Les aspects neurologiques de la fistule vésico-vaginale d'origine obstétricale.

16 juillet 2001

Mots clés : fistule uro-génitale, insuffisance sphinctérienne, Électromyographie, Accouchement
Auteurs : Mensah A, Ba Mamadou, Gueye SM, Sylla C, Ndoye AK, Moreira P, Fall A, Labou I
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 398-402
BUT : Etudier les altérations électromyographiques du sphincter urétral des muscles périnéaux et des membre inférieurs observées chez les porteuses de fistule vésico-vaginale d'origine obstétricale. METHODES : Nous avons comparé un groupe de 22 femmes porteuses de fistule vésico-vaginale obstétricale à un lot témoin de 10 femmes sans fistule. Chaque femme a eu un examen neurologique du périnée et des membres inférieurs et un électromyogramme des membres inférieurs et du sphincter urétral. Les fistules, selon la classification proposée par Mensah [2] se répartissaient en simples (54%), complexes (32%) et compliquées (14%).
RÉSULTATS : Vingt patientes porteuses de FVV présentaient une atteinte nerveuse périphérique. Chez cinq d'entre elles la lésion était clinique et électromyographique, alors que chez les quinze autres l'atteinte était infra-clinique. Au niveau du périnée, 68% des fistuleuses ont présenté une neuropathie clinique. Cette atteinte était retrouvée à l'électromyographie chez toutes les porteuses de fistule. La lésion était à type de dénervation qui allait de modérée (36%) à grave (64%). Dans le groupe témoin aucune lésion neurologique n'a été retrouvée. Le degré de dénervation a été plus sévère chez les femmes jeunes (21-25 ans) et chez les primipares. En revanche, la gravité de la dénervation ne semblait pas être liée à l'ancienneté de la fistule. Plus la dénervation était sévère plus grand était le risque d'échec thérapeutique. 73% des fistules avec dénervation grave sont restées "insuturables", ou ont nécessité des interventions multiples avec des résultats décevants à type de dysfonctionnement vésico-sphinctérien persistant.
CONCLUSION : Si les troubles psycho-sociaux et le retentissement sur le haut appareil sont bien évalués, l'atteinte neurologique périphérique a toujours été sous-estimée dans la prise en charge des fistules vésico-vaginales d'origine obstétricale. Nous pensons que la fistule n'est que la manifestation apparente des "dégâts neuro-vésicaux" qui reste déterminante dans le pronostic. Ils expliquent pour une bonne part la grande fréquence des échecs thérapeutiques.