Le TGFBI est un marqueur d’agressivité des carcinomes rénaux à cellules claires

25 novembre 2013

Auteurs : P. Bigot, G. Verhoest, S. Lebdai, M. Ammi, S.F. Jacquet, K. Bensalah, N. Rioux-Leclercq, A. Azzouzi
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1018




 

Objectifs .- Nous avons identifié par une approche protéomique 346 protéines dont l'expression était modifiée entre le tissu rénal sain et le carcinome rénal à cellules claires (CRCC). Parmi ces protéines, le TGFBI était particulièrement surexprimé dans les tumeurs de haut score SSIGN. De par son action sur les jonctions intercellulaires endothéliales, le TGFBI favorise l'extravasation des cellules cancéreuses et leur dissémination. Il est surexprimé dans plusieurs cancers et est un marqueur prédictif de réponse aux chimiothérapies dans le cancer du poumon. L'objectif de cette étude était de confirmer la valeur pronostique du TGFBI dans le CRCC et d'étudier sa capacité prédictive dans la réponse au sutent.


Méthodes .- La présence d'une expression cytoplasmique et/ou membranaire du TGFBI a été évaluée par immuno-histochimie à partir de 135 échantillons tumoraux congelés et a été corrélée au grade de Fuhrman, au stade TNM, à la présence de nécrose tumorale, au score SSIGN, à la survie et à la réponse au sutent.


Résultats .- Au terme d'un suivi médian de 46 mois (1-117), 57 (42,2 %) patients ont présenté une progression tumorale et 45 (33 %) sont décédés de leur cancer. Le TGFBI était exprimé dans 58 (43 %) tumeurs et était observé principalement dans le cytoplasme des cellules tumorales (n =46, 79,3 %). Une association significative était constatée entre un marquage cytoplasmique et un stade tumoral>T2 (p =0,001), un grade de Fuhrman>II (p <0,0001), une taille tumorale>4cm (p =0,001), une nécrose tumorale (p <0,0001), un envahissement ganglionnaire (n =0,008), des métastases (p <0,0001), un score SSIGN≥5 (p <0,0001), une progression tumorale (p <0,0001) et un décès spécifique (p =0,013). La survie spécifique était significativement prolongée dans le groupe de patients ne présentant par d'expression cytoplasmique au TGFBI (survie à 1 et 3ans de 95,43 %, 90,77 % vs 88,82 %, 77,44 %, p =0,0031). Dans le groupe de patients traités par sutent (n =30), l'expression cytoplasmique du TGFBI n'était pas prédictive de la réponse au traitement (p =0,418).


Conclusion .- L'expression cytoplasmique du TGFBI ne semble pas être prédictive de la réponse au sutent mais est corrélée à l'agressivité des tumeurs, tant sur le plan histologique que sur le plan clinique.




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