La verge enfouie congénitale de l'enfant

25 octobre 2011

Auteurs : F. Lardellier-Reynaud, F. Varlet, M. François, P. Mouriquand
Référence : Prog Urol, 2011, 9, 21, 642-650
Objectifs

La verge enfouie congénitale de l’enfant est une pathologie rare et mal connue. Le but de notre étude était de rapporter notre expérience dans le traitement chirurgical de cette anomalie.

Patients et méthodes

Nous avons effectué une étude rétrospective sur dix ans (novembre 1998–mai 2009) concernant les enfants opérés d’une verge enfouie congénitale, en excluant les formes acquises ou les hypospadias. L’intervention comprend plusieurs étapes : décalottage, incision longitudinale ventrale, libération des adhérences entourant les corps caverneux, prolongement horizontal de l’incision (forme d’ancre), amarrage du fascia de Buck et couverture cutanée ventrale. Les résultats ont été évalués par les parents et le chirurgien selon des critères anatomiques, fonctionnels et esthétiques définis.

Résultats

Vingt-cinq garçons ont été évalués, d’âge moyen de deux ans et trois mois (sept jours–dix ans) lors de l’intervention. Deux enfants ont nécessité une plastie supplémentaire. Le résultat a été satisfaisant chez 24 patients (96 %). Un enfant a été réopéré pour réenfouissement. Parmi les sept enfants avec excédent cutané résiduel (28 %), trois ont eu une résection cutanée complémentaire.

Conclusion

La verge enfouie congénitale reste un sujet très débattu. Notre technique était simple et facilement reproductible. Les difficultés mictionnelles, l’infection urinaire ou une forte demande parentale nous ont semblé être les indications principales de cette chirurgie.




 




Introduction


La verge enfouie congénitale (VEC) de l'enfant est une pathologie relativement rare et mal connue. Elle peut être définie comme un déficit congénital de la hauteur du fourreau cutané de la verge, souvent associé à un prépuce serré, pouvant conduire à une dilatation du réservoir préputial par les urines, encore appelée vessie préputiale [1]. La VEC est à différencier des formes acquises chez l'enfant, notamment après circoncision. Elle peut engendrer un retentissement psychologique important mais également fonctionnel car elle peut être responsable d'infections urinaires, d'infections préputiales à répétition ou de dysurie. La correction chirurgicale de cette anomalie est difficile avec des résultats parfois décevants.


L'objectif de notre travail était de rapporter la technique chirurgicale que nous avons mise au point et d'en apprécier les résultats à distance.


Patients et technique


Une étude rétrospective a été effectuée sur une période de dix ans (novembre 1998–mai 2009) concernant les enfants opérés d'une VEC. Les patients ayant une verge enfouie acquise ou un hypospade ont été exclus de l'étude.


L'intervention se déroule en plusieurs étapes. Après avoir décalotté la verge (Figure 1), une incision longitudinale ventrale est effectuée (Figure 2) et les adhérences entourant les corps caverneux sont libérées (Figure 3). À la base de la verge, l'incision est prolongée horizontalement de part et d'autre créant ainsi une incision en forme d'ancre. Celle-ci permet de compléter la libération des corps caverneux des adhérences qui les entourent et d'obtenir deux lambeaux cutanés destinés à la couverture de la face ventrale de la verge. La peau préputiale est alors retournée en doigt de gant ce qui permet de fournir l'étoffe nécessaire à la couverture de la verge. Le fascia de Buck est amarré, à la base de la verge, à l'albuginée des corps caverneux de chaque côté de l'urètre à l'aide de points séparés de monofil synthétique résorbable (polydioxanone 5/0 ou 6/0) (Figure 4). En cas d'excès de peau préputiale, une résection partielle du réservoir préputial est effectuée (Figure 5). L'intervention se termine par la couverture cutanée de la face ventrale de la verge par l'ascension des deux lambeaux cutanés définis par l'incision en ancre précédemment décrite (Figure 6, Figure 7). En fin d'intervention (Figure 8), la verge est couverte par une crème composée d'acide hyaluronique et de sulfadiazine argentique (Ialuset Plus*), un pansement interface siliconé non gras (Mepitel*), une bande Nylex juste posée sur la verge et un pansement adhésif. Enfin, une sonde vésicale est laissée en place pendant 48heures. Pour chaque dossier, nous avons relevé l'âge de l'enfant au moment de l'intervention, les antécédents personnels et familiaux de VEC, la description clinique, le traitement hormonal éventuel, les difficultés mictionnelles (vessie préputiale, miction en deux temps, infection urinaire), la date de l'intervention, la technique utilisée avec le compte rendu chirurgical, les résultats esthétiques et fonctionnels, les reprises ou complications éventuelles et le recul postopératoire. Les enfants ont été revus deux mois et un an après l'intervention. Pour apprécier les résultats plus à distance, nous les avons tous reconvoqués en consultation. La verge a été mesurée en pratiquant deux mesures du rayon dorsal de la verge : la première en mesurant dorsalement la partie émergeante de la verge avant toute manœuvre et la seconde en appuyant de part et d'autre de la verge et en mesurant la taille du pubis jusqu'à l'apex du gland. Les résultats ont été évalués par les parents et le chirurgien sur trois éléments : l'aspect anatomique (mesure de la taille de la verge) ; l'aspect fonctionnel (existence ou non de troubles mictionnels) et l'aspect esthétique (avis des parents, du chirurgien et éventuellement de l'enfant s'il était en âge de répondre).


Figure 1
Figure 1. 

A et B. Aspect préopératoire, phimosis très serré.




Figure 2
Figure 2. 

A, B et C. Incision en forme d'ancre.




Figure 3
Figure 3. 

A et B. Libération de l'ensemble des adhérences entourant le corps caverneux.




Figure 4
Figure 4. 

Amarrage du fascia de Buck à l'albuginée des corps caverneux.




Figure 5
Figure 5. 

Excès de muqueuse préputiale, déroulement du prépuce.




Figure 6
Figure 6. 

Couverture cutanée A et B.




Figure 7
Figure 7. 

Exérèse de l'excès cutané après ascension des deux lambeaux.




Figure 8
Figure 8. 

Aspect en fin d'intervention.





Résultats


Vingt-cinq dossiers complets de garçons opérés d'une VEC ont pu être évalués de novembre 1998 à mai 2009. La moyenne d'âge au moment de l'intervention était de deux ans et trois mois (sept jours–dix ans). Parmi eux, une VEC chez un frère a pu être notée chez trois enfants. Dans notre population, un enfant était infirme moteur cérébral, un était obèse et trois ont eu un traitement hormonal en raison d'un diagnostic initial erroné de micropénis. Ces trois enfants ont reçu des injections de testostérone ou d'hormone gonadotrophique chorionique sans aucune amélioration du déficit cutané de la verge. Enfin, un enfant avait une dilatation pyélique bilatérale, qui a spontanément régressée. Tous les patients inclus avaient une VEC typique accompagnée chez 18 enfants d'un phimosis serré avec troubles mictionnels et mictions intrapréputiales (72 %). Trois ont eu des infections urinaires fébriles.


Tous les enfants ont été traités selon la technique chirurgicale décrite, sauf dans deux cas où la couverture cutanée a nécessité une plastie en Z pour l'un et la réalisation de deux lambeaux cutanés sur la face dorsale, transférés sur la face ventrale selon la technique de Byars pour l'autre enfant.


Les suites immédiates ont été simples, sans complication de type hématome ou infection. Le recul postopératoire moyen était de 21 mois (un mois–huit ans et huit mois). En tenant compte de la totalité des dossiers, le résultat a été considéré comme bon avec une verge désenfouie chez 24 patients sur 25 (96 %) tant par les parents que par le chirurgien. Sept enfants (28 %) avaient un excédent cutané avec un aspect en « col roulé ». Un seul enfant (4 %) a eu un ré-enfouissement nécessitant une réintervention. Parmi les sept enfants avec excédent cutané résiduel, trois ont eu une résection cutanée complémentaire. Sur le plan fonctionnel, aucun enfant n'a eu de difficultés mictionnelles juste après l'intervention ou à distance. Pour apprécier le résultat plus à distance, seuls 12 enfants sur 25 ont accepté d'être revus en consultation et d'avoir une évaluation complète soit 48 % avec un recul moyen de 40 mois (Tableau 1). En comparant avec les courbes de taille de la verge de l'enfant normal en fonction de l'âge, quatre enfants sur 12 sont en dessous de −2 déviations standard et huit enfants sont dans les normes [2].


Discussion


L'origine embryologique des VEC est discutée et plusieurs hypothèses ont été rapportées. Il est probable que, dès la vie fœtale, le prépuce serré ainsi que le gonflement de celui-ci et du fourreau lors des mictions entraînerait une distension des attaches normales du fourreau à la base de la verge. Dès lors, le fourreau glisserait vers l'extrémité de la verge en perdant sa forme cylindrique et en lui donnant un aspect « enfoui ». Pour certains, l'anomalie s'expliquerait par un défaut de séparation des différents plans au cours du développement fœtal des enveloppes des organes génitaux externes mâles ; ainsi le corps de la verge resterait attaché au fascia profond [3].


Sur le plan anatomique, de nombreuses anomalies associées à une VEC ont été décrites (Figure 9) : déficit du fourreau cutané de la verge [3, 4], défaut de fixation cutanée du fourreau [5, 6, 7, 8], obésité avec panicule adipeux prépubien [1, 5, 8, 9, 10, 11], adhérences anormales entre dartos et fascia de Buck [1, 6, 7, 8, 9, 12, 13], fixation inadéquate de la base de la verge ou encore déplacement anormal du pénis en position ventrale [12]. La classification de Maizels distingue trois types anatomiques : les verges enfouies (buried penis ), les verges palmées (webbed penis ) et les verges rétractées (trapped penis , correspondant aux verge enfouies acquises après circoncision) [14].


Figure 9
Figure 9. 

A. Verge normale. B. Verge enfouie avec déficit congénital de la hauteur du fourreau cutané de la verge associé parfois à un panicule adipeux prépubien. C. Verge palmée. D. Verge enfouie acquise après circoncision.




Il existe différentes présentations cliniques des verges enfouies. Les parents sont souvent très inquiets sur la taille de la verge de leur enfant qu'ils trouvent très petite. Outre l'aspect de petite verge, certains symptômes sont fréquemment rapportés : infection urinaire, infection préputiale, dysurie et rétention urinaire dans une vessie préputiale. Les parents peuvent décrire des mictions en deux temps, une absence de jet franc ou un gonflement du prépuce lors des mictions. Ces symptômes sont rapportés avec une fréquence de 31 % (23 cas sur 74) dans la littérature [7] et 72 % dans notre série (18 cas sur 25). L'existence d'antécédents familiaux de VEC a également été rapportée dans la littérature [15].


La VEC doit être différenciée du micropénis vrai correspondant à une authentique hypoplasie des corps érectiles et relevant d'une consultation d'endocrinologie pédiatrique (hypogonadisme, associations syndromiques, anomalies chromosomiques). La confusion n'est cependant pas rare et l'erreur s'est produite chez trois de nos patients. D'autres situations peuvent éventuellement simuler une VEC : un pénis enfoui après circoncision ; un lymphœdème de la verge donnant plutôt une verge de grande taille ; un mégaprépuce avec redondance de peau préputiale mais alors le méat et le gland sont de taille et de forme normales [16] ; une palmure de verge, raccourcissant uniquement la face ventrale de la verge par ascension de la peau scrotale qui vient s'ancrer sur le fourreau cutané de la verge ; une transposition pénoscrotale, où l'insertion des deux scrotums se fait au-dessus du fût de la verge [17] ; ou un syndrome de Robinow (Fetal-face syndrome ) qui correspond à un nanisme mésomélique avec hypoplasie des organes génitaux externes et anomalie d'insertion de la verge. Enfin, assez fréquemment, la verge est normale et il ne s'agit que d'une simple inquiétude des parents ou du grand enfant, demandant à être rassurés.


Le fait que nos trois patients traités de façon erronée par les androgènes, n'aient pas eu une amélioration de l'anomalie anatomique, nous laisse à penser que l'imprégnation hormonale de la puberté ne devrait pas modifier la situation. Si cela est confirmé par certains urologues d'adultes, la littérature ne rapporte pas d'efficacité du traitement hormonal dans les VEC.


La technique chirurgicale proposée dans cette étude a l'avantage d'être simple et facilement reproductible. Différents éléments peuvent être discutés et, en premier lieu, le type d'incision. Certains préconisent une incision dorsale, mais elle a l'inconvénient de laisser des cicatrices péniennes parfois inesthétiques [9, 10, 13, 18]. L'incision peut être circonférentielle mais le risque est celui d'une stase lymphatique [6, 18]. L'incision à la face ventrale de la verge, comme celle pratiquée dans cette étude, est la plus utilisée, sans doute parce que la cicatrice est masquée [1,6,11,12,14,19–23, 6, 11, 12, 14, 19, 20, 21, 22, 23]. Une autre technique avec incision du raphé scrotal associée à une incision circonférentielle juste en amont du sillon balano-préputial [22] permet l'extériorisation de la verge après déshabillage complet avec une approche plus directe de la base des corps caverneux en laissant la peau pénienne intacte. Cette technique chirurgicale permet également d'éviter une incision circonférentielle à la base du pénis, le lymphœdème postopératoire [15], les complications des greffes de peau et les nombreuses cicatrices péniennes et hypogastriques des lambeaux vascularisés. En fonction du type d'incision, les résultats sont plus ou moins bons dans la littérature. En effet, la voie d'abord sur le raphé scrotal semble être la meilleure avec 97 % de bons résultats (Tableau 2).


Concernant la libération des corps caverneux adhérents aux tissus environnants, la plupart des auteurs excisent les tissus fibreux et les attaches anormales du dartos [167121415212224, 6, 7, 12, 14, 15, 21, 22, 24]. Le déshabillage complet de la verge jusqu'à sa base est important et conditionne un bon résultat [7, 8, 25]. Une incision partielle ou complète du ligament suspenseur de la verge pourrait augmenter alors la longueur de celle-ci et pourrait, pour certains, être complétée par une libération des corps caverneux au niveau de la symphyse pubienne avec interposition d'un lambeau graisseux [5, 9].


Après libération complète du corps de la verge, l'amarrage des fascias à la base de la verge est généralement accepté, car la libération des attaches anormales du dartos et la fixation de la peau pénienne au fascia de Buck sont les clés d'une bonne correction chirurgicale [25]. Certains proposent d'ancrer la partie interne du derme aux bords excisés du dartos, pour ainsi restaurer les angles pénopubien et pénoscrotal [24]. Quant au type d'amarrage, plusieurs techniques ont été décrites : fixation du dartos au fascia de Buck [20], suture du derme pénien à la partie latérale de l'albuginée [7], suture entre l'hypoderme péno-pubien et le rectus fascia [9], suture du derme péno-pubien au fascia de Buck [21, 25], fixation de la base de la verge au fascia pré-pubien [15]. Une autre technique conseillée par certains auteurs est la fixation de l'albuginée des corps caverneux à la symphyse pubienne. La principale difficulté de cette technique est d'éviter un traumatisme des pédicules vasculo-nerveux. Ce procédé peut parfois occasionner des douleurs lors des érections. Nous pensons qu'il vaut mieux fixer le fascia de Buck à l'albuginée des corps caverneux, de manière à maintenir extériorisées la verge et ses enveloppes.


Pour la couverture cutanée de la verge, le simple déroulement préputial peut permettre de couvrir la totalité de celle-ci, ce qui évite toute utilisation de lambeaux locaux, abdominaux ou scrotaux qui sont une cause de pilosité localisée [3]. Il a été décrit différentes plasties en Z [3, 8, 9, 10, 13, 19, 26], différents lambeaux cutanés ou lambeaux vascularisés [182123, 8, 21, 23] ou encore des greffes de peau. Mais ces procédés nous semblent très rarement utiles.


En cas de vessie préputiale, l'excès de muqueuse préputiale doit être réséqué car cela améliore nettement les résultats en minimisant l'œdème postopératoire et en diminuant le risque d'une seconde intervention [15, 18, 24, 26]. Dans notre série, sept enfants ont eu un excès cutané, et trois ont nécessité une reprise chirurgicale. Notre technique peut donc être améliorée sur ce point en faisant une résection cutanée plus large.


La liposuccion et la lipectomie ont été utilisées dans le traitement des VEC [5, 8, 9, 10, 11, 13, 21], mais ces techniques restent très controversées. Si certains suggèrent que la lipectomie devrait épargner tout geste sur les enveloppes péniennes chez l'adolescent obèse [19], ces techniques de liposuccion semblent n'avoir qu'un effet transitoire [21] qui les rendent difficilement recommandables isolément sauf situations particulières.


Enfin, nous rappelons que cette anomalie constitue une contre-indication formelle à la circoncision [13, 15] car elle supprime la peau et la muqueuse nécessaire à la reconstruction. C'est pourquoi le diagnostic de verge enfouie doit être reconnu et bien distingué du prépuce serré banal de l'enfant.


Quelle est l'évolution naturelle des VEC ? Celle-ci reste très discutée. En effet pour certains, il ne s'agit que d'une étape dans le développement de l'enfant et l'anomalie va se corriger lorsque le patient atteindra la puberté. Il est également rapporté que lorsque l'enfant commence à marcher, il se produit une redistribution de la graisse corporelle et il perd son ventre de bébé. Nous n'avons mis en évidence que trois cas de VEC chez l'adulte dans la littérature [9]. La majorité des verges enfouies de l'adulte sont acquises, liées à une obésité, un lymphœdème scrotal, un lichen scléro-atrophique ou encore à une circoncision [27, 28], même si la discussion avec nos collègues urologues d'adultes semble mettre en évidence que cette anomalie est plus fréquemment rencontrée que publiée. Pour d'autres, cette résolution spontanée ne se produit pas toujours [1, 10, 12]. Le traitement conservateur comprenant restriction alimentaire, exercice physique n'est pas recevable chez l'enfant et attendre les modifications hormonales de la puberté pour corriger le problème n'est en général pas satisfaisant ni pour les parents, ni pour les patients. Il faut souligner que cette anomalie engendre des effets psychologiques et sociaux conduisant à poser une indication opératoire précoce [5, 10, 12]. Il nous semble que l'intervention peut être proposée vers l'âge d'un an [11522, 15, 22], pour minimiser le traumatisme psychologique de l'hospitalisation [10].


À partir de 868 cas de VEC mis en évidence dans la littérature, l'âge moyen de l'intervention était de trois ans et dix mois [1,4,6–12,14,15,19–26,29,30, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 29, 30]. Les résultats du traitement des VEC sont bons dans l'ensemble comme le démontre l'analyse de ces cas (Tableau 3). Le pourcentage moyen de bons résultats est de 92 %, mais il s'agit souvent d'une appréciation subjective difficile à interpréter. L'intérêt de notre étude a été de pouvoir mesurer la taille exacte de la verge avec un recul moyen de 40 mois, donnant un critère objectif pour analyser les résultats (Tableau 1). L'idéal aurait été de mesurer la taille de la verge avant et après traitement pour être encore plus objectif, avec toutes les réserves que l'on peut faire sur l'exactitude de la mesure d'une VEC. Parmi ces 868 cas, 47 récidives ont été rapportées soit 5,4 % ainsi que 40 reprises chirurgicales, soit 4,6 % dont les indications étaient la récidive de l'enfouissement dans 16 cas, l'exérèse de l'excès cutané dans 21 cas (2,4 %), un lymphœdème de la verge dans deux cas et une coudure acquise de verge dans un cas. Dans notre série, les résultats sont plutôt meilleurs dans l'ensemble, puisque nous n'avons qu'une récidive sur 25. En revanche, nous avons eu plus d'excédents cutanés résiduels (28 %), complication qui doit pouvoir être améliorée facilement. Notre technique nécessitera cependant une réévaluation à très long terme.


Conclusion


La VEC reste un sujet très débattu et nous avons proposé une technique simple et facilement reproductible, avec 96 % de bons résultats sur le désenfouissement avec un recul moyen de 21 mois. Nous n'avons pas constaté de troubles fonctionnels chez ces enfants, juste après ou à distance de l'intervention.


Les difficultés mictionnelles, l'infection urinaire ou une forte demande des parents ou de l'enfant nous ont semblé être les indications principales de cette chirurgie plastique des enveloppes péniennes. Il nous a paru souhaitable comme la majorité des pathologies de la verge chez l'enfant, de traiter le problème entre 12 et 24 mois avant l'âge de l'école [31].


Enfin, il serait intéressant de réaliser une étude prospective avec un plus long recul pour apprécier le bénéfice anatomique, fonctionnel et psychologique.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Résultats de la consultation.
Âge  Recul  Mesure 1  Mesure 2  Avis parents  Avis chirurgien 
12 ans  10 ans et 9 mois 
9 ans  8 ans et 7 mois  3,5 
5 ans  4 ans et 3 mois  2,5  3,5  Excès cutané 
7 ans  4 ans et 2 mois  3,5  4,5 
5 ans  3 ans et 10 mois  2,5  3,5  Excès cutané 
4 ans  3 ans et 2 mois  2,5  Excès cutané 
7 ans  2 ans  2,5  Excès cutané 
2 ans  10 mois  3,2  Excès cutané 
2 ans  10 mois  3,2 
2 ans  10 mois  3,2 
21 mois  9 mois  3,5 
15 mois  4 mois  1,5  2,5  Excès cutané 



Légende :
S : satisfait ; Mesure 1 : Mesure en cm de la verge extériorisée avant toute manœuvre ; Mesure 2 : Mesure en cm de la verge du pubis jusqu'à l'apex.



Tableau 2 - Résultats de la littérature en fonction du type d'incision.
Type d'incision  Nombre de cas  Bon résultats  Récidives  Autres complications  Reprises 
Ventrale  351  325 (92 %)  20  13 
Dorsale  147  134 (91 %)  10 
Circonférentielle  74  72 (97 %) 
Raphé scrotal  156  151 (97 %) 





Tableau 3 - comparaison de nos résultats avec ceux de la littérature.
  Littérature  Notre série 
Nombre de cas  868 cas  25 cas 
Âge moyen à l'intervention  46 mois  27 mois 
Bons résultats  794 (92 %)  24 (96 %) 
Reprises chirurgicales  40 (4,6 %)  4 (16 %) 
Récidives  47 (5,4 %)  1 (4 %) 




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