Le médecin généraliste face aux troubles mictionnels de l'homme de plus de 50 ans. 250 médecins interrogés en Bretagne.

16 juillet 2001

Mots clés : symptôme mictionnel, personne âgée, exercice professionnel, Médecine générale
Auteurs : Coeurdacier P, Staermann F, Thoquenne G, Cipolla B, Guillé F, Lobel B
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 52-59
Un questionnaire a été envoyé à 250 médecins généralistes exerçant dans la région Bretagne, pour connaître l'impact des informations diffusées en matière d'hypertrophie bénigne de prostate (HBP) et de cancer de prostate sur leurs pratiques quotidiennes face aux troubles mictionnels de l'Homme de plus de 50 ans. 225 questionnaires sont exploitables. 75% des médecins recherchent de principe l'existence de troubles mictionnels à la consultation. En leur présence, 76% des praticiens les explorent dans la crainte d'un cancer de prostate. 89% des médecins pratiquent un toucher rectal de première intention, 34% d'entre eux le font annuellement à titre systématique. Les explorations les plus pratiquées après le toucher rectal concernent l'état des urines (50%) mais 30% seulement des médecins utilisent une bandelette réactive et 43% un ECBU. Viennent ensuite l'échographie endo-rectale (31%), le dosage du PSA (26%). 3% des demandes de PSA sont faites avant le toucher rectal. L'échographie rénale et vésicale est reléguée à la 5ème place des examens prescrits, bien que la distension du haut-appareil inquiète 51% des généralistes. En cas d'HBP symptomatique, les médecins prescrivent facilement un traitement médical (96%). Ils apprécient le résultat de ce traitement sur l'évolution des troubles mictionnels (95%), le toucher rectal (91%), les PSA (50%). Les médecins sont familiers des troubles mictionnels après 50 ans. Pourtant, 25% ne les recherchent pas encore à l'interrogatoire. La pratique du toucher rectal se développe même si le contrôle systématique de la prostate est rare (34%). Le dosage du PSA n'est pas la première préoccupation du médecin (3ème rang des examens). Deux examens sont peu utilisés et mériteraient d'être développés: la bandelette réactive (30%) et l'échographie rénale et vésicale (5ème rang des examens). Seulement 4% des médecins s'abstiennent de tout traitement devant une HBP non compliquée, ce qui ne va pas dans le sens des recommandations actuelles. Des efforts restent certainement à faire pour mieux informer les médecins généralistes, mais cette information ne se conçoit que si elle fait préalablement l'objet d'un consensus entre urologues.