L’abus sexuel : un élément méconnu dans la genèse des troubles vésicosphinctériens

25 novembre 2019

Auteurs : Y. Boukhlifi, M. Tetou, A. Djere Tayiri, Y. Lahrech, A. Janane, M. Alami, A. Ameur
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 742
Objectifs

Même si les urologues savent qu’il peut y avoir une association entre abus sexuels et troubles urinaires, la recherche d’abus sexuel ne fait pas partie, la plupart du temps, de leur interrogatoire standardisé. Le but de notre travail est d’évaluer l’incidence des abus sexuels, de comprendre et savoir prendre en charge les conséquences des antécédents d’abus sexuels dans l’enfance sur les fonctions vésico-sphinctériennes.

Méthodes

Une étude transversale multiparamétrique de 130 femmes atteintes du syndrome douloureux pelvien chronique/cystite interstitielle (SDPC/CI), hyperactivité vésicale sans fuite, fuite par urgenturie, incontinence urinaire (IU) d’effort et incontinence urinaire mixte, interrogées par une femme médecin à la recherche d’agression sexuelle (ASE). Les auteurs présentent leur expérience à propos de 130 patientes (48,5 ans, extrêmes 23 à 75 ans), suivies au service. Tous les patients ont été évalués par un calendrier mictionnel, un score MHU (mesure de l’handicap urinaire), une cystoscopie et un bilan urodynamique.

Résultats

La répartition des patientes selon le trouble vésico-sphinctérien et le nombre d’ASE sont représentés dans le Tableau 1 et les caractéristiques de notre série sur le Tableau 2. Le retentissement psychosocial était observé dans 100 % avec principalement des sentiments comme la gène, la colère, la tristesse, la frustration, la peur et le sentiment de rejet de la part de leur entourage. Avoué pour la première fois dans 90 %, les raisons évoquées par les malades qui n’avaient avoué étaient d’abord la honte dans 90 %, aucune raison n’avait été évoquée par les autres. Seuls 30 % avait osé se confiera un tiers. Une ASE avant 18 ans a été signalée dans 78 %. Les chiffres de prévalence sont quasiment identiques quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle, la prévalence la plus élevée de 10 % ayant été rapportée chez les filles de cadre (Fig. 1).

Conclusion

Les abus sexuels sont très fréquents dans la population générale et doivent rendre prudente l’interprétation des antécédents de ce type dans les études incriminant l’abus comme intervenant dans la genèse d’un symptôme physique ou psychique.




 





Fig. 1
Fig. 1. 

Répartition des malades en fonction de la maladie et nombre d'agressions sexuelles.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 -







Tableau 2 -









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Publié par Elsevier Masson SAS.