L'adénocarcinome rénal avec thrombus cave rétro-hépatique : place de la circulation extra-corporelle sur une série rétrospective de 10 cas.

16 juillet 2001

Mots clés : Rein, Tumeur, veine cave, thrombus, Néphrectomie élargie, thrombectomie
Auteurs : Braud F, Soulie M, Soula P, Tollon C, Pontonnier F, Plante P
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 642-648
INTRODUCTION : L'adénocarcinome rénal s'accompagne d'une extension thrombotique à la veine cave inférieure (VCI) dans 4 à 10% des cas. Depuis l'utilisation de la circulation extra-corporelle (CEC), la chirurgie du thrombus étendu est améliorée par la réduction des pertes sanguines, facilitant l'exérèse complète du rein, du thrombus et l'éventuelle réparation de la veine cave inférieure. OBJECTIFS : Analyser une série rétrospective de 10 cas et comparer les complications de la CEC et de la chirurgie conventionnelle par clampage direct.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : De Février 1985 à Décembre 1997, 413 patients ont été opérés d'un cancer du rein, dont 23 (5,6%) avaient un thrombus étendu à la veine cave. Dix de ces 23 thrombus caves étaient en situation rétro-hépatique. Le groupe I (5 patients) a été opéré sous CEC et hypothermie profonde à 16° (moyenne de l'arrêt : 30 minutes). Le groupe II (5 patients) a été opéré par chirurgie conventionnelle (CC) (moyenne du clampage : 12 minutes).
RÉSULTATS : Aucune différence sur les complications per-opératoires n'a été notée entre les deux groupes, mais 2 décès sont à déplorer dans le groupe II par décompensation respiratoire à 1 et 2 semaines post-opératoires.
CONCLUSION : Le niveau du thrombus dans la veine cave inférieure conditionne le mode de prise en charge vasculaire. L'existence d'un envahissement de la paroi cave reste difficile à prévoir en raison du manque de sensibilité des examens radiologiques. La CEC n'a pas entraîné dans cette série une majoration de la morbidité. Son utilisation dans les cancers du rein avec thrombus rétro-hépatique facilite le geste d'exérèse et permet une reconstruction cave en milieu exsangue.