Les femmes face à la dysfonction érectile : problème d'homme, regards de femme

10 décembre 2005

Mots clés : dysfonction érectile, partenaire, comportement féminin, sexualité féminine.
Auteurs : COLSON M.H
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 710-716
Matériel et méthodes: Notre étude porte sur une enquête d'opinion réalisée avec le support de la Société d'Etudes Française Louis Harris, et effectuée par téléphone auprès d'un échantillon final de 507 femmes, représentatif de la population des femmes françaises âgée de 20 à 65 ans, interrogées sur leur sexualité. Nous avons plus particulièrement étudié leur ressenti et leurs comportements face à la survenue de problèmes d'érections chez leur partenaire.
Résultats : 25% d'entre elles disent y avoir été confrontées, et s'il n'est pas possible de dégager un profil prédictif les y prédisposant plus particulièrement, leur attitude face à cet événement s'avère globalement plutôt positif avec une prise de position visant à rassurer et à stimuler le partenaire en difficulté (92%). En revanche, elles estiment dans 66,4% des cas que l'attitude de leur partenaire est de nature à renforcer leur difficulté sexuelle (insistance, repli, évitement, absence de dialogue). La dysfonction érectile (DE) n'entache pas la satisfaction sexuelle de la partenaire concernée (satisfaite dans 84% des cas) qui dit souffrir davantage du manque de communication, fréquent dans ce type de situation, bien davantage que de l'absence de pénétration (3%).
Il existe d'autre part une différence significative entre les femmes qui disent qu'elles pousseraient leur partenaire à consulter dans ce genre de difficultés (87%), et celles qui le font effectivement quand elles y sont confrontées plus concrètement (8%). Il est à noter que les femmes confrontées à la DE sont largement plus favorables à l'utilisation de médicaments de relance de l'érection que celles de l'autre groupe.
Conclusion : Le recours au médecin reste encore trop peu utilisé. Il est surtout réclamé par la partenaire quand l'homme souffrant de DE se replie sur lui même et refuse toute aide. Il est souvent empêché par la présence de cognitions négatives sous entendant l'irréversibilité de la DE quand elle est par exemple attribuée à l'âge.



Les études épidémiologiques portant sur la dysfonction érectile (DE) se multiplient actuellement [1, 10, 12] et nous permettent une meilleure connaissance de cette pathologie longtemps sous évaluée et méconnue. Un aspect encore peu exploré des implications de la DE, pourtant essentiel par ses répercussions dans la compréhension et la résolution à terme de la maladie, nous a paru important à analyser. Comment les femmes vivent elles la perte d'érection de leur partenaire ? De quelle manière leur propre vie sexuelle en est elle affectée ? Leur attitude face à la dysfonction érectile est - elle déterminante dans le devenir de cette pathologie et les conditions de sa prise en charge thérapeutique ? Autant de questions posées auxquelles nous avons souhaité tenter d'apporter des réponses à partir d'une enquête réalisée auprès de 507 femmes françaises.

Methodologie

Notre étude porte sur une enquête d'opinion réalisée avec la collaboration technique de la Société d'Etudes Française Louis Harris, et effectuée par téléphone les 12 et 13 octobre 2001, auprès d'un échantillon final représentatif de 507 femmes françaises, âgées de 20 à 65 ans. L'objectif était de préciser la prévalence des troubles sexuels masculins constatés chez leur partenaire, et d'analyser le ressenti, les cognitions et les comportements féminins face à la difficulté sexuelle masculine. Le total des contacts téléphoniques éligibles (femmes correspondant aux quotas) a été de 1905 femmes. Les quotas tenaient compte des variables suivantes : âge, profession du partenaire et de l'interviewée, après stratification par région et catégorie d'agglomération.

Il s'agit d'une enquête qualitative, réalisée sur rendez vous, sans témoin, exclusivement par des enquêtrices. Le taux de refus a priori (indépendamment du thème) a été de 76%. Le taux de refus justifié par le thème annoncé "enquête menée auprès des femmes sur la sexualité des français" n'étant que de 18%. Les dernières questions, ciblant plus précisément la sexualité des femmes interrogées, ont soulevé davantage de réticences que l'évocation des troubles érectiles des partenaires. Les consignes d'anonymat, d'assurance d'une démarche non commerciale, et l'accompagnement des enquêtrices permettant le respect de l'intimité et l'établissement d'une relation de confiance, ont permis de faire baisser très sensiblement le taux de refus. L'enquête comportait 6 questions communes, 13 questions spécifiques posées aux femmes ayant été confrontées aux troubles de l'érection de leur partenaire, et 6 questions spécifiques posées aux femmes n'y ayant pas été confrontées.

Prevalence et caracteristiques demographiques

Prévalence de femmes concernées par une dysfonction érectile de leur partenaire dans l'échantillon étudié

Sur les 507 femmes interrogées, 25% disent avoir été confrontées aux problèmes d'érection de leur partenaire (occasionnellement 23%, souvent ou systématiquement 2%). Une analyse plus fine de notre échantillon féminin (Figure 1) permet de mettre en évidence l'évolution de cette prévalence en fonction de la tranche d'âge considérée. La tranche d'âge qui y a été le plus souvent confrontée est celle des 50-65 ans (30%), suivie de prés par celle des 35-49 ans (26%). La surprise vient des 20-24 ans (24%), tranche d'âge qui n'est pas épargnée par ce type de problème, et en souffre davantage que la tranche d'âge des 25-35 ans (17%). Ces chiffres appellent plusieurs remarques.

Figure 1 : Répartition des femmes disant avoir été confrontées à une difficulté sexuelle masculine, par tranches d'âge et par gravité de l'atteinte du partenaire.

Correspondance entre la prévalence de femmes disant avoir été confrontées à la DE de leur partenaire et prévalence de la DE chez les hommes

L'échantillon de femmes interrogées porte ici sur une population de 20 à 65 ans. Il n'est donc pas possible de corréler les chiffres globaux à ceux de la plus vaste étude de référence "Massachusetts Male Aging Study" de 1994, portant sur une population d'hommes âgés de 40 à 70 ans [5], puisque l'on sait que la prévalence de la DE augmente de manière significative avec l'âge [7]. D'autres études, plus récentes, concernant elles aussi d'importants échantillons d'hommes, et effectuées dans différents pays, sur des populations d'hommes d'âge équivalent, permettent de retrouver une prévalence de DE sans écart notable par rapport à l'échantillon de femmes interrogées dans notre étude. 25% en moyenne dans l'étude NHSLS (National Health and Social Life Survey) concernant une population de 1410 hommes de 18 à 59 ans[11]. 3% à 24% selon la tranche d'âge étudiée dans l'étude scandinave de 1999 portant sur 1288 hommes de 18 à 74 ans [6]. L'étude française de Bejin porte sur 20.055 hommes de 18 à 69 ans et retrouve une prévalence pouvant aller jusqu'à 47% d'hommes présentant des troubles érectiles occasionnels à sévères [2]. De manière plus générale, l'analyse de la littérature récente fait apparaître une moyenne de 5 à 25% d'hommes souffrant de DE dans la tranche d'âge 20 à 60 ans [9]. Il existe donc une corrélation certaine, à tranches d'âge équivalentes, entre la prévalence de la DE dans la population masculine en général, et celle des DE observées par les femmes de notre population chez leurs partenaires

La dysfonction érectile peut concerner de manière significative des hommes de tranches d'âge jeunes

Une femme sur quatre de moins de 65 ans, a déjà vécu la panne d'érection de son partenaire. Contrairement aux idées reçues, et même si les études actuelles montrent bien que les difficultés sexuelles deviennent plus fréquentes avec le vieillissement (Massachusetts Male Aging Study [8], il est clair qu'elles n'épargnent pas pour autant les tranches d'âges qui les précèdent et peuvent concerner de manière significative des hommes et des femmes plus jeunes. En particulier, la tranche d'âge des 20-24 ans semble, davantage même que celle des 25-34 ans, avoir été exposée au problème (24% vs 17%). Le début de la vie sexuelle, juste avant celle des plus de 25 ans où les couples se forment de manière plus durable, apparaissant comme une tranche de vie favorisant les pannes d'érection.

Il n'existe pas de caractéristiques sociodémographiques nettes, communes aux femmes qui ont déjà été confrontées à la DE de leur partenaire

Même si la tranche d'âge des femmes de 50-65 ans, plus particulièrement quand elles se recrutent dans les professions intellectuelles et supérieures (36%), et vivent en couple avec des partenaires de même catégorie socio- professionnelle (30%) apparaît un peu plus touchée par la DE du partenaire, l'échantillon de femmes concernées semble trop faible pour dégager un profil socio - démographique fiable de femmes plus facilement exposées à ce type de problème.

Quand les femmes observent les hommes : Comportements masculins face a la DE

Un comportement régressif et retranché qui aggrave involontairement la DE (Figure 2)

La question du comportement masculin face à la DE a été posée aux femmes ayant été confrontées à la panne d'érection de leur partenaire. Elles le décrivent comme adoptant, de manière préférentielle, un comportement le prédisposant involontairement au renforcement de sa difficulté (66%). Cela pourra être un comportement de type pseudo-compulsif ("il s'acharne et essaie d'y arriver à tout prix" 23%), ou un comportement d'évitement et de renoncement "il abandonne" (31%) recoupé par les réponses aux questions "il se replie sur lui-même et arrête la relation sexuelle"(17%) et "Il trouve un prétexte pour arrêter fatigue, stress" (14%). Cela pourra être aussi un comportement de type intermédiaire dans 13% des cas ("Il s'énerve et laisse tomber"). Un homme sur trois seulement (30%) va spontanément adapter son comportement à la situation ("il m'incite à continuer autrement et nous avons tout de même du plaisir"). Ce comportement est plus facilement observable dans la tranche d'âge 25-34 ans (45%). Les 20-24 ans auront plutôt tendance à "s'énerver et abandonner" (38,4%), alors que leurs aïnés (50-65 ans) se répartissent équitablement entre "continuer autrement" et "s'acharner et essayer à tout prix d'y arriver" (27% dans les deux catégories).

Figure 2 : Modalités de réactions et type de comportements masculins face à la perte d'érection.

Il est intéressant de noter que ces types de comportements, déjà décrits chez les hommes consultant pour DE [11] est ici rapporté par les partenaires de ces hommes en difficulté d'érection. Cette donnée nous paraït essentielle à intégrer dans l'évaluation de la maladie et les aspects psychologiques et relationnels de sa prise en charge.

Pas de prise en compte du facteur féminin dans la comportement masculin adopté

Il est tout aussi intéressant de noter que le choix masculin de stratégie face à la perte d'érection se fait indépendamment du fonctionnement sexuel de la partenaire. Le type de comportement adapté "il m'incite à continuer autrement et nous avons tout de même du plaisir" pouvant être indifféremment choisi face à une partenaire disant qu'elle "jouit exclusivement par la pénétration" (33%) comme face à celle qui dit jouir "principalement par des caresses" (34%). Les types de comportement impliquant l'arrêt de la relation sexuelle avec abandon et avec refus de plaisir partagé, pouvant être choisis indifféremment face à une partenaire disant préférer un orgasme vaginal (47%) et même face à une partenaire disant préférer un orgasme clitoridien (52%). Les hommes affrontant la DE semblent donc réagir davantage en fonction de leurs propres stéréotypes et schémas de fonctionnement face à une situation émotionnellement difficile, que par rapport aux besoins, désirs ou attentes de leur partenaire, souvent mal connus, ignorés, ou mal évalués dans l'angoisse de la situation vécue par la perte d'érection.

C'est un type de comportement qui a déjà été décrit dans d'autres situations anxiogènes chez des sujets présentant une forte prédisposition personnelle à des comportements inadaptés dans les situations porteuses de sentiment d'échec [12]. Il s'agit de sujets fragiles présentant des traits de fonctionnement de type poly-anxieux [13], chez lesquels la confrontation à une situation non conforme aux attentes et aux schémas de fonctionnement habituels, déclenche une anticipation de type négatif, avec sentiment d'irréversibilité, générant l'impossibilité pour eux de mise en place de stratégies d'adaptation, ou même un simple ajustement à la situation vécue.

L'absence de communication est trop souvent la règle

A cette attitude de repli sur soi de l'homme affecté par la DE, correspond une impossibilité de dialogue qui renforce le malaise éprouvé par la partenaire. 32% des femmes qui disent souffrir de leur sexualité privilégient comme cause de leur malaise "l'impossibilité de toute communication dans ces moments là, vs 0% l'absence de pénétration".

Les femmes vivent plutot mieux la DE que leurs partenaires

Un comportement plutôt rassurant et stimulant (Figure 3)

Les femmes semblent mieux vivre la perte d'érection de leur partenaire que celui-ci. Elles vont spontanément et majoritairement adopter un comportement plutôt rassurant (92%), tous âges confondus. En revanche, certaines différences de comportement selon les tranches d'âges sont sensibles et tiennent certainement à des facteurs culturels et socio-éducatifs. Les plus jeunes (20-24 ans et 25-34 ans) optant plus facilement pour un partenariat actif en cherchant à stimuler leur conjoint en difficulté (respectivement 92% et 90%) ou en l'incitant à continuer autrement (75% des 24-35 ans, et 70% des 20-24 ans). Les femmes qui s'efforcent de relancer la relation sexuelle malgré la panne ("vous vous efforcez de le stimuler") le font, quelque soient leurs propres modalités de jouissance, (84% des femmes vaginales, mais aussi 79% parmi les femmes clitoridiennes).

Figure 3 : Modalités de réactions et types de comportements féminins face à la perte d'érection.

Assez paradoxalement, 42% des femmes qui se disent exclusivement vaginales vont avoir tendance à ne pas jouer de rôle actif face à la panne et ne cherchent pas à stimuler leur partenaire. Ce sont elles aussi, qui auront tendance à avoir du mal à en parler à un interlocuteur ("personne, cela est bien trop intime", 67%). Et c'est aussi dans cette catégorie qu'elles vont le moins facilement rassurer leur partenaire en difficulté (17% vs 7% pour les autres femmes). De même, parmi celles qui abandonnent, 67% disent ne jouir que par la pénétration. Ce type de comportement féminin, de toute évidence est plus propice à l'aggravation de la DE masculine. Est il à mettre sur le compte de certains conflits de puissance dans le couple pouvant fausser les demandes et les attentes féminines en déplaçant sur la scène sexuelle des exigences d'une autre nature ?

Comportement féminin supposé face à la panne

Pour 75% des femmes interrogées, et qui n'ont jamais été confrontées directement à la perte d'érection de leur partenaire, les attitudes supposées face à ce type de situation sont assez semblables à celles qui y ont été déjà confrontées. Elles pensent qu'elles adopteraient spontanément une attitude rassurante et stimulante (69%) qu'elles seraient inquiètes pour lui (12%). Elles sont peu nombreuses à penser pouvoir adopter un comportement négatif face à la difficulté de leur partenaire "je ne ferai rien du tout, je serai trop mal à l'aise" (8%) ou "je ne le supporterai pas et serai certainement très mal à l'aise" (6%) ou encore "j'abandonnerai" (4%).

Les femmes interrogées adoptent majoritairement des attitudes positives et apaisantes face à la perte d'érection. Elles sont cependant plus nombreuses à le faire quand elles sont directement confrontées à la DE, que quand elle n'y ont jamais été confrontées, comme si la mise en situation renforçait pour elles leur capacité de gestion, ou la prise en compte de la détresse de leur partenaire, au détriment de leur propre satisfaction.

Banalisation féminine mais prise de sens masculin

Même si certaines disent se sentir agacées et frustrées (24%), et peut être davantage dans la tranche d'âge des plus jeunes (31% des 20-24 ans), pour la plupart des femmes interrogées, la DE du partenaire est une situation jugée sans gravité particulière, qu'elles ont tendance à banaliser : "c'est un événement banal et naturel qui peut arriver à tout homme un jour ou l'autre" (98% des femmes qui y ont été confrontées, 94% des autres). Pour la majorité des femmes interrogées, la DE n'est qu'un incident de parcours, réversible dans le temps : "ce n'est rien, cela passera" (67% des femmes déjà confrontées, 63% des autres). La DE est vécue de manière radicalement différente par leur partenaire, pour lequel elle revêt au contraire immédiatement un caractère de gravité responsable de contre attitudes préjudiciables au couple : "il ne supporte pas et se replie sur lui-même" (19%). "Il devient agressif et revendicatif" (9%). "Il laisse faire" (34%).

Une satisfaction sexuelle conservée la plupart du temps

Les femmes qui disent avoir été confrontées de manière régulière à la DE du partenaire sont plus nombreuses à se plaindre d'insatisfaction sexuelle (36%) que celles qui n'y ont pas été confrontées (10%). Mais, chez les femmes qui disent être satisfaites de leur sexualité, il n'existe pas de différence véritable, entre celles globalement confrontées à la DE du partenaire, occasionnellement ou régulièrement (89%), et celles qui n'y ont jamais été confrontées (90%). Probablement car la satisfaction sexuelle de la femme n'est pas obligatoirement mesurable à la qualité de l'érection de son partenaire. La question de la satisfaction féminine est certainement à rapprocher des réponses obtenues aux questions concernant la communication et les modalités de la souffrance en cas de DE. Ces chiffres sont tout à fait comparables à ceux donnés par le rapport ACSF sur la sexualité des français [15], datant de 1993, dans lequel 84% de femmes se disent satisfaites sexuellement, toutes tranches d'âge confondues. Dans ce rapport portant sur 11 104 femmes françaises de 18 à 69 ans, le ressenti en cas de difficultés sexuelles du partenaire n'a malheureusement pas été évalué.

Quand la DE devient difficile à vivre pour la partenaire

Il arrive que la DE du partenaire devienne difficile à vivre pour la femme qui y est confrontée, mais à partir de quels éléments, et dans quel type de circonstances ?

Facteurs de fragilité féminins

Pour une partie moindre des femmes interrogées (15% des femmes confrontées et 22% des autres), la DE se charge quelquefois d'un sens négatif et va générer des réactions émotionnelles susceptibles d'interférer avec l'évolution de la DE en l'aggravant. "Je ne lui plais pas, il ne m'aime plus" (7% des femmes confrontées et 9% des autres) ou "il est trop vieux" (5% des femmes confrontées et 4% des autres) ou encore "Il me trompe" (3% des femmes confrontées, mais 9% des autres).

Il s'agit probablement là d'une minorité de femmes, présentant des facteurs de fragilité, manquant de self, en carence affective, ou encore immatures et narcissiques, pour lesquelles la DE est susceptible de réactiver leur propre fragilité psychologique. Elles vont avoir plus facilement tendance à souffrir du problème sexuel de leur partenaire qui les renvoie à leur propre fragilité. Il est à noter qu'une partie de ces cognitions négatives, émises à priori par les femmes n'ayant jamais été confrontées à la DE du partenaire, se retrouve avec une moindre incidence lorsque la femme y est effectivement confrontée. Le vécu de la situation concrète permettant peut être à la plupart d'entre elles de dépasser leurs propres facteurs de fragilité pour venir en aide à leur partenaire en difficulté.

Cognitions négatives et comportement négatif féminin face à la DE

Chez les femmes qui attribuent la perte d'érection à un manque de désir, les comportements inadaptés sont plus fréquents. C'est un type de situation où elles auront moins facilement tendance à stimuler leur partenaire. En règle générale, comme nous l'avons déjà vu, les femmes ont tendance à rassurer ou à stimuler leur partenaire confronté à une panne d'érection. Elles le font toutefois moins facilement lorsque, par exemple, elles attribuent la perte d'érection à un manque de désir. Elles auront alors, plus facilement tendance à abandonner (50% vs 64%) dans ce type de situation.

Souffrance féminine et manque de communication

Les femmes ayant vécu la DE de leur partenaire déclarent dans leur grande majorité ne pas en avoir souffert (74%). Ces chiffres sont à pondérer en ce qui concerne la tranche d'âge des 20-24 ans, qui affichent un avis plus nuancé (46% à en avoir souffert). Ces chiffres, apparemment étonnants sont à affiner par un complément d'information. En effet, les femmes qui disent ne pas en avoir souffert sont aussi celles qui ont tendance à banaliser la DE (74%), sans la rattacher à un facteur causal en particulier. Celles qui disent en avoir souffert(26%) sont dans 58% des cas des femmes qui se disent aussi insatisfaites de leur sexualité, et qui n'ont pas du tout tendance à banaliser l'événement (74% de ces femmes). Ce sont les mêmes qui mettent en avant comme facteur causal de la DE une absence de désir pour elles (76%). Et ce sont aussi celles face auxquelles le partenaire va davantage adopter une attitude négative de repli sur soi, d'abandon, ou d'acharnement (75%) qu'avec les autres (63%). Elles disent en majorité se sentir "agacées car elles se sentent frustrées" (67%). L'une des causes de souffrance est aussi certainement le manque de communication. 27% d'hommes qui "cherchent à en parler" dans le groupe des femmes qui disent en souffrir, contre 39% dans l'autre groupe. 18% d'hommes "qui deviennent agressifs et revendicatifs", contre 5% seulement dans l'autre groupe. Et de quoi, d'ailleurs, se plaignent principalement les femmes qui avouent leur souffrance face à la situation ?non pas de l'absence de pénétration (3%), mais plutôt de "'impossibilité de toute forme de communication dans ces moments là" (18%), de "l'absence de caresses pour compenser" (18%) ou bien "il n'est plus affectueux" (9%) et de l'absence de mesures pour y remédier "il prend cela trop à la légère et devrait consulter un spécialiste" (15%), et surtout dans 36% des cas : "son malaise, le fait qu'il se sente déstabilisé".

Assez paradoxalement, on compte davantage de femmes disant avoir souffert de la DE du partenaire parmi celles qui disent avoir un orgasme "principalement par des caresses" (67% contre 50% chez les autres) et qui disent privilégier dans la relation sexuelle "des préliminaires pleins de tendresse" (82% contre 66%) ou le fait de "se sentir aimées" (85% contre 67%). Ceci semble souligner que la vraie difficulté pour l'homme confronté à la DE, est le repli sur soi et l'incapacité à renouer le dialogue affectif et sensuel avec sa partenaire dès lors qu'il ne se reconnaït plus dans son identité virile.

Pour l'ensemble des femmes ayant été confrontées à la DE de leur partenaire, même quand elles disent ne pas en souffrir ou ne pas en avoir souffert, ce qu'elles avouent être le plus difficile à supporter, est plutôt "son malaise, le fait qu'il se sente déstabilisé" (44%). L'absence de pénétration, venant très loin derrière (6%).

Ressenti masculin et communication dans le couple (Figure 4)

Si les hommes en difficulté d'érection ont tendance majoritairement à adopter un comportement aggravant leur état, c'est qu'ils vivent douloureusement la DE. Qu'en disent leurs partenaires ? Les tris croisés permettent de mettre en évidence une perception différente de la DE pour ces femmes, selon la manière dont lui même va vivre et manifester sa difficulté. S'il cherche à en parler(36%) elle aura tendance à banaliser la difficulté (37%). Elle l'attribuera plus facilement à un surmenage (33%). Elle se dira plutôt satisfaite ou très satisfaite de sa sexualité (76%). Elle dira qu'elle n'en souffre pas (75%). Mais aussi, elle l'incitera plus facilement à aller consulter un médecin (66%). En revanche, s'il n'en parle pas(64%), elle attribuera la DE à un manque de désir (65%), et se déclarera peu satisfaite de sa sexualité (68%), surtout si l'absence de communication se double d'un repli sur soi ou d'agressivité. Elle dira alors plus facilement qu'elle en souffre (78%).

Figure 4 : Le vécu de la difficulté masculine face à la DE, rapporté par leurs partenaires féminines.

La dysfonction erectile entre intimite et medicalisation

Le silence est le maïtre mot des difficultés sexuelles qu'il renforce en alimentant l'incompréhension et le malaise dans le couple.

La difficulté d'en parler

Il n'est bien évidemment pas plus facile d'en parler à un tiers qu'à sa partenaire pour les hommes confrontés à la DE. Le trouble sexuel masculin touche à l'image masculine et renvoie à l'identité virile, à l'identité. Spontanément, ils ne sont que 36% à chercher à en parler avec leur partenaire, même si celles ci ont tendance à provoquer un dialogue sur le sujet (81%). Et avec qui en parler ?Les femmes qui n'ont jamais été confrontées à la difficulté pensent pouvoir trouver un interlocuteur à qui se confier dans 90% des cas. Mais, une fois confrontées à la DE installée plus concrètement, le sujet devient "bien trop intime pour en parler" dans 58% des cas, et elles ne sont plus que 39% à le faire. En pratique, elles vont alors en parler plus facilement à leur médecin ou à un spécialiste (37%) qu'à leur meilleure amie (23%). En parler à deux.Dans l'intimité du couple, il est parfois plus facile d'en parler, et huit fois sur dix, le sujet "a été abordé de manière constructive" entre partenaires. Mais il arrive aussi que le silence règne (15% des cas) ou que la DE devienne un sujet de conflit (4% des femmes en ont parlé à leur partenaire sous forme de reproches)

La médicalisation comme recours à l'absence de dialogue

Difficile de consulter

Si l'interlocuteur privilégié reste le médecin, généraliste ou spécialiste, il n'est pas évident d'aller le consulter. 87% des femmes jamais confrontées à la DE du partenaire disent qu'elles le pousseraient à consulter en cas de problème. Mais elles ne sont plus que 8% à le faire concrètement quand elles y sont confrontées, bien que 33% d'entre elles pensent, sans toutefois aborder le sujet avec lui, que "c'était anormal et à voudraient qu'il consulte un médecin ou un spécialiste". Et dans 76% des cas, il ne l'a jamais fait. Pourquoi consulter

Assez bizarrement, la cause supposée de l'origine de la DE semble bien peu intervenir sur le besoin de consultation : Les femmes qui pensent qu'une maladie est la cause de la DE disent souhaiter consulter dans 34% des cas, contre 36% quand elles pensent qu'il s'agit d'un excès d'émotivité, ou 36% d'un manque de désir. De la même manière, le fait de déclarer "en avoir souffert" n'est pas non plus déterminant pour la consultation du médecin (parmi les femmes qui souhaitent une consultation, 27% disent souffrir de la situation, vs 73%).

Le recours au médecin semble davantage basé sur d'autres critères: Les femmes qui poussent à une consultation sont aussi celles qui disent privilégier "une pénétration efficace" (33%), ou qui disent "être agacée car elles se sentent frustrées" (40%).

Et, de manière encore plus significative, si l'homme ne communique plus, elles sont 60% à réclamer l'intervention du médecin contre 40% lorsque "il cherche à m'en parler". Ce qui semble suggérer, que le médecin peut jouer un rôle de médiateur du dialogue rompu entre partenaires.

Parmi les femmes confrontées au problème d'érection, celles qui y ont été confrontées souvent représentent un échantillon très faible mais pour lequel des différences importantes avec le groupe global (femmes confrontées souvent ou occasionnellement) sont néanmoins apparues et ont montré une tendance convergente qui devra être confirmée à plus large échelle : ces femmes déclarent plus souvent une souffrance du fait des troubles de l'érection (73 % vs 26 % dans le groupe global), elles ont plus souvent pensé que le trouble était anormal et voulu que le partenaire consulte un médecin ou un spécialiste (64 % vs 33 %), elles étaient plus souvent agacées et se sentaient frustrées (55 % vs 24 %). Quand consulter ?Elles consultent dès la 1° panne :des femmes qui n'en ont jamais parlé (50% vs 15%), des femmes pour lesquelles le plus dur à supporter face à cette situation est l'impossibilité de communiquer avec lui (50% vs 14%) A partir de la 5° panne :des femmes qui n'incitent pas leur partenaire à continuer autrement (55% vs 38%), des femmes entre 34 et 49 ans (55% vs 38%), des femmes qui expriment leur volonté d'en parler (64% vs 44%) Après plus de 5 pannes :des femmes qui ont entre 25 et 35 ans (23% vs 16%), qui en ont, de leur côté, parlé à leur médecin (20% vs 14%), qui se sentent agacées car elles se sentent frustrées (30% vs 24%) Consulter seul ou ensemble ?

Là encore, la disparité est importante selon le groupe de femmes considéré. Celles qui n'ont jamais été confrontées se déclarent prêtes à accompagner leur partenaire en consultation s'il le leur demande (60 %), voire même spontanément (30 %) car "c'est un problème qui se règle à deux". En revanche, pour celles qui y ont été confrontées, elles sont 40% à estimer que "cela ne me regarde pas". En pratique, une fois sur quatre elle est venue à la consultation, dès la première fois dans 9% des cas ou par la suite (17%).

Le désir de recours au médicament est plus important chez les femmes déjà confrontées à la DE du partenaire (Figure 5)

Les femmes confrontées aux problèmes d'érection sont un peu plus nombreuses à penser que les médicaments sont utiles 36% vs 30% que celles qui n'y ont pas été confrontées, et principalement lorsque les pannes deviennent fréquentes (50% vs 34%). Elles ne sont que 7% dans ce groupe à penser que cela est inutile vs 14%. Toutes sont conscientes que les médicaments de l'érection nécessitent un suivi médical (68% et 64%).

Figure 5 : Utilité des médicaments dans les 2 groupes de femmes (confrontées ou pas à la DE), en fonction de l'origine attribuée à la DE.

La nécessité de recours au médicament en fonction de l'origine attribuée à la DE est, elle aussi différente dans les deux groupes. Si elles s'accordent à penser que les médicaments sont utiles en cas de vieillissement (39% des femmes confrontées et 38% des autres), les résultats obtenus à la question de l'utilité des médicaments divergent nettement quand elles pensent que la DE est due à une maladie, (43% dans le groupe de celles qui ont été confrontées vs 29%). Encore plus intéressants les résultats obtenus quand elles pensent que la DE est due à un excès d'émotivité (40% d'utilité dans le groupe confrontées, vs 31%) ou à un manque de désir (40% d'utilité dans le groupe confrontées, vs 30%) ou bien encore à un surmenage (40% de femmes confrontées conviennent de l'utilité du médicament, vs 30% dans l'autre groupe.

Après avoir été confrontée aux problèmes d'érection de leur partenaire, elles conviennent plus facilement de l'utilité du médicament, peut être pour en avoir expérimenté l'utilité quelque soit l'origine de la panne, contrairement aux femmes qui n'ont jamais connu concrètement ce problème et ont tendance à imaginer y recourir plus difficilement.

Regard sur la sexualite des femmes d'aujourd'hui

A l'occasion de cette enquête sur un large échantillon, il nous a paru important de pouvoir faire un point sur la sexualité des femmes d'aujourd'hui.

Satisfaction sexuelle

De manière très générale, l'ensemble des femmes interrogées se disent satisfaites de leur sexualité dans une forte proportion (89% de femmes "très satisfaites" ou "plutôt satisfaites"). L'étude des réponses par tranche d'âge met en évidence le plus fort taux de réponses positives chez les 25-34 ans (93%), le plus faible (83%) chez les 20-24 ans. Un très faible pourcentage de femmes disent ne pas avoir de sexualité (7%), et là encore c'est la tranche d'âge des 25-34 ans qui est privilégiée (3% d'absence de sexualité vs 9% chez les 50-65 ans)

La confrontation aux problèmes d'érection modifie peu la réponse sur la satisfaction sexuelle (85% restent satisfaites, vs 90% chez celles qui n'y sont pas confrontées).

En revanche, ce sont chez les femmes qui pensent que les difficultés d'érection masculines sont liées à une baisse de désir, que l'on retrouve le plus d'insatisfaction sexuelle (15% d'insatisfaction vs 10% seulement chez les autres). Ce sont des chiffres, qui 10 ans après le rapport ACSF(15), ont peu évolué (femmes très satisfaites: 48% ; assez satisfaites :36% ; pas satisfaites :8% et pas du tout satisfaites 5%).

Relativiser le besoin de pénétration

Pour les femmes de notre échantillon, la relation sexuelle ne se résume pas à la pénétration.

Elles valorisent davantage le fait de "se sentir aimée" 69%, vs 19% "une pénétration efficace". Ce qui compte pour elles, c'est aussi "des préliminaires plein de tendresse" (61%) ou bien encore "donner du plaisir à l'autre" (45%).

Quant à leur sentiment sur la pénétration, elles la disent "indispensable à la relation sexuelle" dans 59% des cas seulement. Et pour 30% des femmes, elle est "agréable sans plus". Elle devient "plutôt réservée à son plaisir à lui" dans 6% des cas et même "désagréable et douloureuse" pour 2% des femmes interrogées.

La jouissance

La question des modalités de jouissance a entraïné un faible taux de refus de réponse (0,6%). Dans notre échantillon de 507 femmes, 55% disent atteindre la jouissance "principalement par les caresses" vs 32% "principalement par la pénétration" ou 7% "exclusivement par la pénétration", 3% de femmes disant "n'avoir jamais de jouissance". Ceci est un élément important à retenir pour la prise en charge des patients souffrant de DE, qui doivent être rassurés sur les possibilités de poursuivre des relations sexuelles permettant un plaisir réciproque même en l'absence transitoire d'érection. Il n'existe pas de différence de réponse notable entre les femmes ayant été confrontées à la DE du partenaire et les autres, ni en fonction des tranches d'âge étudiées.

Conclusion

Il existe encore trop peu d'enquêtes sur le rôle joué par la partenaire de l'homme en difficulté dans sa sexualité. C'est un élément, qui apparaît cependant essentiel, à la lumière de cette étude portant sur 507 femmes françaises ayant accepté de répondre sur leur sexualité. La femme semble être un élément déterminant dans l'évolution de la dysfonction érectile. Il peut arriver quelquefois qu'elle joue un rôle dans le renforcement, voire le déclenchement de la maladie par une attitude de reproche, d'agressivité, de refus sexuel ou de découragement. Mais en règle générale, elle sera volontiers rassurante et stimulante, elle saura aider son partenaire et le guider sur le chemin de la reprise de confiance et de la guérison. Et quand la souffrance masculine est trop importante, rendant impossible toute forme de dialogue, c'est elle encore qui poussera à la recherche d'un interlocuteur compétent, médecin généraliste ou spécialiste pour aider son partenaire en difficulté. Le recours au médicament de l'érection, s'il semble encore bien trop peu utilisé, est perçu de manière plus positive par les femmes ayant été confrontées à la DE de leur partenaire et qui en ont déjà éprouvé concrètement le bénéfice, que par celles qui n'y ont jamais été confrontées et en ont une perception plus abstraite. Il semble donc qu'aujourd'hui, la partenaire soit un allié déterminant de la stratégie thérapeutique à mettre en oeuvre dans la prise en charge des Dysfonctions sexuelles masculines.

Remerciements

Remerciements au Laboratoire Pfizer France pour son soutien logistique sans lequel cette enquête n'aurait pas pu être réalisée.

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