Le pédicule polaire inférieur dans une série de 84 syndromes de la jonction pyélo-urétérale opérés chez l'enfant

16 octobre 2001

Mots clés : Rein, Uretère, artère rénal
Auteurs : LOPEZ C, A'CH S, VEYRAC C, MORIN D, AVEROUS M
Référence : Prog Urol, 2000, 10, 638-643
But:Evaluer l'implication et le retentissement du pédicule polaire inférieur (PPI) lorsqu'il s'associe à un syndrome de la jonction pyélo-urétérale. Matériel et Méthode:Etude rétrospective chez 81 enfants portant sur 84 syndromes de la jonction pyélo-urétérale opérés consécutivement entre 1994 et 1998. Une échographie de l'appareil urinaire et une cystographie sont réalisées systématiquement. Une scintigraphie rénale (DTPA ou MAG 3) est réalisée chez 80 enfants. Une urographie intraveineuse à titre préopératoire est pratiquée chez 60 enfants. Le PPI est considéré comme présent lorsque sa participation à l'obstruction est confirmée en per-opératoire (technique d'Anderson Hynes avec décroisement du pédicule vasculaire). Résultats:le groupe I : un PPI est retrouvé pour 24 reins (28,5% des cas), 17 reins gauches et 7 reins droits, chez 14 garçons et 10 filles, de 4 ans d'âge moyen (2 mois - 14 ans). Le groupe II : 60 reins sans PPI (71,5% des cas), 32 reins gauches et 28 reins droits, chez 40 garçons et 17 filles, de 2 ans d'âge moyen (1 mois - 15 ans). Le mode de révélation le plus fréquent correspond à des douleurs lombaires récidivantes, dans 58% des cas du groupe I (14/24) et dans 5% des cas du groupe II (3/60). L'âge moyen du diagnostic est alors de 6 ans. L'hydronéphrose est décelée par l'échographie anténatale dans 33% des cas du groupe I (8/24) et dans 72% des cas du groupe II (43/60). Sur le plan fonctionnel, pour le groupe I, 19 ont une fonction supérieure à 40%, 2 comprise entre 20 et 39%, 2 inférieures à 20%. Ces résultats ne sont pas influencés par l'âge au moment du diagnostic et ne sont pas significativement différents de ceux du groupe II. Une mal-rotation rénale est notée 2 fois dans le groupe I et 12 fois dans le groupe II. L'histologie de la jonction retrouve une fibrose non spécifique dans le même pourcentage de cas (91%) dans les deux groupes. Le suivi moyen est de 15 mois (2 mois - 5 ans). Aucun échec chirurgical n'est observé. Conclusion:Le syndrome de la jonction pyélo-urétérale associé à un PPI apparaît de révélation tardive devant une symptomatologie douloureuse récidivante chez un grand enfant. Il ne grève pas le pronostic fonctionnel du rein atteint. L'examen Doppler couplé à l'échographie permet sa visualisation. Il pourrait agir comme un inducteur de l'obstruction en aggravant une anomalie préexistante de la jonction pyélo-urétérale. Lorsque le PPI s'associe à une dilatation isolée des cavités pyélo-calicielles, le risque de décompensation ultérieure implique un suivi échographique plus rapproché et prolongé jusqu'à la puberté.