Base bibliographique

Contraception masculine : quelles (r)évolutions ?
(R)evolution of male contraception
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F105


S’il existe un spectre de 11 méthodes contraceptives différentes pour les femmes, il n’y en a que 3 couramment utilisées par les hommes : le préservatif et le retrait, avec leur taux d’échecs élevés, ainsi que la vasectomie, considérée comme une méthode irréversible. Depuis 40 ans, de nombreuses études ont été réalisées pour développer des contraceptifs masculins hormonaux et non hormonaux sûrs et efficaces. Bien qu’elles aient fait la preuve de leur efficacité, les contraceptions masculines hormonale et thermique restent encore peu utilisées. Les principes, protocoles, efficacité, réversibilité et acceptabilité de ces deux méthodes sont présentées, ainsi que les éléments pratiques, pour leur prescription et leur suivi. Nous décrivons également de nouvelles méthodes en cours de développement (contraceptifs hormonaux masculins oraux ou transdermiques, méthodes d’occlusion déférentielle). D’autres recherches sont nécessaires pour l’amélioration et la diffusion de méthodes contraceptives masculines efficaces, réversibles et sûres qui permettront aux hommes autant qu’aux femmes de jouer un rôle actif dans la planification familiale.


Although the spectrum of women contraceptives includes 11 different methods, only 3 are commonly used by men: condoms, withdrawal, which has a high failure rate, as well as vasectomy, considered as an irreversible method. Over the past 40 years, numerous studies have been carried out to develop safe and effective hormonal and non-hormonal male contraceptives. Although their effectiveness has been proven, hormonal and thermal male contraceptions are still little used. The principles, protocols, effectiveness, reversibility and acceptability of these two methods are presented, as well as the practical elements for their prescription and monitoring. We also describe new methods under development (male oral or transdermal hormonal contraceptives, deferential occlusion methods). Further research is necessary to improve and market effective, reversible and safe male contraceptive methods which will enable men and women to play an active role in family planning.

Le priapisme ischémique
Ischaemic priapism
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F117


Introduction

Le priapisme ischémique ou veineux ou à bas débit est une urgence médicochirurgicale dont le diagnostic repose sur l’association d’une érection prolongée douloureuse, un sang hypoxique à la ponction des corps caverneux et le plus souvent une cause déclenchante telle que la prise de produits pro-érectiles.


Méthodes

Le traitement de première intention est l’aspiration lavage des corps caverneux avec injection d’alpha-stimulants.


Résultats

En cas d’échec, un shunt chirurgical doit être effectué. La pose précoce (< 6 semaines) d’un implant pénien doit être réservée au cas de priapisme de plus de 36 heures, après échec des traitements médicaux et chirurgicaux. La chirurgie prothétique doit être anticipée en cas de fibrose à l’IRM pénienne.


Conclusion

Dans tous les cas, il s’agit d’une chirurgie qui peut être difficile, et qui doit être proposée à un patient bien informé des séquelles d’un priapisme prolongé et des résultats d’une pose tardive d’implant pénien.


Introduction

Ischemic or venous or low-flow priapism is a medical-surgical emergency. The diagnosis is based on the association of a prolonged painful erection, hypoxic blood at the puncture of the corpora cavernosa, and most often a triggering cause such as intake pro-erectile products.


Methods

The first-line treatment is to aspirate and wash the corpus cavernous with saline serum and the injection of alpha-stimulants.


Results

In case of failure, a surgical shunt must be performed. Early implantation (<6 weeks) of a penile implant should be reserved for priapism>36hours, after failure of medical and surgical treatments. Prosthetic surgery should be anticipated in cases of fibrosis on penile MRI.


Conclusion

In all cases, this is a difficult surgery that should be offered to a patient who is well informed about the sequelae of prolonged priapism and the results of late implantation of the penile implant.

Les événements indésirables associés aux soins, ce qu’il faut connaître
Adverse events associated with healthcare, what you need to know
2020
- Cas clinique
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F126


Les événements indésirables graves associés aux soins (EIGAS) correspondent à des prises en charge non optimales ayant des conséquences graves et inattendues et qui dans 40 % des cas seraient évitables. Ils sont souvent précédés d’événements porteurs de risque (« presque accident »). Le dernier rapport d’activité de la démarche d’accréditation des spécialités à risques confirme la nécessité de déclarer et de gérer les événements indésirables graves afin d’en identifier les causes récurrentes et de mettre en œuvre des actions collectives (locales ou nationales) pour mieux les détecter et limiter leur impact. Cette étude a souligné la prédominance des causes systémiques liées au travail en équipe et à la communication. Le décret de décembre 2016 fait obligation à tous les professionnels de santé de déclarer sur une plateforme nationale de déclaration. Cet article propose une mise au point concernant les définitions et l’évaluation des événements indésirables associés aux soins qu’ils soient graves ou non.


Serious adverse events associated with care correspond to non-optimal care with serious and unexpected consequences and which in 40% of cases would be preventable. They are often preceded by risk-bearing events (“near accident”). The last activity report of the accreditation procedure for specialties at risk confirms the need to declare and manage serious adverse events in order to identify recurring causes and to implement collective actions (local or national) to better detect them and limit their impact. This study highlighted the predominance of systemic causes related to teamwork and communication. The decree of December 2016 requires all health professionals to declare on a national reporting platform. This article provides an update on the definitions and evaluation of adverse events associated with healthcare, whether serious or not.

Néphrectomie partielle robot assistée en ambulatoire : faisabilité et intérêt pour des patients sélectionnés
2020
- Veille bibliographique
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F131


Peut-on faire une biopsie de prostate ciblée sans biopsie sextant ?
Can we do targeted prostate biopsy without a sextant biopsy?
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F112


L’IRM est maintenant recommandée en première intention avant une série de biopsie prostatique (BP). Le protocole de biopsie en cas de lésion suspecte à l’IRM et l’intérêt des biopsies systématisées reste débattus. La réalisation des biopsies prostatiques ciblées (BPc) permet d’augmenter le taux de détection des cancers de prostate significatifs (CAP-s). En cas de lésion suspecte à l’IRM, l’association de biopsies prostatiques ciblées et systématiques dans un protocole combiné améliore la détection des cancers de prostate (CAP). L’impact des biopsies prostatiques systématisées (BPs) reste non négligeable (environ 5 %) et semble important à l’heure du développement des traitements focaux. L’amélioration de la cartographie prostatique IRM et des techniques de ciblage pourront encore améliorer notre démarche diagnostique.


MRI is now recommended as a 1st intention before a series of prostate biopsy (BP). The biopsy protocol with suspicious lesion on MRI and the value of systematic biopsies remain debated. Performing targeted prostate biopsies (BPc) increases the detection rate of significant prostate cancer (CAP-s). In the event of a suspected lesion on MRI, the combination of targeted and systematic prostate biopsies in a combined protocol improves the detection of prostate cancer (CAP). The impact of systematic prostatic biopsies (BPs) remains significant (4.7 %) and seems significant at the time of the development of focal treatments. Improving prostate MRI mapping and targeting techniques could further improve our diagnostic approach.

Traitement du cancer de la prostate localisé à l’apex par curiethérapie ou ultrasons focalisés
Management of localized prostate cancer of the apex by brachytherapy or focused ultrasound
2020
- Avis d'expert
- Réf : Progrès FMC, 2020, 4, 30, F121


Nous rapportons le cas d’un patient de 64 ans présentant un cancer de la prostate de bon pronostic localisé au niveau de l’apex, visible en IRM, pour lequel la possibilité d’un traitement par curiethérapie exclusive ou ultrasons focalisée est discutée. Les indications, résultats et limites des deux techniques sont présentés.


We describe the case of a 64-year-old patient presenting with low-risk localized prostate cancer of the apex, visible on MRI. We discuss the possibility of treating with brachytherapy of focused ultrasound. Indications, results and limitations of both techniques are presented.

Définition, épidémiologie et retentissement du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique
Definition, epidemiology and impact of non-neurogenic overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 866-872


Introduction

Le syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) est une pathologie fréquente ayant un retentissement fonctionnel important chez les patients qui en souffrent.


Objectif

Effectuer une synthèse des connaissances actuelles sur la définition, l’épidémiologie et le retentissement du SCHV.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de Pubmed , Embase , Google Scholar a été menée en juin 2020.


Résultats

Le SCHV est défini par la survenue d’urgenturies avec ou sans incontinence urinaire, habituellement associées à une pollakiurie ou une nycturie en l’absence d’infection urinaire ou de pathologie locale organique évidente (tumeur, infection, calcul). En France, le SCHV affecte 14 % de la population générale et cette prévalence augmente avec l’âge. Cette pathologie est une source d’altération majeure de la qualité de vie avec un retentissement physique (chutes, fractures, troubles du sommeil, fatigue), psychique (anxiété, dépression) social (limitation des loisirs, isolement) et économique.


Conclusion

Le SCHV est défini de manière standardisée. Il s’agit d’une pathologie fréquente ayant des conséquences fonctionnelles importantes avec une altération notable de la qualité de vie.


Introduction

Overactive bladder (OAB) is a common condition with a significant functional impact in patients.


Objective

To synthesize current knowledge on the definition, epidemiology and impact of OAB.


Method

A systematic literature review based on Pubmed, Embase, Google Scholar was conducted in June 2020.


Results

OAB is defined by urinary urgency, usually accompanied by frequency and nocturia, with or without urgency urinary incontinence, in the absence of urinary tract infection or other obvious pathology. In France, OAB affects 14 % of the general population and this prevalence increases with age. This condition is a source of major deterioration in patients’ quality of life with a physical (falls, fractures, sleep disorders, fatigue), psychic (anxiety, depression) social (limitation of leisure, isolation) and economic impact.


Conclusion

The definition of OAB is standardized. OAB is a frequent condition and has significant functional consequences with a notable deterioration in quality of life.

Évaluation d’un syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique
Evaluation of non-neurogenic overactive bladder syndrome
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 895-903


Introduction

L’évaluation initiale des patients souffrant du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) a fait l’objet de recommandations internationales.


Objectif

Faire une synthèse des connaissances actuelles sur l’évaluation du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV).


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de PubMed , Embase et Google Scholar a été menée en juin 2020.


Résultats

Le recueil précis de l’anamnèse et l’évaluation des symptômes du bas appareil urinaire est la première étape de l’évaluation des patients ayant un SCHV. En outre, la recherche de facteurs, favorisants l’élimination de causes urologiques pouvant être responsables d’urgenturies et la recherche de contre-indications thérapeutiques, sont essentielles. L’examen clinique et le calendrier mictionnel d’une durée de 3 à 7 jours font partie de l’évaluation initiale. Les auto-questionnaires validés en français mesurent la gêne ressentie par le patient et l’impact sur la qualité de vie. La bandelette urinaire et l’examen cytobactériologique des urines permettent d’éliminer une infection urinaire. La cytologie urinaire et la cystoscopie cherchent une tumeur de vessie en cas de contexte évocateur. La mesure du résidu post-mictionnel évalue un trouble de vidange vésicale associé. Le bilan urodynamique et les examens d’imagerie ne sont pas des examens complémentaires de première intention.


Conclusion

Il est essentiel de bien connaître l’évaluation initiale du SCHV afin d’instaurer un traitement adapté à la gêne ressentie par les patients.


Introduction

International guidelines exist regarding the initial assessment of patients suffering from overactive bladder (OAB).


Objective

To synthesize current knowledge on the evaluation of OAB.


Method

A systematic literature review based on Pubmed, Embase, Google Scholar was conducted in June 2020.


Results

An accurate taking of history and assessment of lower urinary tract symptoms are the first steps of the evaluation of patients with OAB. In addition, the search of risk factors for OAB, the exclusion of urological causes which can be responsible for urgency and the identification of therapeutic contra-indications are essential. The clinical examination and a 3-to 7-day bladder diary are part of the initial assessment. Self-questionnaires validated in French measure patients’ bother and the impact on quality of life. The urine strip or culture eliminates a urinary tract infection. Urinary cytology and cystoscopy investigate a bladder tumor in case of risk factor. The post-void residual volume has to be measured in case of voiding symptoms. Urodynamics and imaging are not first-line tests.


Conclusion

The understanding of the initial evaluation of OAB is essential to introduce treatments adapted to patients’ bother.

Physiopathologie du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale
Pathophysiology of overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 873-879


Introduction

Les connaissances de la physiopathologie du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale ont beaucoup évolué au cours des 20 dernières années. L’objectif de ce travail était, à partir d’une revue de la littérature, de faire une synthèse des connaissances actuelles sur la physiopathologie du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de Pubmed, Embase, Google Scholar, a été menée en février 2020 en utilisant les mots clés « overactive bladder  » et « pathophysiology  ».


Résultats

Quatre mécanismes physiopathologiques du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale peuvent être décrits. Il s’agit du dysfonctionnement du muscle détrusor, d’une origine urothéliale ou sous-urothéliale, d’une origine neurologique ou d’une modification du microbiome urinaire. Parallèlement, il est à noter que l’ensemble des mécanismes physiopathologiques décrits ci-dessus est favorisé par différentes situations cliniques que sont le vieillissement, l’ischémie, le syndrome métabolique, la ménopause et le dysfonctionnement des autres appareils abdomino-pelviens.


Conclusion

La physiopathologie du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale est complexe et comprend plusieurs mécanismes le plus souvent associés.


Introduction

The pathophysiology knowledge of the overactive bladder syndrome has evolved considerably over the past 20 years. The objective of this work was, from a review of the literature, to synthesize current knowledge on the pathophysiology of the overactive bladder syndrome.


Method

A systematic review based on Pubmed, Embase, Google Scholar, was conducted in February 2020 using the keywords “overactive bladder” and “pathophysiology”.


Results

Four pathophysiological mechanisms involved in the overactive bladder syndrome development can be described. They include the detrusor muscle dysfunction, an urothelial or sub-urothelial origin, a neurological origin and a change in the urinary microbiome. At the same time, it should be noted that all of the pathophysiological mechanisms described above are favored by different clinical conditions such as aging, ischemia, metabolic syndrome, menopause and the dysfunction of other abdominopelvic systems.


Conclusion

The pathophysiology of the overactive bladder syndrome is complex and includes several mechanisms most often associated.

Suivi et évaluation des traitements du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique
Follow-up and evaluation of non-neurogenic OAB treatments
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 931-937


Introduction

Le suivi d’un patient traité pour un syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) a pour objectif de vérifier l’efficacité du traitement et de détecter d’éventuels effets indésirables.


Objectif

Faire une synthèse des connaissances actuelles sur le suivi et l’évaluation des traitements du SCHV non neurologique.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de PubMed, Embase et Google Scholar a été menée en juin 2020.


Résultats

Le succès du traitement d’un patient ayant un SCHV n’est pas défini de manière consensuelle. Les définitions du succès dans les essais cliniques utilisent les données du calendrier mictionnel. Elles ne sont pas toujours transposables dans la pratique clinique car elles ne permettent pas de mesurer l’efficacité globale d’un traitement, centrée sur le patient ni la satisfaction vis-à-vis du traitement. Il est alors nécessaire de disposer de questionnaires symptômes avec une évaluation de la qualité de vie. En effet, la notion de succès thérapeutique est différente selon le point de vue du médecin ou du patient. Il est alors important de bien évaluer avec le patient, et avant l’instauration du traitement, les objectifs et les résultats attendus du traitement. Le SCHV « réfractaire » n’est pas défini de manière homogène, alors que cette définition est importante pour sélectionner les candidats aux traitements de seconde ligne. Le suivi d’un patient ayant un SCHV est essentiel pour pouvoir adapter le traitement à l’efficacité et à la tolérance mais également pour détecter toute modification de symptômes pouvant révéler une autre maladie urologique.


Conclusion

Le succès ou l’échec du traitement du SCHV dépend de l’interaction de nombreux facteurs, incluant des critères objectifs mesurés par le clinicien, et surtout des critères subjectifs de perception de l’efficacité du traitement par les patients.


Introduction

The purpose of monitoring a patient treated for overactive bladder (OAB) is to ensure the effectiveness of the treatment and to detect any side effects.


Objective

To synthesize current knowledge on the follow-up and the evaluation of non-neurogenic OAB treatments.


Method

A systematic literature review based on Pubmed, Embase, Google Scholar was conducted in June 2020.


Results

The definition of success of OAB treatments is not consensual. Definitions of success in clinical trials usually use bladder diary data. However, they cannot always be transposed into clinical practice because they do not measure the overall effectiveness of a treatment, reported by the patient, or the satisfaction with the treatment. It is then necessary to have symptom questionnaires with an assessment of quality of life. Indeed, the concept of therapeutic success is different depending on the view of the physician or the patient. It is therefore important to carefully assess with the patient, and before initiating any treatment, the objectives and expected results of the treatment. The definition of “refractory” OAB is heterogeneous but important to select candidates for second-line treatments. Monitoring a patient with OAB is essential to adapt the treatment to efficacy and tolerance, but also to detect any change in symptoms that may reveal another urological disease.


Conclusion

The success or failure of OAB treatments depends on the interaction of many factors, including objective criteria measured by the clinician, and subjective criteria of perception of the treatment effectiveness by the patient.

Syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique
Non-neurogenic overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 865




 

Syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique et pathologie pelvi-périnéale de la femme
Non-neurological overactive bladder and pelvic-perineal pathology in women
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 887-894


Introduction

L’objectif de ce travail était de faire une synthèse des connaissances actuelles sur le syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) et les pathologies pelvi-périnéales de la femme.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de PubMed , Embase et Google Scholar a été menée en avril 2020.


Résultats

Les femmes ayant un prolapsus des organes pelviens ont très souvent un SCHV. Une chirurgie du prolapsus ne peut s’envisager que si ce dernier est symptomatique et à aucun moment devant les symptômes d’hyperactivité vésicale. En cas de prolapsus symptomatique et de SCHV, le pessaire et le traitement chirurgical sont efficaces sur les deux pathologies jusque dans 71 % des cas. Le SCHV peut survenir en parallèle ou dans le cadre d’un syndrome génito-urinaire de la ménopause. Dans ce dernier cas, seule l’œstrogénothérapie locale est efficace. Le SCHV peut survenir en parallèle d’une incontinence urinaire à l’effort (IUE) ou s’intégrer dans une incontinence urinaire mixte. Le traitement repose, dans un premier temps, sur la symptomatologie la plus gênante. S’il s’agit de l’IUE, le résultat du traitement chirurgical sur le SCHV est aléatoire. Le SCHV de novo fait suite à une chirurgie du prolapsus ou d’IUE. Il impose un bilan à la recherche de causes de type infection urinaire, obstruction sous-vésicale ou d’érosion. Son traitement est identique à celui du SCHV.


Conclusion

L’enjeu du clinicien est de réussir à faire la part des choses entre un SCHV et une pathologie pelvi-périnéale afin d’adapter au mieux le traitement.


Introduction

The aim was to synthesize current knowledge on overactive bladder (OAB) and female pelvic-perineal diseases.


Method

A systematic literature review based on PubMed, Embase and Google Scholar was conducted in April 2020.


Results

Women with pelvic organ prolapse very often have OAB. Prolapse surgery should be considered if the prolapse is symptomatic and never be indicated in case of overactive bladder symptoms solely. In case of symptomatic prolapse and OAB, pessary and surgical treatments are effective on both pathologies up to 71 % of the cases. OAB may occur in parallel or as part of a menopausal genitourinary syndrome. In the latter case, only local estrogen therapy is effective. OAB may occur alongside stress urinary incontinence (SUI) or be integrated into mixed urinary incontinence. The initial treatment should be based on the most troublesome symptoms. In case of SUI, the outcome of surgical treatment on OAB remains uncertain. De novo , OAB follows prolapse or SUI surgery. It requires investigations to exclude urinary tract infection, bladder outlet obstruction or erosion. The treatment is the same as OAB.


Conclusion

The clinician's challenge is to draw a balance between the OAB and a pelvic-perineal pathology in order to adapt the treatment.

Syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique de l’homme
Male non-neurogenic overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 880-886


Introduction

Les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) masculins et en particulier ceux du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV) sont un motif fréquent de consultation en urologie et ont un retentissement fonctionnel important.


Objectif

Faire une synthèse des connaissances actuelles sur le SCHV non neurologique de l’homme.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de PubMed, Embase et Google Scholar a été menée en juin 2020.


Résultats

La prévalence du SCHV et de l’hypertrophie bénigne de la prostate augmente avec l’âge. Les symptômes du SCHV, d’une part, et les symptômes de l’obstruction sous-vésicale d’origine prostatique, d’autre part, peuvent être intriqués et le lien de causalité entre les deux types de symptômes est souvent difficile à établir. En cas de symptômes mixtes, il est recommandé de traiter en priorité le type de symptômes le plus gênant et d’informer le patient des risques d’échec et d’aggravation après chirurgie de désobstruction sous-vésicale. En effet, de nombreux patients restent symptomatiques après une chirurgie prostatique et les facteurs prédictifs d’échec restent à définir. Ainsi, le bilan urodynamique préopératoire n’est pas réalisé systématiquement même en cas de SCHV. L’hyperactivité détrusorienne de novo après une prostatectomie totale peut atteindre 77 % et persiste dans la majorité des cas. Le risque relatif global de symptômes de la phase de remplissage vésical, après radiothérapie et curiethérapie, est supérieur à celui de la prostatectomie. L’étiologie du SCHV après chirurgie prostatique est multifactorielle. Alors que les traitements médicamenteux ont prouvé leur efficacité, peu de données existent sur les traitements de seconde ligne du SCHV après chirurgie prostatique.


Conclusion

Le SCHV chez l’homme est souvent lié à une obstruction sous-vésicale d’origine prostatique. Il est important d’informer les patients de la possibilité de persistance, d’aggravation ou d’apparition du SCHV après chirurgie prostatique alors que les facteurs prédictifs d’échec de la chirurgie ne sont pas clairement définis.


Introduction

Male lower urinary tract symptoms (LUTS) and in particular overactive bladder (OAB) are a frequent reason for consultation in urology and have a significant functional impact in patients.


Objective

To synthesize current knowledge on non-neurogenic OAB in male patients.


Method

A systematic literature review based on Pubmed, Embase, Google Scholar was conducted in June 2020.


Results

The prevalence of OAB and benign prostatic hyperplasia increases with age. Symptoms of OAB, on the one hand, and symptoms of prostatic bladder outlet obstruction, on the other hand, can be concomitant and the causal link between the two types of symptoms is difficult to establish. In case of mixed symptoms, it is recommended to treat the most troublesome type of symptoms first and to inform the patient of the risks of failure or deterioration. Indeed, many patients remain symptomatic after prostate surgery and the predictive factors for failure remain to be defined. Thus, preoperative urodynamics is not routinely performed even in case of OAB. De novo detrusor overactivity after radical prostatectomy can reach 77% and persists in the majority of cases. The overall relative risk of storage symptoms after radiotherapy and brachytherapy is higher than that after prostatectomy. The etiology of OAB after prostate surgery is multifactorial. While drug treatments have proven to be effective, little data exists on second-line treatments for OAB after prostate surgery.


Conclusion

OAB in men is often linked to a prostatic bladder outlet obstruction. It is essential to inform patients about the possibility of persistence, deterioration, or occurrence of OAB after prostate surgery while the predictors of surgical failure are not clearly defined.

Traitement de première intention du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique
First-line treatment for non-neurogenic overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 904-919


Introduction

L’objectif de ce travail était de faire une synthèse des connaissances actuelles sur le traitement de première ligne du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale (SCHV).


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de Pub Med, Embase et Google Scholar a été menée en juin 2020.


Résultats

Les traitements comportementaux reposent sur l’entraînement vésical et la reprogrammation mictionnelle en se basant sur le catalogue mictionnel. Des mesures hygiénodiététiques doivent être proposées. Elles incluent la diminution des apports hydriques, de la consommation de caféine, de sodas, la perte de poids, l’éviction de jus de fruits acides et d’une alimentation salée épicée et acide, l’alcalinisation des urines par régime et éventuellement, une supplémentation en vitamine D. La rééducation périnéo-sphinctérienne repose principalement sur les techniques manuelles, l’électrostimulation et/ou le biofeedback . Elle a montré son efficacité dans le traitement du SCHV. Chez la femme ménopausée, l’hormonothérapie locale permet d’améliorer l’ensemble des symptômes du SCHV. Les traitements médicamenteux oraux incluent les anticholinergiques et les bêta-3-agonistes. Ils ont une efficacité comparable et supérieure au placebo. En cas d’échec de la monothérapie, ils peuvent être associés.


Conclusion

En dehors de certaines règles hygiénodiététiques, l’efficacité des traitements de première ligne du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale a été montrée par des études prospectives contrôlées. Ils peuvent être proposés isolément ou en association.


Introduction

The aim was to synthesize current knowledge on overactive bladder (OAB) first-line treatments.


Method

A systematic literature review based on PubMed, Embase and Google Scholar was conducted in June 2020.


Results

Behavioral treatments are based on bladder training and timed voiding using a bladder diary. Lifestyle modifications should be suggested. They include reduction of fluid intake, consumption of caffeine, sodas, weight loss, avoidance of acidic fruit juices and of spicy and acidic salty diet, alkalization of urine by diet and possibly, vitamin D supplementation. Pelvic floor muscle training is mainly based on manual techniques, electrostimulation and/or biofeedback. It has been shown to be effective in treating OAB. In menopausal women, local hormone therapy improves all OAB symptoms. Oral drugs include anticholinergics and beta-3-agonists. Their efficacy is quite similar and superior to placebo. In case of failure of monotherapy, they may be combined.


Conclusion

Apart from some lifestyle modifications, the efficacy of first-line treatments for OAB has been demonstrated by prospective controlled studies. They may be prescribed individually or in combination.

Traitement du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale non neurologique réfractaire
Treatment for refractory non-neurogenic overactive bladder
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 14, 30, 920-930


Introduction

L’objectif de ce travail était de faire une synthèse des connaissances actuelles sur le traitement du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale réfractaire.


Méthode

Une revue systématique de la littérature à partir de PubMed, Embase et Google Scholar a été menée en juillet 2020.


Résultats

Actuellement, le traitement du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale réfractaire repose sur la stimulation du nerf tibial qu’elle se fasse par voie percutanée ou transcutanée, la neuromodulation sacrée et les injections intradétrusoriennes de toxine botulique. Ces traitements conservateurs ont mis au second plan les traitements chirurgicaux qui relèvent principalement de la cystectomie sus-trigonale avec entérocystoplastie d’agrandissement. Plusieurs traitements potentiels sont en cours d’évaluation mais ne peuvent aujourd’hui être proposés que dans le cadre de protocoles de recherche clinique.


Conclusion

Les traitements « conservateurs » du syndrome clinique d’hyperactivité vésicale réfractaire ont fait la preuve de leur efficacité. D’autres traitements pourraient venir enrichir les options thérapeutiques.


Introduction

The aim was to synthesize current knowledge on refractory overactive bladder treatments.


Method

A systematic literature review based on PubMed, Embase and Google Scholar was conducted in July 2020.


Results

Today, refractory overactive bladder treatment includes tibial nerve stimulation, whether percutaneously or transcutaneously, sacral neuromodulation, and botulinum toxin A detrusor injections. These conservative treatments have marginalized surgical treatments, which mainly involve supratrigonal cystectomy with augmentation cystoplasty. Several potential new treatments are being evaluated but can only be currently offered as part of clinical research protocols.


Conclusion

“Conservative” treatments for refractory overactive bladder have been shown to be effective. Other treatments could enrich the treatment options.

Bilan urodynamique : tout ce que l’infirmier(e) doit savoir
Urodynamics: All the nurse needs to know
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 939-946


Le bilan urodynamique (BUD) est un examen complémentaire permettant d’explorer les mécanismes sous-tendant des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) ou une incontinence urinaire (IU). Il implique la mesure des pressions vésicales et sphinctériennes au moyen de sondes urétro-vésicale et rectal munies de capteurs de pression mais aussi la mesure du débit urinaire et des sensations vésicales lors du remplissage. La réalisation d’un BUD est loin d’être systématique en cas de SBAU ou IU et il doit chercher à répondre à une question clinique ou thérapeutique précise. Ainsi, l’histoire clinique avec interrogatoire spécifique, l’examen physique, le catalogue mictionnel et les auto-questionnaires sont des éléments préalables indispensables. Les temps de l’examen comportent une débitmétrie, une mesure du résidu post-mictionnel, une cystomanométrie, et selon les cas une profilométrie, une étude pression débit ou des tests de sensibilisation. Les pressions sont réglées au zéro avant l’examen et la validité du matériel et du montage est testée. Ce contrôle est poursuivi pendant toute la procédure afin de s’assurer de la qualité de l’enregistrement. Tout évènement (ex. : fuite d’urine, changement de position, urgenturie) est noté pendant l’étude. Un rapport final est réalisé par le médecin. Les compétences techniques de l’IDE permettent d’assurer la fiabilité, la reproductibilité, et l’interprétabilité du BUD. Ses compétences relationnelles sont tout aussi indispensables pour instaurer une relation de confiance et garantir une atmosphère favorable pour cet examen inconfortable et invasif.


Urodynamic (UD) is an exam intended to explore the mechanisms underlying lower urinary tract symptoms (LUTS) or urinary incontinence (UI). It involves the measurement of bladder and sphincter pressures using uretrovesical and rectal catheters with pressure transducers, but also the measurement of urinary flow and bladder sensation during filling. UD is far from being systematic in the assessment of LUTS or UI and must seek to tackle a specific clinical or therapeutic question. Thus, history taking, physical examination, voiding diary and questionnaires are essential prerequisites to UD per se. UD steps include a free (unintubated) uroflowmetry, a cystometry, post-void residual measurement±an urethral profilometry, a pressure-flow study or sensitization tests. The pressures are set to zero before to start the study and the validity of the equipment is tested. This control is continued throughout the procedure to ensure the quality of the recording. Any event (e.g., urine leakage, change of position, urgency) is noted during the study. A final report is made by the doctor. The competence of the nurse ensures the reliability, reproducibility and interpretability of the UD study and the nurse's humanity guarantee f an atmosphere as favourable as possible for this uncomfortable and invasive test.

Communication entre chirurgien et IDE au bloc opératoire
Communication between surgeon and nurse in the OR
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 953-957


Le développement des nouvelles technologies chirurgicales vidéo assistées a modifié les besoins en communication en sein du binôme chirurgien–IDE aide opératoire/instrumentiste. Si le premier perd le visuel sur son environnement de par sa concentration décuplée, le second de par sa place centrale sur le champ opératoire voit donc son rôle s’enrichir d’une veille environnementale mais aussi de la réalisation de gestes hors champ visuel de l’opérateur. Il existe donc un besoin de communication sécurisée inspirée des domaines aéronautiques et industriels pour rassurer les intervenants et ce, malgré un manque de prise de conscience chez certains d’entre eux. Cette communication n’est pas naturelle et de surcroît en début d’expérience où il existe un certain degré d’inhibition. Elle doit donc être enseignée en priorité, avant même l’acquisition de la technicité.


The development of new video assisted surgical technologies has modified the interactions and the communication between the surgeon and the nurses. If the surgeon is cut off his surgical environment by his enhanced focus, the nurse, who has a central place in the OR, gets a new role enriched with an environmental survey and the realization of gestures out of operator's visual field. There is therefore a need for a safe system interaction and communication inspired by aeronautical and industrial sectors to reassure those professionals despite a lack of awareness among some of them. This safe communication is unnatural, especially during the learning phase. In this way, it must be taught as a priority even before acquiring the technical skills.

Hormonothérapie dans le cancer de la prostate : quel rôle pour l’IDE en 2020 ?
Management of hormone deprivation therapies in prostate cancer: Role of the nurse
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 958-963


Les hormonothérapies, piliers du traitement du cancer de la prostate, nécessitent une prise en charge standardisée et un suivi régulier. L’objectif de ce travail était de faire l’état des lieux des différentes hormonothérapies disponibles, leurs effets secondaires et le rôle de l’infirmier(ère) diplômé(e) d’état dans la gestion de ces thérapeutiques. L’hormonothérapie de première génération est le traitement de référence en cas de cancer de prostate métastatique. Depuis quelques années, les hormonothérapies de deuxième génération sont proposées en association avec les hormonothérapies de première génération à différents stades de la maladie. Ces molécules peuvent être à l’origine d’effets indésirables qu’il convient de surveiller et de prévenir. Ainsi, après un bilan initial, un suivi clinique et paraclinique est indispensable. Notre centre a donc mis en place un suivi par infirmier(ère) de coordination (IDEC) permettant d’optimiser l’évaluation, l’information et le suivi du patient mais également d’apporter un accompagnement psychosocial adapté au patient tout au long de son parcours de soin sous hormonothérapie. Cette fonction de suivi et d’information par l’IDEC peut être facilitée par de nouveaux outils, notamment numériques.


Hormone deprivation therapies play a key role in the treatment of prostate cancer. These treatments require standardized care and regular monitoring. The objective of this work was to review the different hormonal therapies available, their side effects and the role of a coordinating nurse in the management of these therapies. First generation hormone therapy is the standard treatment for metastatic prostate cancer. In the past years, second generation hormone therapies have been indicated in combination with first-generation hormone therapies at different stages of the disease. These molecules are responsible for several side effects that should be monitored and prevented. Thus, after an initial assessment, clinical and paraclinical follow-up are essential. Our center has set up monitoring by a coordinating nurse (IDEC) to optimize the education and follow-up of the patient, but also to provide psychosocial support adapted throughout the patient's care path under hormone therapy. This monitoring and information function by IDEC can be facilitated by new digital solutions.

La transplantation rénale, pourquoi, pour qui et comment ?
Renal transplantation, for whom, why and how ?
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 976-981


L’insuffisance rénale chronique est une diminution progressive et irréversible du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l’organisme. Les principales causes sont le diabète et l’hypertension artérielle. Avec le vieillissement de la population, il s’agit d’une maladie dont l’incidence est en augmentation. Au stade terminal de la maladie, un traitement de suppléance de la fonction rénale est nécessaire (par hémodialyse, dialyse péritonéale ou transplantation rénale). Actuellement, la transplantation rénale est le meilleur traitement de suppléance de la fonction rénale, car il est plus performant que la dialyse en termes de survie, de qualité de vie et de coût pour le système de santé. Mais il nécessite le maintien et le suivi d’un traitement immunosuppresseur. En France, les transplants rénaux sont majoritairement issus de donneurs décédés en mort encéphalique ou de donneur vivants. La transplantation rénale est une chirurgie programmée lorsque le transplant provient d’un donneur vivant, et une urgence lorsque le transplant provient d’un donneur décédé. La technique chirurgicale est standardisée et consiste à suturer l’artère et la veine du transplant sur les vaisseaux iliaques du receveur et l’uretère dans la vessie, par une incision ilio-inguinale. La survie moyenne d’un transplant est de 10 ans et certains patients peuvent successivement recevoir 1, 2, 3 ou plus transplants rénaux au cours de leur vie.


Chronic kidney disease is a gradual and irreversible decrease in the functioning of the kidneys, which no longer filter the body's blood properly. The main causes are diabetes and high blood pressure. With the aging of the population, it is a disease whose incidence is increasing. In the terminal stage of the disease, treatment of replacement of the renal function is necessary (by hemodialysis, peritoneal dialysis or renal transplantation). Currently, kidney transplantation is the best replacement treatment for kidney function, because it is more efficient than dialysis in terms of survival, quality of life and cost to the health system. But it requires the maintenance and monitoring of immunosuppressive therapy. In France, kidney transplants are mainly from deceased donors or from living donors. Kidney transplantation is a scheduled surgery when the transplant is from a living donor, and an emergency when the transplant is from a deceased donor. The surgical technique is standardized and consists of suturing the artery and vein of the transplant onto the recipient's iliac vessels and the ureter in the bladder, through an ilio-inguinal incision. The average survival time of a transplant is 10 years and some patients may receive 1, 2, 3 or more kidney transplants in succession during their lifetime.

Le rôle de l’IDE dans l’éducation thérapeutique avant opération et la mise en place d’un programme de prostatectomie totale robotique en ambulatoire
The role of the urology nurse in prehabilitation and same-day discharge robot-assited radical prostatectomy programs
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 964-969


Introduction

Le présent article a pour objectif de présenter le rôle de l’IDE dans la mise en place de séjours d’hyper-préparation (pré-habilitation) et d’un programme de prostatectomie totale robotique en ambulatoire.


Méthodes

Cet article est basé sur l’analyse de la littérature et l’expérience de notre centre.


Résultats

Afin de préparer les patients à l’intervention chirurgicale en ambulatoire, l’IDE a un rôle primordial a joué lors des séjours d’« hyper-préparation » (ou pré-habilitation). Deux semaines avant l’intervention, les équipes soignantes (infirmiers, anesthésistes, kinésithérapeutes, etc.) organisent ainsi des ateliers pour expliquer aux patients les modalités de l’opération et les soins post-opératoires afin de dissiper d’éventuelles angoisses. Des entretiens individuels et en groupe, au sein d’ateliers spécifiques (bas de contention, sonde urinaire, sexologie) sont notamment organisés avec les IDE pour répondre à toutes les questions des patients. En association avec les protocoles plus classiques de Récupération accéléré après chirurgie (RAAC), ces programmes de préparation du patient à la chirurgie ont permis d’améliorer le vécu patient, les paramètres opératoires, et de développer un programme de chirurgie ambulatoire qui représente actuellement environ un tiers des chirurgies.


Conclusion

L’implémentation des protocoles péri-opératoires permettent d’améliorer les résultats précoces de la prostatectomie totale robotique, mais également le vécu patient. L’IDE a un rôle primordial à jouer dans la mise en place de ces journées d’éducation patient et dans la préparation, l’information, l’accompagnement et le suivi du patient tout au long de son parcours d’opéré, depuis l’accueil en HP jusqu’à la sortie du patient d’ambulatoire.


Introduction

The purpose of this article is to explain the role of urology nurse in prehabilitation and same-day discharge programs for robotic radical prostatectomy.


Methods

This article is based on the analysis of the literature and the experience of our center.


Results

In order to prepare patients for outpatient surgery, urology nurse plays a key role during prehabilitation journeys. Two weeks before the operation, the healthcare teams (nurses, anesthetists, physiotherapists, etc.) organize workshops to explain to patients the operation course and post-operative care in order to allay any anxieties. Individual and group interviews, in specific workshops (compression stockings, urinary catheter, sexology) are organized in particular with urology nurse to answer all patients’ questions. In association with enhanced recovery after surgery pathway, these programs improve the patient experience and satisfaction as well as peri-operative outcomes, and allows the development of an outpatient surgery program which currently represents approximately one third of surgeries.


Conclusion

The implementation of perioperative protocols including prehabilitation improves the early results of robotic total prostatectomy, but also the patient experience. The urology nurse has a key role to play during these patient education days and in the preparation, information, support and follow-up of the patient, since the prehabilitation journey until the patient leaves the outpatient clinic.

Rôle de l’IDE en urologie fonctionnelle
Nurse's role in functional urology
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 947-952


Introduction

La prise en charge des patients en urologie fonctionnelle est complexe et nécessite une expertise de l’équipe médicale mais également de l’équipe IDE (infirmier diplômé d’état). Le but de cet article est de détailler les rôles de l’IDE en urologie fonctionnelle.


Méthodes

Des échanges avec les IDE de notre service, une analyse de la littérature en utilisant les termes « nurse  », « urology  », « urodynamics  » dans le moteur de recherche PubMed , ainsi que la recherche des textes réglementaires relatifs à la pratique des IDE en service d’urologie, ont été réalisés.


Résultats

Depuis la création du Diplôme inter universitaire d’infirmière experte en urologie, en 2002, et des protocoles de coopération interprofessionnelle, en 2009, l’urologue peut s’appuyer sur les compétences spécifiques des IDE pour optimiser le parcours patient : des explorations endoscopiques ou urodynamiques, à la stomathérapie ou à la sexologie, de l’éducation thérapeutique aux traitements spécialisés comme la stimulation du nerf tibial postérieur, la neuromodulation sacrée ou la toxine botulique. Leurs expertises est un atout indéniable dans l’accompagnement du patient et pour la qualité des soins. Les protocoles de coopération répondent aux problématiques actuelles du système de santé : attractivité pour les professionnels paramédicaux, démographie médicale et virage ambulatoire. La pratique de plus en plus fréquente des réunions de concertation pluridisciplinaire leur offre aussi un rôle de coordinateur.


Conclusion

L’IDE en urologie fonctionnelle joue un rôle majeur dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique comme interlocuteur privilégié du patient et collaborateur de l’urologue référent.


Introduction

The management of patients in functional urology is complex and requires the expertise of the medical team but also of the nurse team. The aim of this article is to detail the roles of the nurses in functional urology.


Methods

Exchanges with the nurses of our unit, analysis of the literature using the terms “nurse”, “urology”, “urodynamics” in the PubMed search engine, and a search for regulatory texts relating to the practice of nurses in urology units were conducted.


Results

Since the creation of the Inter-University Diploma of Nurse Expert in Urology in 2002 and the inter-professional cooperation protocols in 2009, the urologist can rely on the specific skills of nurses to optimise the patient's management: from endoscopic or urodynamic explorations, to stomatherapy or sexology, from therapeutic education to specialised treatments such as posterior tibial nerve stimulation, sacral neuromodulation or botulinum toxin injections. Their expertise is an undeniable asset in the patient support and for the quality of care. The cooperation protocols respond to the current problems of the healthcare system: attractiveness for paramedical professionals, medical demographics and ambulatory care. The increasingly frequent practice of multidisciplinary consultation meetings also gives them a coordinating role.


Conclusion

Nurses in functional urology plays a major role in diagnostic and therapeutic management as the patient's privileged contact and collaborator with the referring urologist.

Utilisation de l’impression 3D avant néphrectomie partielle pour tumeur du rein
Use of personalized 3D printed kidney models for partial nephrectomy
2020
- Réf : Prog Urol, 2020, 15, 30, 970-975


La néphrectomie partielle est une option thérapeutique de premier choix pour la prise en charge des tumeurs rénales. Il s’agit d’une opération chirurgicale dont la complexité et les enjeux varient en fonction de l’anatomie spécifique du patient et de sa tumeur. La modélisation 3D et l’impression 3D sont devenus un moyen de représenter et donc de visualiser la lésion tumorale ainsi que ses rapports anatomiques au sein de l’organe. Ce mode de visualisation permet au chirurgien et à son équipe mais également au patient, de se rendre compte aisément de la complexité tumorale, de la difficulté prévisible de la chirurgie et donc des risques de complications. Diverses publications ont rapporté le bénéfice pour le patient, en termes d’éducation pré-thérapeutique. Certaines ont montré un bénéfice pour l’opérateur en termes de planification chirurgicale. Enfin, des études portant sur la simulation chirurgicale préopératoire montraient des temps de tumorectomie rénale plus courts et moins de saignement quand les chirurgiens avaient pu s’entraîner avant l’opération sur le modèle imprimé en 3D correspondant. L’impression 3D représente donc un outil innovant qui permettrait d’améliorer la prise en charge du patient avant néphrectomie partielle, à travers l’information qu’elle permet de délivrer, mais également par le biais de la simulation chirurgicale.


Partial nephrectomy is a first-line treatment option for the management of renal tumors. It is a surgical procedure whose complexity and stakes vary according to the specific anatomy of the patient and his tumor. 3D modeling and 3D printing have become a means of representing and thus visualizing the tumor lesion and its anatomical relationships within the organ. This mode of visualization allows the surgeon and his team, but also the patient, to easily realize the tumor complexity, the predictable difficulty of the surgery and therefore the risks of complications. Various publications have reported the benefit to the patient in terms of pre-therapy education. Some have shown a benefit for the operator in terms of surgical planning. Finally, studies on preoperative surgical simulation showed shorter kidney lumpectomy times and less bleeding when surgeons were able to train before the operation on the corresponding 3D printed model. 3D printing therefore represents an innovative tool that would improve patient management prior to partial nephrectomy, through the information it can deliver, but also through surgical simulation.

Ablation d’une prothèse de cystocèle voie basse ulcérée dans la vessie avec réimplantation urétéro-vésicale par voie coelioscopique robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 851-852


Objectifs

Nous présentons le cas d’une patiente de 63 ans ayant bénéficié d’une cure de cystocèle et de rectocèle par voie basse 15 ans auparavant. Elle présente des infections urinaires depuis 12 mois avec une hyperactivité vésicale et un handicap fonctionnel notable. En échographie, il existe un calcul vésical immobile sur la face postérieure, latéralisé à gauche. En cystoscopie, on visualise de la prothèse et le calcul au contact de l’orifice urétéral gauche.


Méthodes

Après un premier traitement endoscopique par lithotritie laser et extraction de la partie visible de la bandelette, récidive douloureuse et infectieuse rapide pour lequel une tentative de 2e traitement endoscopique est réalisé. Persistance de la symptomatologie et absence de cicatrisation de la vessie. On propose une ablation de la prothèse par voie coelioscopique robot assistée.


Résultats

L’intervention comprend une ablation de la prothèse inter-vésico-vaginale, avec suture de la vessie et réimplantation urétéro-vésicale. La durée opératoire était de 115minutes, les pertes sanguines étaient nulles. La sonde vésicale a été retirée au 5ème jour post-opératoire. Les suites ont été marquées par une fièvre post-opératoire avec des prélèvements bactériologiques négatifs et un scanner abdominal n’objectivant pas de complications post-opératoires. La sonde JJ a été retirée à 1 mois post-opératoire.


Conclusion

La voie coelioscopique robot-assistée est une alternative intéressante pour une ablation de prothèse de cystocèle compliquée. Elle permet d’allier une voie d’abord mini-invasive avec la précision de la dissection et la facilité de reconstruction inhérentes aux instruments articulés et la vision 3D.

Adénocarcinome localisé de la prostate : résultats carcinologiques de la prise en charge de 182 patients par Focal One
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 835


Objectifs

Un adénocarcinome prostatique localisé (ISUP 1 ou 2) peut – lorsque la surveillance active n’est pas ou plus adaptée – bénéficier d’un traitement conformationnel conservateur par Hifu. L’objectif principal de cette étude est de décrire les résultats carcinologiques de cette stratégie, en termes de contrôle ou d’escalade thérapeutique.


Méthode

s Étude prospective d’une cohorte exhaustive de 219 patients traités de février 2015 à février 2020, pour un adénocarcinome prostatique par HIFU (Focal one, Edap tms, Vaux-en-Velin). Cent quatre-vingt-deux patients ont eu un primo-traitement pour adénocarcinome prostatique localisé (ISUP 1=89, ISUP 2=90, ISUP 3=3) et 37 patients un traitement de rattrapage après échec de radiothérapie (17 %). Pour les primo-traitements : âge médian 71 ans (±6,3), les patients de moins de 70 ans ont signé un consentement. PSA pré-thérapeutique médian 5,8ng/mL (45 RTUP préalables). Trois biopsies positives (±2 ;>3mm ; maximum 4 sextants) ; mpIRM positive : 74 %. Des critères composites de contrôle de la maladie ont été définis : PSA stable, pas de cible IRM, biopsies négatives. L’objectif principal était l’absence de recours à un traitement de rattrapage. Les objectifs secondaires étaient l’absence de progression carcinologique et la survie spécifique.


Résultats

Cent vingt-deux traitements partiels (de 4,9cm3 à 29,7cm3) et 60 traitements subtotaux (>70 % du volume de la glande) ont été réalisés. Vingt-cinq patients ont eu 2 sessions d’HIFU. Six perdus de vue (suivi<1 an). La médiane des PSAnadir fut de 1,56 (±1) ng/mL. Avec un recul médian de 33 mois, 28/182 (15,3 %) 12 ISUP 1 vs 16 ISUP2-3 ont nécessité un traitement radical de rattrapage (15 prostatectomies, 13 radiothérapies). Un traitement partiel a permis 82 % de contrôle vs 92 % pour un traitement subtotal. Pas de métastase, pas de décès spécifique.


Conclusion

Le traitement par Focal One permet respectivement 87 % et 83 % de contrôle des adénocarcinomes prostatiques localisés ISUP1 et ISUP2-3 (ayant au maximum quatre sextants envahis). Il permet de préserver la prostate de 84,3 % des patients sélectionnés, sans empêcher un traitement radical de rattrapage éventuel dont l’indication dépend des données de la surveillance active post-HIFU. Le repérage conformationnel peropératoire, basé sur l’IRM pré-thérapeutique, est un avantage technique incontestable qui devrait améliorer les résultats du traitement partiel mais dont on peut encore espérer une optimisation grâce aux progrès attendus de l’imagerie.

Amélioration de la classification du risque intermédiaire du cancer de la prostate avec les données IRM et anatomopathologiques standards
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 776


Objectifs

Le cancer de la prostate de risque intermédiaire est désormais classé en pronostic favorable et défavorable, en fonction du score ISUP, du PSA, du toucher rectal et du pourcentage de biopsies positives. Notre objectif était d’évaluer l’apport de l’imagerie et des biopsies ciblées pour améliorer cette classification à partir de l’analyse du stade histopathologique après prostatectomie totale.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective unicentrique ayant inclus les patients avec un CaP de risque intermédiaire traités par prostatectomie radicale (PR) entre janvier 2016 et décembre 2019. Une imagerie prostatique par résonance magnétique (IRM) 1,5T préopératoire était réalisée. Le CaP avec des critères histopathologiques défavorables (CHD) a été défini par tout pT3-4 et/ou pN1 et/ou de grade (ISUP) ≥3 sur la pièce de prostatectomie. Les performances de la classification standard du risque intermédiaire et de différents modèles basés sur les données cliniques, d’imagerie, anatomopathologiques et radiomiques pour la prédiction de CHD ont été évaluées par régression logistique binaire.


Résultats

Au total, 419 patients ont été analysés. Le risque intermédiaire défavorable était associés aux CHD du CaP (p <0,001). En analyse multivariée, le pourcentage de grade 4 des biopsies systématiques, un score de PI-RADS ≥4 et le volume prostatique étaient des facteurs prédictifs indépendants de CHD (OR=1,03, p <0,001 ; OR=2,88, p =0,004 et OR=0,9, p =0,002 respectivement) étaient utilisés pour créer un modèle prédictif de CHD. Dans notre étude, ces critères étaient seulement significatifs en analyse univariée (p <0,001 et p =0,008, respectivement). Un modèle comprenant le pourcentage de grade 4 sur les biopsies systématiques, un score ISUP ≥3 sur les biopsies ciblées, et un score PI-RADS ≥4 et l’extension extra prostatique à l’IRM permettait de prédire la présence de CHD avec une AUC de 0,81 vs une AUC de 0,62 avec la classification standard du risque intermédiaire.


Conclusion

L’intégration des caractéristiques d’imagerie et des biopsies standards et ciblées permet d’améliorer la sous-classification standard du risque intermédiaire et de mieux prédire la présence de critères défavorables sur la pièce de prostatectomie.

Analyse comparative de la prostatectomie totale par cœlioscopie assistée par robot (PTLRA) versus cœlioscopie standard (PTL)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 730


Objectifs

Nous présentons les résultats fonctionnels urinaires et oncologiques d’une étude comparative monocentrique mono-opérateur entre robot et cœlioscopie classique.


Méthodes

Entre mai 2015 et septembre 2018, 168 prostatectomies consécutives ont été réalisées par le même opérateur dans un même centre.

Deux groupes de patients ont été identifiés : PTL n =78 et PTLRA n =90. Une lymphadénectomie ilio-obturatrice a été réalisée lorsque le taux de PSA était ≥10ng/mL et/ou que le Gleason 4 figurait comme contingent majoritaire sur les biopsies.

Rétrospectivement, les groupes de patients ont été comparés quant à leur âge, les caractéristiques biopsiques et cliniques de leur cancer prostatique (âge, IMC, PSA préopératoire, IRM préopératoire, score de Gleason, pourcentage de biopsies positives/nombre biopsies totales, pTNM).

Les données per- et postopératoires prises en compte ont été : le temps opératoire, les pertes sanguines, les complications per- et postopératoires. Les résultats carcinologiques pris en compte ont été : l’existence de marges positives sur la pièce, les taux de PSA à un, six mois et un an. Les résultats fonctionnels ont pris en compte la continence à un mois, six mois et un an colligée par un auto-questionnaire ICIQ.


Résultats

Les patients du groupe PTL étaient significativement plus jeunes (63,5 vs 67,2 ans ; p <0,001).

Aucune différence significative n’a été mise en évidence par l’analyse des taux de PSA préopératoire (p =0,27) ainsi que le volume prostatique (p =0,77). Les scores de Gleason moyen sur la pièce opératoire étaient sans différence significative entre les deux groupes. La répartition des tumeurs selon la classification pTNM est détaillée pour chacun des groupes, il n’existait pas de différence significative dans la répartition T2/T3 dans les deux groupes étudiés (21 % pT3 pour PTL vs 18 % pour PTLRA ; p =0,12). Pas de différence significative aussi du temps opératoire moyen entre les deux groupes (105min PTL et 115min PTLRA ; p =1,2).

Les pertes sanguines durant la PTLRA étaient moins importantes (320mL vs 570mL ; p <0,001).

Le taux de marge positive était significativement plus élevé pour les stades pT2 dans le groupe PTLRA (14 vs 2 ; p <0,001), sans différence significative pour les pT3 (17 % vs 15 %). Les taux de récidive biologique étaient comparables à 3, 12 et 24 mois postopératoires.

Pas de différence significative de l’ICIQ à 1 et 6 mois entre PTLRA et PTL (moyenne de 6,5 et 4,9 respectivement à 1 mois ; p =0,62 et moyenne de 4,9 et 4,1 à 6 mois ; p =0,86).

Ni l’IMC, ni l’âge, ni le poids prostatique influençaient la continence urinaire dans les deux groupes.


Conclusion

Les études randomisées comparant les techniques chirurgicales de prostatectomies totales sont rares.

Dans cette étude, les patients opérés en laparoscopie semblent satisfaits plus précocement de leur fonction urinaire. Les résultats anatomopathologiques sont plus nuancés : le taux de marge positive dans le groupe PTLRA est plus élevé, en particulier rapporté aux pT2 mais sans augmenter le taux de récidive biologique. Les études ultérieures devront définir si les marges sont un artéfact de manipulation peropératoire ou imputables directement à la procédure chirurgicale.

Analyse comparative entre l’énucléation endoscopique de la prostate et l’adénomectomie prostatique robot-assistée : résultats d’une base de données nationale américaine
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 825-826


Objectifs

L’énucléation endoscopique de la prostate (EEP) et l’adénomectomie prostatique robot-assistée (APR) sont deux traitements réservés aux adénomes prostatiques obstructifs de gros volumes. Peu de données sont disponibles comparant les deux procédures. Dans cette étude, nous comparons les résultats périopératoire de l’EEP et l’APR utilisant une grande base de données nationale américaine.


Méthodes

Nous avons utilisé la base de données du programme national d’amélioration de la qualité chirurgicale du Collège américain des chirurgiens (ACS-NSQIP) pour sélectionner les deux procédures (EEP ou APR) entre 2008 et 2017. Nous avons comparé les complications chirurgicales classées par système d’organes, la durée d’hospitalisation, le temps opératoire, le taux de réintervention, et le taux de mortalité entre les deux procédures. Pour évaluer l’effet du choix de la procédure sur les résultats opératoires, nous avons effectué une régression logistique multiple et une analyse utilisant le score de propension pour mieux évaluer l’effet individuel du traitement.


Résultats

L’analyse a été conduite sur 2867 patients qui ont subi une EEP et 234 patients qui ont reçu une APR. Les caractéristiques démographiques et les comorbidités étaient identiques entre les deux groupes. D’après l’analyse de régression multiple, l’APR était associée à un temps opératoire>90minutes et une durée d’hospitalisation>1 jour avec des coefficients de probabilités de [12,78 ; (7,37–22,17)] et [11,46 (8,37–15,70)], respectivement. En comparaison à l’EEP, l’APR était liée à plus de thrombose veineuse profonde [4,48 ; (1,13–17,74)] et de transfusion sanguine en périopératoire [5,94 (3,01–11,76)]. En outre, le score de propension a révélé plus de complications cardiovasculaires et de mortalité parmi ceux qui ont subi une APR (p =0,009 et p =0,036, respectivement) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

L’EEP et l’APR sont deux techniques dédiées au traitement de larges adénomes prostatiques. Notre étude est la plus grande comparant ces deux procédures. Les résultats indiquent que l’EEP possède un profil plus sûr pour le traitement de l’obstruction urinaire.

Analyse in vitro de l’efficacité de la lithotritie laser : quel modèle utiliser ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 709-710


Objectifs

L’étude in vitro de la lithotritie laser (LL) utilise des calculs humains (CH) ou synthétiques (CS). Devant l’augmentation de la pulvérisation laser (Dusting ), peu d’échantillons humains sont disponibles. Les CS sont donc privilégiés, confectionnés par mélange d’eau et de plâtre, avec la problématique de leur réhydratation lors des LL. L’objectif était de comparer les volumes d’ablation (VA) entre CS homogènes (CSHo) ou hétérogènes(CSHe), et par rapport au poids ablaté (PA).


Méthodes

Les CSHo et CSHe durs (COM) ou tendre (UA) étaient confectionnés par mélange de BégostonePlus (Bégo®) et brassage lent ou rapide avec exsufflation, respectivement. Des fibres laser (Boston Scientific®) connectées au TFL (IPG Photonics®) 50W (272μm ou 150μm) ou au MH1 Ho :YAG 30W (Rocamed®) (272μm) ont été utilisées selon trois paramètres laser (« fine dusting » [FD : 0,15J/100Hz], « dusting » [D : 0,5J/30Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15Hz]). Une émission laser de vingt secondes était réalisée respectant une spirale de rayon 4mm en contact avec les CS cubiques de 10mm, préalablement pesés et immergés. Après séchage, les calculs étaient pesés et scannés (Quantum FX, Perkin Elmer). Les volumes d’ablation étaient mesurés par segmentation (3DSlicer [NIH]) (Fig. 1). La corrélation PA-VA (cPA-VA) était évaluée pour chaque groupe.


Résultats

Avec les CSHe, les VA en Dusting étaient quatre et trois fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05). En Fragmentation, les VA étaient deux fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05) respectivement (Tableau 1). Avec les CSHo cette différence n’était plus significative contre UA en Dusting (p =0,08) et Fragmentation (p =0,09). L’utilisation des CSHo était associée à des différences non significatives entre TFL-150μm et TFL-272μm, et entre TFL-150μm et Ho :YAG-272μm. La cPA-VA était supérieure en cas de CSHo par rapport au CSHe (0,853 versus 0,428, p <0,0001). Cette différence était également retrouvée pour les COM et UA (Tableau 2). Si la cPA-VA était acceptable en cas de COM (CSHo ou CSHe), il n’est pas possible d’utiliser l’approximation du VA par le PA en cas d’UA.


Conclusion

L’efficacité in vitro d’une LL est plus précise en utilisant les VA plutôt que les PA. L’approximation du VA par le PA est acceptable et moins coûteuse en cas de CSHo et dur (COM) bien que les calculs urinaires ressemblent plus aux CSHe (COM ou UA).

Anastomose gonado-iliaque dans le cadre d’un nutcracker syndrome
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 849


Objectifs

Le traitement du Nutcracker Syndrome (NS) ou syndrome de casse-noisettes est mal codifié. Il peut aller du traitement symptomatique à la néphrectomie en fonction de l’intensité de la symptomatologie. La possibilité d’un traitement chirurgical conservateur peu invasif est à investiguer. Ce travail consiste à évaluer l’efficacité d’une anastomose gonado-iliaque à gauche pour diminuer l’hyperpression et ainsi améliorer la symptomatologie.


Méthodes

La patiente présentait un NS marqué avec une veine gonadique dilatée engendrant des varices pelviennes importante engendrant ses douleurs. L’intervention réalisée est une anastomose gonado-iliaque gauche latéro-latérale robot assistée. L’anastomose est réalisée au Prolène 4-0.


Résultats

La patiente était apyrétique et non douloureuse dans les suites. Elle est sortie d’hospitalisation au 2e jour post opératoire avec une thromboprophylaxie de 15jours. Elle sera revue à 6 mois de son intervention afin de s’assurer de l’absence de récidive des douleurs.


Conclusion

L’anastomose gonado-iliaque latéro-latérale dans la prise en charge d’un NS avec une veine gonadique dilatée est une technique simple et peu invasive comparée à une auto-transplantation, sans toutefois rendre impossible la réalisation de cette intervention en cas d’échec.

Apport prédictif d’une signature moléculaire à la classification pronostique CAPRA des cancers de prostate avant prostatectomie radicale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 775


Objectifs

Le score pronostique de CAPRA est clinicobiologique et permet d’estimer le risque de récidive d’un cancer de prostate (CaP) après traitement. Des récentes études préliminaires ont mis en évidence l’existence de sous-groupes moléculaires pronostiques dans les CaP. L’objectif de cette étude était d’évaluer le risque de récidive du CaP après prostatectomie radicale (PR) à partir de données moléculaires issues de biopsies de prostate.


Méthodes

À partir de la cohorte ProGene ont été inclus des patients ayant eu une PR entre 2008 et 2011 dans 2 hôpitaux universitaires. Les données suivantes ont été recueillies : âge, facteurs de risque de CaP, grade ISUP de la biopsie, caractéristiques IRM, CAPRA préopératoire, récidive après prostatectomie. Une extraction de l’ARN à partir des biopsies de prostate a été réalisée ainsi qu’une étude quantitative d’expression de 37 gênes d’intérêt à l’aide du système multiplex Nanostring nCounter©. Le critère de jugement principal était la survenue d’une récidive biologique. Un score moléculaire (Nano) prédictif a été calculé pour chaque patient et évalué par courbes ROC.


Résultats

Au total, 121 patients ont été inclus dans l’étude. L’âge moyen au diagnostic était 62 ans (SD=5,8), 12 patients (9,9 %) avaient un antécédent familial de CaP et 70 (57,9 %) avaient un score de CAPRA préopératoire<3. La durée moyenne du suivi était de 7,5 ans (SD=3) et 25 patients (20,7 %) ont récidivé. L’analyse exploratoire a révélé 3 groupes Nano distincts. Deux patients du groupe Nano 0 ont récidivé (5,4 %) tandis que 12 patients du groupe Nano 2 ont récidivé (50 %). La courbe de Kaplan–Meier (Fig. 1) montrait une différence de survie sans récidive significative en faveur du groupe Nano 0 (10,8 années) comparé au groupe Nano 2 (8,2 années, p =0,001). L’aire sous la courbe du score Nano pour la récidive était de 0,81 contre 0,72 pour le score de CAPRA.


Conclusion

L’utilisation d’un score reposant sur l’expression de 37 biomarqueurs sur des biopsies de prostate est un outil efficace d’estimation du risque de récidive après PR pour un CaP. Son coût modéré ainsi que le faible nombre de biomarqueurs à tester en font un outil qui pourrait être déployé à plus large échelle.