Les gangrènes du périnée. Analyse de 24 observations

16 juillet 2001

Mots clés : Infection, gangrène de Fournier
Auteurs : Benizri E, Fabiani P, Migliori G, Quintens H, Chevallier D, Amiel J, Toubol J
Référence : Prog Urol, 1992, 2, 882-891
Le syndrome de Fournier, caractérisé par la cellulite nécrosante à anaérobie des parties molles situées au-dessous du diaphragme pelvien est une affection grave, imprévisible dans son évolution. De 1978 à 1991, nous avons traité 24 hommes d'âge moyen 57 ans (27 à 90 ans). Son diagnostic imposait la mise en route immédiate d'un traitement rigoureux associant antibiothérapie triple, mise à plat, parage et drainage chirurgicaux répétés avec indication large quasi systématique de dérivation fécale (n = 16), oxygénothérapie hyperbare et mesures de réanimation classiques. Le délai moyen entre les premiers signes et le diagnostic était de 7,4 jours. Les lésions étaient limitées au périnée 11 fois, et étendues à l'abdomen, cuisses et/ou lombes 5 fois. On notait une origine coloproctologique 12 fois, urogénitale 4 fois, post-opératoire 2 fois. Pour 6 patients, aucune étiologie n'avait été retrouvée. Il y a eu 6 décès et 18 guérisons sans séquelles. Le pronostic de cette affection est d'autant meilleur qu'elle touche le sujet jeune (moins de 60 ans), porteur d'une forme clinique localisée, sans retentissement général, avec hémocultures stériles et appareillé d'une colostomie de dérivation. Une enquête étiologique soigneuse à la recherche d'une affection loco-régionale, d'un cancer, d'une hémopathie ou d'une artérite s'impose.