Le cancer de la prostate en France : résultats de l'enquête CCAFU-FRANCIM

03 décembre 2001

Mots clés : Cancer de la prostate, Épidémiologie, enquête de population, Diagnostic, Traitement
Auteurs : SOULIE M, VILLERS A, GROSCLAUDE P, MENEGOZ F, SCHAFFER P, MACE-LESEC'H J, SAUVAGE-MACHELARD M, MOLINIER L, GRAND A
Référence : Prog Urol, 2001, 11, 478-485
Objectif:La prise en charge, le diagnostic et le traitement du cancer de la prostate (Ca P) dans la population générale sont méconnus en France. L'objectif de cette enquête était d'analyser les modalités diagnostiques et thérapeutiques du cancer de la prostate en 1995, sur la base d'une population issue de 4 Registres français de cancer . Matériel et Méthode:Un échantillon de 803 Ca P diagnostiqués en 1995 a été tiré au sort parmi les cas recensés dans 4 Registres (Bas-Rhin, Calvados, Isère et Tarn). L'analyse par questionnaire a porté sur les modalités de diagnostic, le stade clinique tumoral et le traitement réalisé. Le stade clinique (TNM 1992) a fait l'objet d'un codage centralisé. La régression logistique a été utilisée pour quantifier les différences de pratique en prenant en compte l'âge, le taux de PSA et le stade clinique. La probabilité d'avoir chacun des traitements a été étudiée en utilisant les mêmes déterminants cliniques. Résultats:L'âge moyen des patients était de 71,6 ans (46-94). Dans 60% des cas, le stade clinique était T1 ou T2, dans 14% T3 ou T4 et dans 17% N+ ou M+. Le PSA (médian : 18,2 ng/ml) a été dosé dans 92,4% des cas. Le diagnostic a été fait par biopsie dans 63% des cas et par résection endoscopique (RTUP) dans 32% (5% d'inconnues). Les traitements principaux ont été : la prostatectomie radicale (PR) 21,9%, la radiothérapie 19,4%, l'hormonothérapie 33%, la RTUP isolée 16,3%, l'abstention thérapeutique 6% et un traitement non précisé dans 5,6% des cas. Les associations thérapeutiques correspondaient à 31% des cas. La PR était plus fréquemment réalisée chez les patients < 60 ans, pour les tumeurs T2 (OR : 3.3) et pour 4 < PSA < 20 ng/ml. La radiothérapie était plutôt réservée aux patients plus âgés avec des tumeurs T3-4 et pour 20 < PSA < 50 ng/ml. L'hormothérapie augmentait avec l'âge et le PSA (> 50 ng/ml). La RTUP et la surveillance augmentaient avec l'âge, diminuaient avec les PSA élevés et concernaient avant tout les T1. Conclusion : Le diagnostic du Ca P en France en 1995 a été relativement précoce avec des tumeurs cliniquement localisées dans 60% des cas. Dans cette enquête, 94% des patients ont eu un traitement dans l'année qui a suivi le diagnostic, avec 40% de traitement à visée curative et 31% de traitements associés.