La sarcopénie est-elle un facteur de morbi-mortalité dans le traitement des tumeurs localisées de la vessie infiltrant le muscle ?

25 janvier 2020

Auteurs : G. Fraisse, Y. Renard, C. Lebacle, A. Masson-Lecomte, F. Desgrandchamps, C. Hennequin, T. Bessede, J. Irani
Référence : Prog Urol, 2020, 1, 30, 41-50
Introduction

La sarcopénie évaluée à partir de la mesure de l’indice de masse musculaire striée (SMI) a été proposée comme facteur prédictif de morbi-mortalité en chirurgie. L’objectif de cette étude était d’évaluer si la sarcopénie était prédictive de la morbi-mortalité chez les patients pris en charge pour une tumeur de la vessie infiltrant le muscle, par cystectomie ou par traitement tri-modal (TTM), associant radiothérapie et chimiothérapie après résection endoscopique.

Matériels et méthodes

Ont été inclus 146 patients consécutifs traités par cystectomie entre janvier 2012 et avril 2017 ou par TTM entre octobre 2008 et octobre 2014. Le SMI était calculé à partir de coupes axiales en L3 sur les scanners pré-thérapeutiques. La sarcopénie a été définie selon les critères de Martin (SMI ajusté au sexe et à l’IMC). Le critère de jugement principal était la survie globale en fonction de la sarcopénie. Les critères secondaires étaient la survie sans progression et la survie sans ré-hospitalisation. Les analyses de survie ont été réalisées selon le modèle de Cox. L’association entre sarcopénie et complications a été évaluée par le test du Chi2.

Résultats

Les caractéristiques des patients sarcopéniques (n =67) et non sarcopéniques (n =79) étaient comparables excepté pour 2 critères : dans le groupe sarcopénique, patients plus âgés et proportion moins importante de chimiothérapie néo-adjuvante. La sarcopénie n’était significativement associée ni à la survie ni aux complications.

Conclusion

Contrairement au SMI non ajusté, la sarcopénie n’était associée ni à la survie ni aux complications.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


Le traitement de référence des tumeurs localisées de la vessie infiltrant le muscle (TVIM) est la cystectomie [1]. Cependant, la morbi-mortalité liée à cette intervention reste élevée, avec un taux de complication entre 40 % et 60 % et un taux de mortalité de 9 % dans les trois premiers mois postopératoires [2, 3]. De plus, les patients ayant eu une cystectomie souffrent d'une altération de la qualité de vie quel que soit le mode de dérivation urinaire, tant sur le plan urinaire que sur les plans digestif ou sexuel [4]. L'option alternative est le traitement tri-modal (TTM), incluant une chimiothérapie radio-sensibilisante concomitante à une radiothérapie après une résection complète par voie trans-urétrale de vessie (RTUV). Aucune étude randomisée n'a comparé le TTM et la cystectomie radicale [1].


La sarcopénie est un marqueur reconnu de la fragilité des patients [5, 6]. C'est un syndrome gériatrique défini par une diminution de la masse musculaire striée associée à une diminution de la force musculaire et de la performance physique, en rapport avec l'avancée en âge [7]. Dans les études publiées, la mesure tomodensitométrique de l'aire musculaire striée est souvent utilisée pour calculer un indice de masse musculaire striée (SMI). Afin de simplifier son utilisation, plusieurs seuils ont été proposés pour définir une variable binaire souvent appelée « sarcopénie » dans la littérature, lorsque la valeur est inférieure au seuil fixé. La prévalence de la sarcopénie chez les sujets âgés de 60 à 70 ans est déclarée comme étant de 5 % à 13 % alors qu'elle varie de 11 % à 50 % chez les personnes de plus de 80 ans [8].


Plusieurs auteurs ont montré que la sarcopénie était associée à une augmentation de la morbi-mortalité postopératoire après chirurgie oncologique [9, 10, 11]. Le rôle de la sarcopénie comme facteur prédictif indépendant de mortalité ainsi que son association à un taux de complication plus élevé après cystectomie radicale ont été observés [12, 13, 14, 15, 16, 17].


Les études analysant la sarcopénie comme facteur de mauvais pronostic après cystectomie ont toutes été menées rétrospectivement et sur de petits effectifs. De plus, le rôle de la sarcopénie après TTM n'a, à notre connaissance, jamais été étudié. L'objectif de ce travail était d'évaluer si la sarcopénie était prédictive de la morbi-mortalité au cours de la prise en charge thérapeutique des patients ayant une TVIM localisée.


Matériels et méthodes


Population


Nous avons inclus rétrospectivement les patients consécutifs traités par cystectomie radicale entre janvier 2012 et avril 2017 à l'hôpital de Bicêtre ou par TTM entre octobre 2008 et octobre 2014 à l'hôpital Saint-Louis, pour le traitement d'une tumeur urothéliale de la vessie infiltrant le muscle dont le diagnostic était confirmé par examen anatomopathologique après RTUV. Les patients dont l'examen tomodensitométrique n'était pas disponible ont été exclus.


Mesure du SMI et définition de la sarcopénie


Le SMI a été évalué par des mesures morphométriques à partir de coupes axiales issues de scanners pré-thérapeutiques, réalisés dans les 90jours précédant la cystectomie ou à partir du scanner de repérage réalisé la veille ou le jour même de la radio-chimiothérapie. Une coupe tomodensitométrique passant par le bord supérieur de la 3e vertèbre lombaire a été sélectionnée pour chaque patient, en format natif : DICOM. Le scanner était injecté ou non le format DICOM ne tenant pas compte de l'injection pour les mesures de densité tissulaire et le calcul des surfaces. L'ensemble des muscles striés (incluant les muscles psoas, les muscles grands droits, les muscles abdominaux transverses, obliques internes et obliques externes, les muscles carrés des lombes et les muscles érecteurs de la colonne vertébrale) a été délimité par un radiologue qui ne connaissait pas le traitement réalisé. L'aire musculaire striée totale a ensuite été calculée par le logiciel Dicom Area calculator (DicomAC®). Le brevet de ce logiciel a été déposé et est en cours de validation à l'aide d'une étude bicentrique. La méthode est semi-manuelle : un contourage des muscles était réalisé et les pixels retenus étaient ceux qui étaient inclus à l'intérieur de l'intervalle de densité du tissus musculaire (entre −30 et 110 UH), afin d'exclure des mesures les éléments vasculaires, osseux et graisseux. Le SMI a été obtenu en normalisant l'aire musculaire striée totale (cm2) à la taille (m) élevée au carré, et s'exprime en cm2/m2. Un exemple de mesure de l'aire musculaire striée totale est présenté Figure 1.


Figure 1
Figure 1. 

Mesure de l'aire musculaire striée à partir d'une coupe axiale de scanner passant par la 3e vertèbre lombaire. À gauche, coupe tomodensitométrique issue du scanner pré-thérapeutique passant par L3, en format DICOM. À droite, en vert : contourage des muscles striés sur la même coupe tomodensitométrique.




La définition de Martin [18] prenant en compte le SMI mais également le sexe et l'indice de masse corporelle (IMC) a été utilisée pour définir la sarcopénie. Les seuils définissant la sarcopénie étaient les suivants :

SMI<43cm2/m2 chez les hommes avec un IMC<25kg/m2 ;
SMI<53cm2/m2 chez les hommes≥25kg/m2 ;
SMI<41cm2/m2 chez les femmes quel que soit l'IMC.


Cystectomie et traitement tri-modal


Toutes les cystectomies ont été réalisées dans le service d'Urologie de l'Hôpital de Bicêtre. Les décisions de chimiothérapie néo-adjuvante étaient prises en réunion de concertation pluridisciplinaire. Une cysto-prostatectomie était réalisée chez l'homme ou une pelvectomie antérieure chez la femme. Un curage pelvien bilatéral était systématiquement associé. Une dérivation par urétérostomie cutanée transiléale (Bricker) ou une dérivation continente par entérocystoplastie étaient ensuite réalisées selon le souhait du patient et les possibilités chirurgicales et oncologiques. Tous les TTM ont été réalisés à l'hôpital Saint-Louis. Le protocole de radiothérapie comprenait 2 séquences d'irradiations quotidiennes en hypofractionné pour une dose totale de 20 à 80Gy. La dose par fraction allait de 2Gy à 20Gy. Un boost tumoral de 12Gy à 70Gy et boost ganglionnaire de 44Gy a été réalisé chez 4 et 2 patients respectivement. La chimiothérapie était réalisée en hôpital de jour et comprenait du cisplatine. La réponse au traitement était évaluée à 45Gy par un scanner.


Recueil des données


Les caractéristiques clinicopathologiques des patients, les caractéristiques anatomopathologiques de la tumeur ainsi que les données thérapeutiques et les éléments du suivi ont été recueillis rétrospectivement sur dossiers.


Critères de jugement


Le critère de jugement principal était la survie globale en fonction de la sarcopénie pour l'ensemble de la population. Les critères de jugement secondaires étaient la survie sans ré-hospitalisation à 90jours en fonction de la sarcopénie pour l'ensemble de la population et pour chaque groupe de traitement et l'association entre sarcopénie et proportion et sévérité des complications. Nous avons également évalué l'association entre survie sans progression et sarcopénie.


Analyses statistiques


Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel StatView 5.0®. Les variables quantitatives étaient exprimées en moyenne (DS) ou médiane (IQ) en fonction de la distribution des données. Un test du Chi2 a été utilisé pour comparer les variables qualitatives. Les survies globales, sans progression et sans ré-hospitalisation ont été évaluées et comparées à l'aide des courbes de Kaplan-Meier et du modèle de Cox. Un p <0,05 était considéré comme significatif.


Résultats


Caractéristiques des patients


Cent soixante-huit patients ont été traités pour une TVIM, 137 par cystectomie (81,5 %), 31 par TTM (18,5 %). Après exclusion de 22 patients (20 dans le groupe cystectomie et 2 dans le groupe radio-chimiothérapie) pour lesquels le scanner préopératoire n'était pas disponible, nous avons analysé les données recueillies pour 146 patients dont 117 (80 %) dans le groupe cystectomie et 29 (20 %) dans le groupe TTM. Les caractéristiques clinicopathologiques de la population de l'étude sont présentées dans les Tableau 1A, Tableau 1B, Tableau 1C. La prévalence de la sarcopénie était de 45,9 % dans la population totale de l'étude, 46,2 % dans le groupe cystectomie et 44,8 % dans le groupe radio-chimiothérapie sans différence significative dans les proportions (p >0,9). La durée moyenne de suivi (±écart-type) était de 20,4 (±18,5) mois pour le groupe cystectomie et de 39,2 (±25,9) mois pour le groupe radio-chimiothérapie, la différence étant significative (p <0,001).


Association entre SMI et survies globale ou sans ré-hospitalisation


Dans la population totale de l'étude le SMI non ajusté était significativement associé à la survie globale (HR=0,94 ; IC95 %=0,89-0,99 ; p =0,01) et à la survie sans ré-hospitalisation (HR=0,96 ; IC95 %=0,92-0,99 ; p =0,02). Il n'y avait pas d'association entre SMI et survie sans progression. En analyse multivariée, le SMI n'était plus significatif après ajustement sur l'âge pour la survie globale (HR=0,95 ; IC95 %=0,90-1,00 ; p =0,07). L'explication la plus probable est l'existence d'une corrélation entre âge et SMI.


Association entre sarcopénie et survies globale ou sans ré-hospitalisation


Les résultats sont présentés dans le Tableau 2 et la Figure 2. La sarcopénie n'était associée à aucun type de survie dans la population générale de l'étude ou dans les sous-groupes.


Figure 2
Figure 2. 

Courbe de survie globale selon Kaplan-Meier dans la population totale en fonction de la sarcopénie (en noir : patients non sarcopéniques ; en rouge : patients sarcopéniques ; log-rank p =0,55).




Complications


Dans la population générale, 85/146 patients (58 %) ont présenté une complication. Nous n'avons pas observé de différence significative entre les patients sarcopéniques et les patients non sarcopéniques pour le nombre de complications survenues après cystectomie ou TTM, ainsi que pour leur sévérité. L'ensemble des résultats est présenté dans les Tableau 3, Tableau 4.


Association entre le SMI ou la sarcopénie et la survie sans progression


Il n'y avait pas d'association entre le SMI ou la sarcopénie et la survie sans progression dans la population générale de l'étude ou dans les sous-groupes.


Discussion


La sarcopénie ajustée au sexe et à l'âge selon Martin [18] n'était pas associée à la survie dans notre cohorte. Si d'autres études aboutissent à la même conclusion, plusieurs ont conclu que la masse musculaire striée était corrélée à la survie globale après cystectomie [13, 14, 15, 16, 17]. Le Tableau 5 recense l'ensemble des études évaluant la sarcopénie comme facteur de morbi-mortalité après cystectomie. Le caractère rétrospectif de toutes les études, le choix du procédé de mesure de la masse musculaire et des seuils expliquent probablement cette discordance.


Notre durée de suivi moyenne était de 20,4 mois, recul relativement faible lié à un nombre de perdus de vue important après chirurgie. Elle est responsable, avec le faible effectif de notre groupe TTM, d'un manque de puissance qui pourrait expliquer l'absence d'association entre sarcopénie et survie. Smith aussi n'avait pas pu mettre en évidence d'association entre sarcopénie et survie globale avec un suivi moyen qui n'était que de 16 mois [12].


Nous avions choisi la définition de la sarcopénie selon Martin pour ses points forts :

elle tient compte du sexe et de l'IMC des patients ;
ce seuil a été déterminé à partir des données de 1473 patients atteints de cancer, ce qui est la plus grande cohorte disponible [18] ;
l'applicabilité de ce seuil à une cohorte de patients atteints de cancer de la vessie a été montrée par Mayr et al. [15]. Dans leur étude comprenant 500 patients atteints de TVIM, les auteurs ont calculé leur propre seuil de définition de la sarcopénie et ont trouvé un seuil très proche de celui de Martin et al. [15] ;
elle a déjà été utilisée par deux équipes qui évaluaient la sarcopénie comme facteur de morbi-mortalité après cystectomie [14, 15].


Mais cette définition présente aussi ses limites. Premièrement, l'étude de Martin était une étude rétrospective. Deuxièmement, la généralisation de ses conclusions est discutable, les deux populations n'étant pas comparables : l'étude de Martin était constituée de patients canadiens atteints de cancer gastro-intestinaux ou pulmonaires. De plus, le choix d'un seuil pour une variable appauvrit la portée de celle-ci, même si elle permet une utilisation plus simple en pratique clinique courante. Le choix du seuil du SMI pour répartir les patients comme sarcopéniques ou non sarcopéniques explique probablement la discordance des résultats dans la littérature. Lorsque nous avons effectué nos analyses en utilisant le SMI non ajusté comme variable continue, nous avions observé une association significative entre SMI et survie globale dans les groupes population totale et le sous-groupe traité par cystectomie.


La survie globale du groupe sarcopénie pourrait être sous-estimée dans notre étude. En effet les patients sarcopéniques ont reçu moins de chimiothérapie néo-adjuvante comparé aux patients non sarcopéniques et donc un traitement sub-optimal. Cependant, ce biais reflète la réalité clinique. Les patients sarcopéniques étant plus âgés sont considérés comme plus fragiles et donc moins « fit » pour la chimiothérapie néo-adjuvante.


Les protocoles de réhabilitation anticipée avant chirurgie (RAAC) commencent à se développer en pratique clinique quotidienne [19]. L'hypothèse est que des mesures correctrices de la sarcopénie comme la prescription de compléments alimentaires et l'exercice physique avant la chirurgie, peuvent avoir un bénéfice sur la morbi-mortalité après chirurgie. Cependant, dans une étude prospective comparant l'effet d'une supplémentation orale avant cystectomie sur la sarcopénie et son impact sur la morbi-mortalité après chirurgie, Ritch et al. n'ont pas mis en évidence de différence significative entre les deux groupes pour la survenue de complications et de ré-hospitalisations, bien que la supplémentation orale permettait une correction significative de la sarcopénie comparée au groupe non renutri [20]. Nous n'avons pas pu évaluer l'efficacité de telles mesures dans notre étude du fait de son caractère rétrospectif et de l'absence de données sur ce point.


Conclusion


La sarcopénie telle que définie par Martin (SMI ajusté avec critères de seuil) n'était pas associée à la survie ni aux complications quelle que soit la population étudiée et les modalités thérapeutiques. Son utilisation dans la pratique courante reste controversée et notre étude n'apporte pas d'argument en faveur de son utilisation comme facteur décisionnel dans la stratégie de la prise en charge avant traitement des TVIM.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1A - Population totale. Caractéristiques des patients en fonction de la sarcopénie pour la population totale, le groupe cystectomie et le groupe radio-chimiothérapie. Le nombre de patients pour lequel l'information était disponible est rapporté pour chaque variable.
Population totale (n =146)  Patients non sarcopéniques (n =79) (54 %)  Patients sarcopéniques (n =67) (46 %)  Total (n =146)  p  
Âge (moyenne en années)  66,3  73,3  0,0003 
Sexe        0,63 
Masculin  67 (85 %)  59 (88 %)  126 (86 %) 
Féminin  12 (15 %)  8 (12 %)  20 (14 %) 
Ethnie  n =78  n =67  n =145  0,32 
Caucasienne  60 (77 %)  57 (85 %)  117 (81 %) 
Africaine  1 (1 %)  1 (1,5 %)  2 (1 %) 
Maghrébine  17 (22 %)  8 (12 %)  25 (17 %) 
Asiatique  0 (0 %)  1 (1,5 %)  1 (1 %) 
OMS  n =74  n =65  n =139  0,30 
0-1  63 (85 %)  50 (77 %)  113 (81 %) 
2-3  11 (15 %)  15 (23 %)  26 (19 %) 
Score de Charlson  n =78  n =67  n =145  0,70 
< 25 (32 %)  18 (27 %)  43 (30 %) 
3-6  50 (64 %)  45 (67 %)  95 (65 %) 
> 3 (4 %)  4 (6 %)  7 (5 %) 
Score ASA  n =64  n =57  n =121  0,56 
1-2  50 (78 %)  41 (72 %)  91 (75 %) 
3-4  14 (22 %)  16 (28 %)  30 (25 %) 
Dilatation des cavités pyélocalicielles  n =77  n =65  n =142  0,32 
Oui  18 (23 %)  21 (32 %)  39 (27 %) 
Non  59 (77 %)  44 (68 %)  103 (73 %) 





Tableau 1B - Groupe cystectomie. Caractéristiques des patients en fonction de la sarcopénie pour la population totale, le groupe cystectomie et le groupe radio-chimiothérapie. Le nombre de patients pour lequel l'information était disponible est rapporté pour chaque variable.
Groupe cystectomie (n =117)  Patients non sarcopéniques (n =63) (54 %)  Patients sarcopéniques (n =54) (46 %)  Total (n =117) 
Âge (moyenne en années)  64,7  71,7  0,0009 
Sexe  n =63  n =54  n =117  0,43 
Masculin  53 (84 %)  49 (91 %)  102 (87 %) 
Féminin  10 (16 %)  5 (9 %)  15 (13 %) 
OMS  n =62  n =54  n =116  0,08 
0-1  54 (87 %)  39 (72 %)  93 (80 %) 
2-3  8 (13 %)  15 (28 %)  23 (20 %) 
Score de Charlson  n =62  n =54  n =116  0,48 
< 20 (32 %)  12 (22 %)  32(28 %) 
3-6  39 (63 %)  39 (72 %)  78 (67 %) 
> 3 (5 %)  3 (6 %)  6 (5 %) 
Score ASA  n =62  n =53  n =115  0,64 
1-2  49 (79 %)  39 (74 %)  88 (77 %) 
3-4  13 (21 %)  14 (26 %)  27 (23 %) 
Dilatation des cavités pyélocalicielles  n =61  n =52  n =113  0,24 
Oui  15 (25 %)  19 (37 %)  34 (30 %) 
Non  46 (75 %)  33 (63 %)  79 (70 %) 
RTUV complète avant cystectomie  n =55  n =44  n =99  0,10 
Oui  42 (76 %)  26 (59 %)  68 (69 %) 
Non  13 (24 %)  18 (41 %)  31 (31 %) 
Instillation endovésicale  n =61  n =51  n =112  0,99 
Oui  19 (31 %)  15 (29 %)  34 (30 %) 
Non  42 (69 %)  36 (71 %)  78 (70 %) 
Chimiothérapie néo-adjuvante  n =61  n =53  n =114  0,04 
Oui  14 (23 %)  4 (8 %)  18 (16 %) 
Non  47 (77 %)  49 (92 %)  96 (84 %) 
pT total  n =61  n =53  n =114  0,20 
T0  9 (15 %)  3 (6 %)  12 (11 %) 
Ta-T4  52 (85 %)  50 (94 %)  102 (89 %) 
pT total  n =61  n =53  n =114  0,52 
T0-T1  23 (38 %)  16 (30 %)  39 (34 %) 
T2-T4  38 (62 %)  37 (70 %)  75 (66 %) 
Stade ganglionnaire  n =62  n =54  n =116  0,69 
N0  50 (81 %)  46 (85 %)  96 (83 %) 
N+  12 (19 %)  8 (15 %)  20 (17 %) 
CIS associé sur la RTUV  n =56  n =51  n =107  0,92 
Oui  18 (32 %)  15 (29 %)  33 (31 %) 
Non  38 (68 %)  36 (71 %)  74 (69 %) 
Type de dérivation  n =61  n =53  n =114  0,85 
Bricker  42 (69 %)  35 (66 %)  77 (68 %) 
Entérocystoplastie  17 (28 %)  13 (25 %)  30 (26 %) 
Urétérostomie bilatérale  2 (3 %)  5 (9 %)  7 (6 %) 
Marges chirurgicales  n =61  n =53  n =114  0,40 
R0  52 (85 %)  41 (77 %)  93 (82 %) 
R1  9 (15 %)  12 (23 %)  21 (18 %) 





Tableau 1C - Groupe TTM. Caractéristiques des patients en fonction de la sarcopénie pour la population totale, le groupe cystectomie et le groupe radio-chimiothérapie. Le nombre de patients pour lequel l'information était disponible est rapporté pour chaque variable.
Groupe radio-chimiothérapie (n =29)  Patients non sarcopéniques (n =16) (55 %)  Patients sarcopéniques (n =13) (45 %)  Total (n =29)  p  
Âge (moyenne en années)  72,7  79,9  0,06 
Sexe  n =16  n =13  n =29  NS 
Masculin  14 (88 %)  10 (77 %)  24 (83 %) 
Féminin  2 (12 %)  3 (23 %)  5 (17 %) 
OMS  n =12  n =11  n =23  NS 
0-1  9 (75 %)  11 (100 %)  20 (87 %) 
2-3  3 (25 %)  0 (0 %)  3 (13 %) 
Score de Charlson  n =16  n =13  n =29  NS 
< 5 (31 %)  6 (46 %)  11 (38 %) 
3-6  11 (69 %)  6 (46 %)  17 (59 %) 
> 0 (0 %)  1 (8 %)  1 (3 %) 
Dilatation des cavités pyélocalicielles  n =16  n =13  n =29  NS 
Oui  3 (19 %)  2 (15 %)  5 (17 %) 
Non  13 (81 %)  11 (85 %)  24 (83 %) 
Instillation endovésicale  n =16  n =13  n =29  NS 
Oui  5 (31 %)  2 (15 %)  7 (24 %) 
Non  11 (69 %)  11 (85 %)  22 (76 %) 
Stade tumoral  n =16  n =13  n =29  NS 
T1  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %) 
T2  16 (100 %)  13 (100 %)  29 (100 %) 
Stade ganglionnaire  n =16  n =13  n =29  NS 
N0  15 (94 %)  12 (92 %)  27 (94 %) 
N+  1 (6 %)  1 (8 %)  2 (6 %) 
CIS associé sur la RTUV  n =16  n =13  n =29  NS 
Oui  2 (13 %)  2 (15 %)  4 (14 %) 
Non  14 (87 %)  11 (85 %)  25 (86 %) 
Boost tumoral  n =16  n =13  n =29  NS 
Oui  2 (12 %)  2 (5 %)  4 (14 %) 
Non  14 (88 %)  11 (85 %)  25 (86 %) 
Boost ganglionnaire  n =16  n =13  n =29  NS 
Oui  1 (6 %)  1 (8 %)  2 (7 %) 
Non  15 (94 %)  12 (92 %)  27 (93 %) 



Légende :
NS : non significatif.



Tableau 2 - Analyse de l'association entre sarcopénie et survie globale, survie sans progression et survie sans ré-hospitalisation dans la population globale et par sous-groupe selon la prise en charge thérapeutique.
Population totale  Patients non sarcopéniques (n =79)  Patients sarcopéniques (n =67)  Total (n =146)  RR  IC95 %  p  
Survie globale  n =77  n =67  n =144  0,80  0,38-1,67  0,55 
Patients décédés  13 (17 %)  15 (22 %)  28 (19 %) 
Patients vivants  64 (83 %)  52 (78 %)  116 (81 %) 
Survie sans progression  n =64  n =61  n =125  0,92  0,47-1,78  0,80 
Patients en progression  17 (27 %)  18 (30 %)  35 (28 %) 
Patients en rémission  47 (73 %)  43 (70 %)  90 (72 %) 
Survie sans ré-hospitalisation  n =72  n =63  n =135  0,92  0,52-1,60  0,76 
Patients ré-hospitalisés  24 (33 %)  26 (41 %)  50 (37 %) 
Patients non ré-hospitalisés  48 (67 %)  37 (59 %)  85 (63 %) 
Groupe cystectomie  Patients non sarcopéniques (n =63)  Patients sarcopéniques (n =54)  Total (n =117)  RR  IC95 %  p  
Survie globale  n =62  n =54  n =116  0,78  0,34-1,82  0,57 
Patients décédés  10 (16 %)  12 (22 %)  22 (19 %) 
Patients vivants  52 (84 %)  42 (78 %)  94 (81 %) 
Survie sans progression  n =49  n =48  n =97  0,76  0,34-1,74  0,52 
Patients en progression  10 (20 %)  13 (27 %)  23 (24 %) 
Patients en rémission  39 (80 %)  35 (73 %)  74 (76 %) 
Survie sans ré-hospitalisation  n =56  n =50  n =106  0,98  0,53-1,83  0,95 
Patients ré-hospitalisés  20 (36 %)  20 (40 %)  40 (38 %) 
Patients non ré-hospitalisés  36 (64 %)  30 (60 %)  66 (62 %) 
Groupe radio-chimiothérapie  Patients non sarcopéniques (n =16)  Patients sarcopéniques (n =13)  Total (n =29)  RR  IC95 % 
Survie globale  n =15  n =13  n =28  0,89  0,18-4,45  0,89 
Patients décédés  3 (20 %)  3 (23 %)  6 (21 %) 
Patients vivants  12 (80 %)  10 (77 %)  22 (79 %) 
Survie sans progression  n =12  n =13  n =25  1,22  0,38-3,88  0,74 
Patients en progression  7 (58 %)  5 (38 %)  12 (48 %) 
Patients en rémission  5 (42 %)  8 (62 %)  13 (52 %) 
Survie sans ré-hospitalisation  n =16  n =13  n =29  0,67  0,18-2,50  0,55 
Patients ré-hospitalisés  4 (25 %)  6 (46 %)  10 (34 %) 
Patients non ré-hospitalisés  12 (75 %)  7 (54 %)  19 (66 %) 





Tableau 3 - Complications après cystectomie.
  Patients non sarcopéniques (n =63)  Patients sarcopéniques (n =54)  Total (n =117)  p  
Complications (nombre)  n =61  n =54  n =115  0,27 
Oui  32 (52 %)  34 (63 %)  66 (57 %) 
Non  29 (48 %)  20 (37 %)  49 (43 %) 
Complications (sévérité)  n =32  n =34  n =66  0,28 
Clavien-Dindo≤ 9 (28 %)  13 (38 %)  22 (33 %) 
Clavien-Dindo≥ 23 (72 %)  21 (62 %)  44 (67 %) 
Transfusion  n =58  n =52  n =110  0,89 
Oui  43 (74 %)  37 (71 %)  80 (73 %) 
Non  15 (26 %)  15 (29 %)  30 (27 %) 





Tableau 4 - Complications après radio-chimiothérapie.
  Patients non sarcopéniques (n =16)  Patients sarcopéniques (n =13)  Total (n =29) 
Complications (nombre)  n =16  n =11  n =27 
Oui  9 (56 %)  10 (91 %)  19 (70 %) 
Non  7 (44 %)  1 (9 %)  8 (30 %) 
Complications (sévérité)  n = n =10  n =19 
Clavien-Dindo≤ 8 (89 %)  5 (50 %)  13 (68 %) 
Clavien-Dindo≥ 1 (11 %)  5 (50 %)  6 (32 %) 





Tableau 5 - Résumé des études antérieures évaluant l'association entre sarcopénie et morbi-motalité de la cystectomie.
Auteurs  Année  Nombre de patients  Type d'étude
Durée de suivi 
Définition de la sarcopénie  Résultats 
Smith et al. [12 2014  200  Rétrospectif
16 mois 
Calcul de l'aire musculaire des psoas sur coupe TDM en L3
Détermination du seuil par courbe ROC (Seuil TPA=523 cm2/m2 ; AUC=0,70) 
Sarcopénie non corrélée à la survie globale (p =0,36)
Sarcopénie non corrélée aux complications dans la population totale (p =0,36) 
Wan et al. [21 2014  247  Rétrospectif
NA 
Calcul de la masse musculaire striée totale sur coupe TDM en L4 ou L5
SMI comme variable continue 
SMI corrélé à la sévérité des complications (p =0,017) 
Psutka et al. [13 2014  205  Rétrospectif
6,7 ans 
Calcul de la masse musculaire striée totale sur coupe TDM en L3
Critères de Fearon : SMI<55 chez l'homme et>39 chez la femme 
Sarcopénie corrélée à la survie globale (p =0,003)
Sarcopénie corrélée à la survie spécifique (0,003) 
Hirasawa et al. [14 2016  136  Rétrospectif
46,7 mois 
Calcul de la masse musculaire striée totale sur coupe TDM en L3
Critère de Martin : SMI<43 si IMC<25 ou SMI<53 si IMC>25 chez l'homme et>41 chez la femme 
Sarcopénie corrélée à la survie spécifique (p =0,0045) 
Saitoh-Maeda et al. [17 2017  78  Rétrospectif
24,6 mois (femmes)
30,9 mois (hommes) 
Calcul de l'aire musculaire des psoas sur coupe TDM en L3
Seuil PMI>ou<400 
Sarcopénie corrélée à la survie globale chez l'homme (p =0,023)
Sarcopénie corrélée aux complications chez l'homme (p <0,001) 
Mayr et al. [15 2018  500  Rétrospectif
22 mois 
Calcul de la masse musculaire striée totale sur coupe TDM en L3
Critère de Martin : SMI<43 si IMC<25 ou SMI<53 si IMC>25 chez l'homme et>41 chez la femme 
Sarcopénie corrélée à la survie globale (p =0,002)
Sarcopénie corrélée à la survie spécifique (0,016) 




Références



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