Le cancer de la prostate, évolution de l’incidence et de la mortalité en France entre 1980 et 2011

25 juillet 2015

Auteurs : P. Grosclaude, A. Belot, L. Daubisse Marliac, L. Remontet, N. Leone, N. Bossard, M. Velten, le réseau Francim h
Référence : Prog Urol, 2015, 9, 25, 536-542

Le cancer de la prostate est devenu depuis deux décennies le cancer le plus fréquent chez l’homme. Ce travail décrit l’évolution de l’incidence et de la mortalité de 1980 à 2011 pour l’ensemble de la France.

Méthode

Les données d’incidence proviennent des registres de cancer. L’estimation de l’incidence nationale est basée sur l’utilisation de la mortalité comme corrélat de l’incidence.

Résultats

Après une très forte augmentation de l’incidence entre 1980 (24,8/100 000) et 2005 (124,5/100 000), on observe une baisse très nette depuis (97,7/100 000, en 2011). Plus l’âge est élevé, plus la baisse est ancienne. L’évolution de la mortalité est très différente puisqu’on observe une baisse régulière depuis la fin des années 1990 (de 18/100 000 en 1990 à 10,5/100 000 en 2011). La baisse est d’autant plus ancienne que les sujets sont jeunes.

Conclusion

Ce type d’évolution s’observe dans tous les pays où l’usage du PSA avait provoqué une augmentation importante des diagnostics.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


Le cancer de la prostate est devenu depuis deux décennies en France, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe, le cancer le plus fréquent chez l'homme. Son incidence a augmenté depuis le début des années 1980 sous l'influence de la détection de cancers latents lors de résections endoscopiques puis de l'amélioration des techniques de biopsie. L'utilisation du dosage sanguin de l'antigène spécifique de la prostate à partir des années 1990 a accéléré cette croissance si bien qu'en 2005 on estimait à plus de 62 000 le nombre de nouveaux cas de cancers prostatiques [1]. Ce chiffre faisait de ce cancer un vrai problème de santé publique, non pas à cause de l'apparition d'un facteur de risque du cancer de la prostate, mais plutôt du fait de l'évolution des techniques diagnostiques permettant de détecter plus de cancers. En effet, dans le même temps, la mortalité qui lui est imputable n'augmentait pas ; au contraire elle diminuait, ce qui évoquait bien une augmentation des diagnostics puisant dans un réservoir de cas latents et peu évolutifs. Ce phénomène était observé dans tous les pays de l'ouest européens ainsi qu'aux États-Unis où on avait observé dès 1993 une rupture brutale de la tendance, puisqu'à une augmentation annuelle de l'incidence de 16 % avait suivi une diminution annuelle de 11 % jusqu'en 1995, puis une stabilisation. Toutefois, au milieu des années 2000, l'incidence du cancer de la prostate continuait d'augmenter en France.


Le travail présenté ici a pour but de décrire l'évolution de l'incidence et de la mortalité par cancer de la prostate de 1980 à 2011 pour l'ensemble de la France métropolitaine, et de la comparer aux observations récentes faites dans d'autres pays d'Europe.


Matériel et méthode


Pour les cas incidents, les données proviennent de la base commune des registres du réseau FRANCIM, administrée par le service de biostatistiques des hospices civils de Lyon (HCL). Les données de 12 registres ayant au moins 5 années d'enregistrement ont été utilisées.


Les informations sur tous les décès par cancer de la prostate survenus en France sur la même période ont été fournies par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (Inserm, CépiDc).


Les données de population utilisées dans le calcul des taux proviennent de l'Institut de statistique et des études économiques (Insee) pour chaque département et pour chaque année de 1975 à 2011.


Les registres de cancers ne couvrant pas l'ensemble de la France métropolitaine, mais seulement environ un cinquième du territoire, l'incidence nationale est obtenue par modélisation en multipliant le rapport incidence/mortalité observé dans la zone registre par la mortalité de la France. Les estimations de l'incidence et la mortalité de la zone registre ainsi que de la mortalité France entière ont été produites à l'aide de trois modèles statistiques distincts. Pour le cancer de la prostate, l'incidence de la zone registre présente de fortes variations dans les années récentes (forte baisse depuis 2005) après une augmentation continue depuis 1980. Les tendances sont donc complexes car dépendantes de l'évolution des pratiques médicales : elles ne pouvaient donc pas être restituées avec les modèles âge-période-cohorte « classiques » plus adaptés à la prise en compte de facteurs de risque étiologiques. Nous avons donc utilisé des splines bi-dimensionnelles qui permettent de rendre compte de ces interactions complexes [2, 3].


Les risques cumulés de présenter un cancer de la prostate ou d'en mourir avant 75ans en fonction de l'année de naissance sont obtenus à partir d'une projection du modèle décrit ci-dessus. La cohorte 1940 (dernière cohorte pour laquelle une estimation du risque cumulé est donnée) n'a été observée qu'entre 40 à 69ans (de 1980 à 2011), elle n'atteindra 75ans qu'en 2015. Pour cette cohorte, les estimations pour les 6 dernières années d'incidence - ou de mortalité - (de 2012 à 2015) sont donc le résultat d'une projection qui est utilisé dans le calcul du risque cumulé. En revanche, la cohorte 1930 a été observée de 50 à 79ans. Il faut donc retenir que pour les cohortes les plus récentes, les risques cumulés sont basés sur des projections d'incidence (ou de mortalité) à long terme, et présente donc une plus grande incertitude.


Résultats


Tendances entre 1980 et 2011


Incidence


L'évolution de l'incidence de ce cancer est assez imprévisible (Figure 1, Tableau 1). Après une très forte augmentation entre 1980 et 2005, avec toutefois un petit ralentissement de cette croissance au milieu des années 1990, on observe une baisse très nette depuis 2005. En effet, le taux d'incidence standardisé est passé de 24,8 cas pour 100 000 personnes-années en 1980 à 124,5 cas pour 100 000 en 2005 et n'est plus que de 97,7 en 2011.


Figure 1
Figure 1. 

Cancer de la prostate : évolution de l'incidence et la mortalité en France.




Cette évolution varie en fonction de l'âge (Figure 2). Plus l'âge est élevé, plus la baisse est ancienne. La baisse date tout au plus de 2008 chez les moins de 60ans et semble s'être amorcée vers 2005 pour les sujets ayant entre 60 et 75ans. En revanche, chez les hommes de 75ans et plus, une première baisse a été observée au début des années 1990 et a été suivie d'une nouvelle augmentation qui ne s'est arrêtée qu'en 2005, voire un peu plus tôt pour les plus âgés.


Figure 2
Figure 2. 

Évolution de l'incidence des cancers de la prostate en France par tranche d'âge.




Le risque d'être atteint d'un cancer de la prostate entre 0 et 74ans augmente selon la cohorte de naissance (Tableau 2). Il passe de 2,74 % pour les cohortes nées en 1910 à 10,71 % pour celles nées en 1935. On observe toutefois une stabilisation car, pour la cohorte 1940 (dernière cohorte pour laquelle on dispose encore de suffisamment d'informations) le risque est de 10,74 %.


Mortalité


L'évolution de la mortalité est très différente de celle de l'incidence puisque pour la mortalité, on observe une baisse régulière depuis la fin des années 1990. Le taux de mortalité (standardisé sur la population mondiale) est passé d'un peu plus de 18 pour 100 000 en 1990 à 10,5 en 2011. Cette diminution semble s'accélérer puisque sur la période 2005-2011, on observe une diminution de 3,8 % par an alors qu'elle n'est que de 0,85 % en moyenne de 1980 à 2005 (Tableau 1, Figure 1). Cette accélération de la baisse est liée au fait qu'elle concerne maintenant toutes les tranches d'âge. En effet, on observe que la baisse est d'autant plus récente que les sujets sont âgés (Figure 3). Elle date de la fin des années 1980 pour les moins de 75ans, du début des années 1990 pour les plus de 75ans et plutôt du début des années 2000 pour les plus de 85ans qui représentent une grande partie des décès.


Figure 3
Figure 3. 

Évolution de la mortalité par cancers de la prostate en France par tranche d'âge.




Le risque de décéder de ce cancer entre 0 et 74ans diminue pour les cohortes les plus récentes (Tableau 2).


Incidence et mortalité en France en 2011


Avec 53 917 nouveaux cas estimés en 2011, les cancers de la prostate restent les cancers les plus fréquents chez l'homme. Le taux d'incidence standardisé mondial est de 97,7. En 2011, c'est autour de 70ans que l'incidence est la plus forte et l'âge médian de diagnostic se situe juste avant 70ans (Figure 4).


Figure 4
Figure 4. 

Cancer de la prostate : incidence et mortalité par âge en 2009 en France.




Avec 8893 décès estimés en 2011, ce cancer est au 5e rang des décès par cancer. Il représente 7,5 % de l'ensemble des décès par cancer et se situe au 3e rang chez l'homme. Le taux de mortalité standardisé est de 10,5. Les taux de mortalité augmentent régulièrement avec l'âge et l'âge médian de décès par cancer de la prostate se situe après 80ans (Figure 4).


Discussion


Les taux observés en France en 2005 étaient légèrement supérieurs à 120/100 000. Il était raisonnable d'imaginer que l'augmentation de l'incidence allait s'arrêter et que la tendance allait s'inverser, même si les données ne montraient encore aucun signe clair d'infléchissement. C'est pour cette raison que les projections d'incidence réalisées depuis 2008 pour la France faisaient l'hypothèse d'une stabilisation des taux d'incidence entre 2005 et l'année projetée afin de minimiser l'erreur. Les nouvelles données dont nous disposons maintenant confirment la baisse attendue, qui a, en fait, été observée à partir de 2005.


L'évolution de l'incidence des cancers de la prostate dépend maintenant essentiellement de l'intensité du dépistage par dosage de l'antigène spécifique de la prostate (PSA). L'utilisation massive du PSA aux États-Unis avait provoqué un doublement des taux d'incidence en 5ans avant qu'une baisse brutale ne survienne lorsque le taux (st mondial) eut atteint 140/100 000. Cette baisse s'est produite en 3 temps chez les plus de 65ans : d'abord une baisse importante et rapide entre 1992 et 1995, puis une stabilisation jusqu'en 2002, puis une nouvelle diminution jusqu'en 2010 (diminution plus nette chez les plus de 75ans). Chez les plus jeunes (moins de 65ans), ce n'est qu'à partir de 2002 que l'on a pu observer un arrêt de l'augmentation avec une stabilisation de l'incidence (Figure 5) [4].


Figure 5
Figure 5. 

Évolution de l'incidence du cancer de la prostate aux États-Unis.




Dans plusieurs pays européens (Suède, Finlande et Hollande), une baisse est aussi observée dès 2005 alors que l'incidence avait dépassé un taux (st mondial) de 110/100 000 [5, 6] et un peu plus tard en Islande, Norvège, Suisse [7] et dans plusieurs régions d'Italie [8]. Dans d'autres pays (Danemark [9], Royaume-Uni [10]) qui ont des incidences moins élevées, on observe une stabilisation des taux.


Comme en France, l'évolution de l'incidence dans ces pays varie en fonction de la classe d'âge. Ainsi, dans les pays du nord de l'Europe, on observe chez les hommes de plus de 75ans des taux qui ont commencé à baisser vers 2005 ou dès 2000 quand ils sont parvenus à des niveaux très élevés (autour de 1000/100 000). Pour la classe d'âge 65-74ans, on observe une stabilisation et une simple réduction de l'augmentation chez les plus jeunes (Figure 6). Au Royaume-Uni, l'allure des courbes n'est pas très différente, mais seuls les 85ans et plus voient l'incidence baisser (Figure 7).


Figure 6
Figure 6. 

Évolution de l'incidence des cancers de la prostate dans le nord de l'Europe.




Figure 7
Figure 7. 

Évolution de l'incidence des cancers de la prostate au Royaume-Uni.




Cette baisse de l'incidence peut correspondre à la conjonction de deux phénomènes, l'un épidémiologique : après plusieurs années de dépistage, une partie des cancers prévalents sont diagnostiqués, l'autre social : la conscience d'un risque de « sur-diagnostic » apparaît chez les soignants et dans la population et incite à la prudence vis-à-vis du dépistage et du diagnostic précoce. Il faut noter que ce phénomène apparaît alors que les recommandations de l'Association française d'urologie évoluent en laissant aux patients la responsabilité du choix [11, 12], tout comme le fait l'association américaine d'urologie notamment pour les hommes sans facteurs de risque entre 55 et 69ans [13]. Le fait que la baisse ait débuté chez les sujets âgés et s'étende peu à peu aux plus jeunes est en faveur d'une explication où la perception du risque de « sur-diagnostic » jouerait un rôle primordial, car c'est chez les sujets âgés que ce risque est le plus facile à percevoir et à prendre en compte [14].


La baisse de la mortalité, également observée dans de nombreux autres pays, a débuté avant que le dépistage ne prenne l'ampleur qu'il a connue dans les années 2000 [5, 6]. Elle est attribuée, pour sa plus grande part, à l'amélioration des traitements, notamment par le traitement des cancers évolués avec différentes formes d'hormonothérapie qui conduisent à une augmentation de la survie sans que pour autant le cancer soit guéri. Il n'est pas nécessaire qu'un traitement soit curatif pour diminuer la mortalité. En effet, si la prolongation de la survie est suffisamment importante, le décès dû à une autre pathologie a toutes les chances de masquer l'évolution du cancer. Ainsi, après avoir assisté à un décalage de la mortalité vers les classes plus âgées, il n'est pas étonnant de la voir diminuer aussi chez les sujets très âgés sous l'effet de la mortalité compétitive. Il est aussi possible que le dépistage, en permettant de diagnostiquer certains cancers à des stades précoces, donc curables, contribue à cette diminution [15]. La part des deux mécanismes est difficilement mesurable.


Il est difficile de savoir quelle va être l'évolution de l'incidence du cancer de la prostate, même à court terme. Il est hautement probable que cette chute ne va pas se poursuivre à la même vitesse, mais nous ne disposons pas de suffisamment d'éléments pour prédire cette évolution. Il semble toutefois que les demandes d'ALD pour cancer de la prostate, qui s'étaient d'abord stabilisées entre 2004 et 2006, puis qui avaient baissé en 2008, se soient à nouveau stabilisées en 2010-2011 [16]. L'étude des 5 centres présentés par Helfrich montre pour sa part que la baisse observée depuis 2007 dans ces centres continue jusqu'en 2012. Toutefois, les recrutements de ces centres sont composés de cas plus jeunes que les cas observés dans la population ce qui pourrait expliquer un décalage d'un à deux ans dans les évolutions. Il est difficile de prévoir le comportement vis-à-vis du dépistage, compte tenu notamment des résultats de l'essai européen ERSPC. La première publication de cette étude n'a été disponible qu'au début de l'année 2009 [17]. La dernière en date étudiant le suivi 13ans après le dépistage vient de paraître [15] et ses conclusions, bien qu'assorties de réserves du fait des effets délétères constatés, sont toujours favorables au dépistage, en termes de diminution de la mortalité spécifique. En l'absence d'éléments fiables pour modéliser l'évolution de l'incidence, si l'on applique les taux de 2011 à la population de 2015, on estime à 56 863 le nombre de cas diagnostiqués en 2015 (ce qui doit être considéré comme une hypothèse haute). Pour la mortalité, la poursuite de la baisse conduit à une estimation de 8713 décès par cancer de la prostate en 2015.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Évolution du nombre de cas et du taux d'incidence et de mortalité en France selon l'année (standardisés monde pour 100 000 personnes-années) en France.
Année  1980  1990  1995  2000  2005  2011  Taux annuel moyen d'évolution 
              De 1980 à 2005  De 2005 à 2011 
Incidence                  
Effectif  10 071  20 994  26 538  38 860  63 243  53 917     
Taux  24,8  46,4  55,7  78,7  124,5  97,7  6,6 %  -4,1 % 
Mortalité                  
Effectif  6800  9051  9313  9255  9098  8893     
Taux  16,3  18,1  16,8  15,3  13,3  10,5  -0,9 %  -3,8 % 





Tableau 2 - Risques cumulés 0-74ans (en %) selon la cohorte de naissance.
Cohorte de naissance  1910  1915  1920  1925  1930  1935  1940 
Incidence  2,74  3,43  4,50  5,73  8,32  10,71  10,74 
Mortalité  1,28  1,33  1,31  1,22  1,08  0,91  0,74 




Références



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