 2013  Essai randomisé contrôlé  679  CCH : efficacité, risques et tolérance 
Hauck, 2001  Étude de cas  Pathophysiologie : rôle de TGF-B
Traitement : iontophorèse, OCEC 
Vosshenrich, 1995  Cohorte  34  Valeur de l'imagerie : efficacité de l'IRM 
Tunuguntla, 2001  Revue de la littérature  ND  Facteurs de risque
Pathophysiologie
Diagnostic
Traitement médical
Traitement chirurgical 
Davoudzadeh 2018  Revue de la littérature  ND  Techniques de mesure de la longueur et de l'angulation du pénis 
Hatzimouratidis, 2012  Lignes directrices 
Ohebshalom, 2007  Cohorte  68  Techniques de mesure de l'angulation du pénis : photographies à domicile vs mesures après utilisation des VED ou ICI 
Schouman, 1998  Cohorte  15  Valeur de l'imagerie : échographie vs IRM 
Andresen, 1998  Cohorte  20  Valeur de l'imagerie : échographie vs rayons X vs scan vs IRM 
Pohar, 1990  Cohorte  ND  Corrélation entre l'examen clinique et l'imagerie 
Bekos, 2008  Cohorte  95  Classification de la maladie selon des critères échographiques 
Montorsi, 2000  Cohorte  40  Valeur de l'échographie dans la ML 
Paulis, 2015  Cas-témoins  307  Traitement médical : pentoxifylline et antioxydants 
Nehra, 2015  Lignes directrices 
Bella, 2018  Lignes directrices 
Safarinejad, 2007  Essai contrôlé  236  Traitement médical : vitamine E vs propionyl-L-carnitine 
Gokce, 2013A  Revue de la littérature  ND  Traitement médical
Traitement chirurgical 
Song, 2019  Essai contrôlé  18  Traitement médical : vactosertib 
Sawalha, 2018  Revue de la littérature  ND  Traitement médical : acide para-aminobenzoique 
Teloken, 1999  Essai contrôlé  25  Traitement médical : tamoxifène vs placebo 
Cortés-González, 2010  Essai contrôlé  100  Traitement médical : colchicine vs colchicine+vitamine E 
Safarinejad, 2009  Essai randomisé contrôlé  228  Traitement médical : pentoxifylline 
Gonzalez-Cadavid, 2010  Revue de la littérature  ND  Traitement médical : iPDE5 
Ozturk, 2014  Essai contrôlé  39  Traitement médical : sildénafil vs vitamine E 
Biagiotti, 2001  Essai contrôlé  48  Traitement médical : acétyle-L-carnitine vs tamoxifène 
Schandené, 1992  Revue de la littérature  ND  Traitement médical : pentoxifylline 
Abdel Raheem, 2017  Essai clinique  53  Traitement médical : CCH, nouveau protocole 
Levine, 2013  Revue de la littérature  ND  Traitement chirurgical
Traitement non chirurgical 
Soh, 2010  Essai randomisé contrôlé  86  Traitement médical : nicardipine vs sérum physiologique 
Gokce, 2014  Essai randomisé contrôlé  24  Traitement médical : cellules souches dérivant des tissus adipeux vs placebo 
Russel, 2007  Revue systématique  754  Traitement médical : injections intra-lésionnelles 
Martin, 2002  Essai clinique  ND  Traitement médical : vérapamil transdermique 
Greenfield, 2007  Essai randomisé contrôlé  42  Traitement par iontophorèse : vérapamil vs sérum physiologique 
Bella, 2007  Revue de la littérature  ND  Épidémiologie
Pathophysiologie
Evaluation
Traitement médical
Traitement chirurgical 
Incrocci, 2008  Transversale  ND  Traitement par radiothérapie 
Gontero, 2009  Essai clinique  50  Traitement par traction de la verge 
Gelbard, 2013  Essai randomisé contrôlé  832  Traitement médical : CCH 
Fernández-Pascual, 2019  Essai clinique  50  Traitement médical : CCH+tunellage de la plaque 



Légende :
ML : maladie de Lapeyronie ; ND : non disponible ; IIEF : the international index of erectile function ; PDQ : Peyronie's disease questionnaire ; CCH : collagenase clostridium histolyticum ; TGF-B : transforming growth factor beta ; OCEC : ondes de choc extracorporelles ; IRM : imagerie par résonance magnétique ; VED : vacuum erection device ; ICI : injection intracaverneuse ; vs : versus ; iPDE5 : inhibiteur de la phosphodiesterase 5.



Tableau 2 - Les thérapies par voie orale de la maladie de Lapeyronie.
Agent  Mécanismes d'action  Effets thérapeutiques 
Vitamine E [28 Chélation des radicaux libres (antioxydant)  Amélioration de la courbure pénienne jusqu'à 12,3 degrés en combinaison avec autres agents (vérapamil, myrtilles, propolis, diclofénac topique)
Données insuffisantes pour justifier son utilisation en monothérapie 
Para-aminobenzoate de potassium [50, 31 Inhibition la sécrétion des glycosaminoglycanes par les fibroblastes
Stabilisation de la sérotonine-monoamine oxydase
Propriétés anti-inflammatoires 
Utilité dans le traitement des maladies fibreuses (sclérodermie, contracture de Dupuytren)
Stabilisation de la plaque et prévention de la progression de la courbure du pénis
Effets indésirables : photosensibilisation cutanée, troubles gastro-intestinaux 
Tamoxifène [32 Antagoniste non stéroïdien des récepteurs de l'Å“strogène
Diminue la fibrogenèse en modulant la libération de TGF-β1 
Amélioration de la déformation pénienne
Données contradictoires concernant l'efficacité thérapeutique 
Colchicine [33 Régulation négative de l'expression du TGF-β1
Diminution de la contraction de la plaie et inhibition le dépôt de collagène par la 
Amélioration de la plaque et de la courbure par rapport à la monothérapie par ibuprofène
Efficacité démontrée en combinaison avec la vitamine E
En monothérapie, pas d'avantage par rapport au placebo 
Pentoxifylline [34 Inhibition d'une manière non sélective la PDE1
Diminution du dépôt de collagène
Diminution du taux de la TGF-β1 et de la prolifération des fibroblastes
Stimulation de l'activité fibrinolytique 
Améliorations significatives de la courbure du pénis et du volume des plaques
Effets indésirables : nausées, vomissements, dyspepsie, maux de tête, diarrhée et vasodilatation périphérique entraînant une hypotension 
Inhibiteurs de la PDE5 [35, 36 Augmentation du taux de GMPc en inhibant sa dégradation
Inhibition de la synthèse du collagène et de la différenciation des myofibroblastes 
Améliorations de la courbure du pénis et diminution du volume de la plaque 
Carnitine [28, 37 Inhibition de l'acétylcoenzyme A
Propriétés anti-inflammatoires 
Diminution de la douleur, amélioration de la courbure, et diminution de la plaque
Efficacité comparable à la vitamine E 
Coenzyme Q10 [38 Quinone liposoluble endogène dotée de propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires  Amélioration du score IIEF-5, de la surface moyenne de la plaque et de la courbure du pénis 
Omega 3 [38 Inhibition de la libération des cytokines inflammatoires
Stimulation de l'activité de la collagénase 
Prévention ou inversion de la progression de la maladie 
Vactoserib [30]
Administrée par voie orale a une dose de 10mg/kg 5fois/semaine pour 2semaines 
Inhibition du récepteur type 1 de la TGF-β1
Diminue l'infiltration inflammatoire, la production de la matrice extracellulaire et la concentration en fibroblastes 
Récupération de la fonction érectile
Étude lancé par Kang-Moon Song et al. en 2019, chez des modèles de rats atteints de maladie de Lapeyronie 



Légende :
TGF-β1 : transforming growth factor beta 1 ; PGE1 : prostaglandines E1 ; GMPc : la guanosine monophosphate cyclique ; IIEF-5 : International Index of erectile function.



Tableau 3 - Les thérapies par voie locale injectable de la maladie de Lapeyronie.
Agent  Mécanismes d'action  Effets thérapeutiques 
Corticostéroïdes [39 Anti-inflammatoires  Efficacité non démontrée
Actuellement non recommandés 
Inhibiteurs des canaux calciques [40 Régulation de la fonction des fibroblastes et de la production de la matrice extracellulaire
Effet anti-inflammatoire 
Résolution de la douleur et amélioration de la fonction sexuelle quand associés à un antioxydant par voie orale 
Collagénase clostridium histolyticum [40]
Protocole IMPRESS : 1 à 4 cycles à 6 semaines d'intervalle, avec 2 injections intra-lésionnelles (0,58mg/injection), suivies d'une modélisation de la plaque du pénis après 24 à 72h du premier cycle 
Dégradation des plaques de collagène
Approuvée par FDA pour le traitement des courbures dorsales ou dorsolatérales de plus de 30 degrés 
Amélioration de la courbure du pénis (médiane de 17 degrés) et du score des symptômes de la maladie de Lapeyronie à 52 semaines
Effets secondaires (chez 84,2 %) majoritairement locaux, à résolution spontanée : Å“dème, contusion, douleur, érythème
Rares effets secondaires graves : rupture des corps caverneux, hématome pénien
Pour limiter les effets secondaires, l'abstinence du rapport sexuel pendant deux semaines après chaque injection est conseillée 
Cellules souches, dérivées du tissu adipeux [42 Propriétés anti-fibrotiques  Inhibition de la formation de la plaque et amélioration de la fonction érectile
Modèle animal uniquement jusqu'à présent, chez le rat, après provocation d'une fibrose similaire à la maladie de Lapeyronie par injection du TGF-β1 dans l'albuginée 



Légende :
IMPRESS : investigation for maximal Peyronie's efficacy and safety studies ; FDA : food and drug administration ; TGF-β1 : transforming growth factor beta 1.



Tableau 4 - Les techniques thérapeutiques alternatives de la maladie de Lapeyronie.
Technique  Effets thérapeutiques 
Ondes de choc extracorporelles [43, 46 Diminution de la douleur entre 80 et 90 %
Amélioration de la déformation entre 40 et 60 %
Effets secondaires vasculaires locaux pouvant entraîner une insuffisance érectile 
Radiothérapie [47]
Les protocoles varient avec des doses entre 3 et 30Gy 
Amélioration de la douleur de 80 %
Abandonnée à cause des risques théoriques de dégénérescence maligne et de DE 
Traction prolongée de la verge [48]
En utilisant un extenseur pour 2 à 8heures par jour, durant 6 mois 
Réduction de la courbure de 10 à 40 degrés
Gain de longueur entre 1 et 2,5cm
Amélioration de la qualité des érections
Jusqu'à présent les études sont à faibles effectifs et non fiables 



Légende :
DE : dysfonction érectile.


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