Le taux d’apoptose lymphocytaire radio-induit CD8 prédicteur de la toxicité pelvienne après radiothérapie prostatique : résultats de l’étude prospective multicentrique française

25 novembre 2019

Auteurs : D. Azria, G. Créhange, F. Castan, Y. Belkacemi, J. Lagrange, T. Nguyen, O. Chapet, F. Mornex, G. Noel, E. Lartigau, D. Pasquier, S. Clippe, C. Hennequin, S. Gourgou, M. Brengues, P. Fenoglietto, M. Farcy-Jacquet, M. Ozsahin
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 745
Objectifs

Des cohortes monocentriques ont suggéré que le taux d’apoptose lymphocytaire radio-induit CD8 (RILA) peut prédire les toxicités pelviennes (pt+) tardives après radiothérapie (RT) prostatique en intention curative. Nous avons évalué le rôle du RILA comme prédicteur de pt+ après radiothérapie prostatique dans un essai prospectif multicentrique français.

Méthodes

Au total, 383 patients (pts) ont été inclus dans 8 centres français et traités par RT pour un cancer de prostate. Le RILA a été réalisé en cytométrie de flux avant la RT. La RT a été délivrée en IMRT selon des volumes correspondant aux risques pronostiques (prostate+vésicules séminales 80Gy ; prostate+pelvis 74Gy ; loge prostatique 66Gy). L’impact du RILA sur les toxicités pelviennes (objectif principal) ou sur les récidives a été évalué en utilisant la méthode des risques compétitifs. Les analyses de type receiver-operator characteristic (ROC) ont été réalisées en intention de traiter. Cette étude a été enregistrée sur ClinicalTrials.gov (NCT00893035).

Résultats

Au total, 352 ont reçu la radiothérapie avec un tube de sang analysable. Au total, 222 (63 %), 83 (23,6 %) et 47 (13,4 %) pts ont reçu respectivement une RT sur la prostate, la loge (prostatectomie) et le pelvis-prostate. Une hormonothérapie concomitante a été administrée chez 54 %. Avec un suivi médian de 38 mois, les taux de toxicités tardives (grade 1–3) urinaires et digestives étaient respectivement de 22,7 % et de 11,7 %.

L’incidence des pt+ de grade2 diminuait lorsque les pourcentages de RILA augmentaient (p =0,03). Le risque de pt+ de grade ≥ 2 diminuait de moitié lorsque le RILA était supérieur à 24 %. Les symptômes urinaires initiaux pré-RT et une dose délivrée à 50 % du rectum>31Gy augmentaient indépendamment le pt+. Le risque était diminuée avec le RILA>15 %.

Conclusion

Le RILA prédit significativement le risque de pt+ associé à la présence de symptômes urinaires pré-thérapeutiques et d’une dose rectale élevée. Cette étude valide l’utilisation du RILA dans un nomogramme multiparamétrique en pratique clinique et permet de guider les praticiens et les patients dans la pertinence du choix entre prostatectomie et radiothérapie externe.




 




Déclaration de liens d'intérêts


PHRC 2005.






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