Les cancers de la prostate associés à un test urinaire PCA3 faussement négatif sont des cancers moins agressifs

25 novembre 2015

Auteurs : V. Vlaeminck-guillem, M. Devonec, P. Paparel, D. Champetier, M. Decaussin-petrucci, P. Perrin, A. Ruffion
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 726
Objectifs

Certains cancers de la prostate sont associés à un test urinaire PCA3 faussement négatif. Leur proportion est variable, dépendante du seuil utilisé pour considérer le test comme positif ou négatif. L’objectif de cette étude était de rechercher en quoi ces cancers avec PCA3 bas sont différents des cancers avec PCA3 élevé.

Méthodes

Notre étude, monocentrique, a déterminé le score urinaire PCA3 (kit Progensa, Hologic–GenProbe®) chez 1015 patients adressés pour biopsies prostatiques du fait d’une suspicion de cancer prostatique. Ont été considérés comme cancers avec PCA3 bas (CaP/PCA3) les cancers associés à un score PCA3<20 et comme cancers avec PCA3 élevé (CaP/PCA3+) les cancers associés à un score PCA3100. Parmi les 480 patients avec biopsies positives, 61 (13 %) avaient un score PCA3<20 (CaP/PCA3) et 111 (23 %) avaient un score PCA3 ≥100 (CaP/PCA3+).

Résultats

Les patients avec un CaP/PCA3 étaient plus jeunes (âge médian : 62 vs 67 ; p <0,001), avec un PSA médian plus bas (5,6 vs 6,3 ; p =0,032) et un TR plus rarement suspect (8 vs 21 % ; p =0,033). Le volume prostatique, la notion d’un antécédent familial de CaP ou de biopsies prostatiques négatives, la prise d-I5AR n’étaient pas des facteurs prédictifs d’un score PCA3 faussement bas. Les cancers CaP/PCA3- étaient plus petits avec un nombre et une proportion de carottes envahies significativement plus bas (respectivement 2 vs 4 et 14 % vs 33 % ; p <0,001), une moindre longueur totale de tissu envahi (4mm vs13mm ; p <0,001), une moindre proportion de tissu envahi (par rapport au tissu prélevé par les biopsies) (2 vs 7 % ; p <0,001). Ils étaient plus souvent de score de Gleason 6 (67 % vs 45 % ; p =0,005).

Conclusion

Les CaP avec un score PCA3 faussement négatif (<20) surviennent chez des patients plus jeunes, sont de volume plus faible et de score de Gleason plus souvent à 6 que les cancers avec score élevé (≥100). La confrontation avec des marqueurs moléculaires d’agressivité devait permettre de déterminer s’il s’agit de cancers découverts plus tôt ou de cancers d’agressivité réellement moindre.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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