La radiothérapie conformationnelle associée à l'hormonothérapie du cancer de prostate localisé : l'âge est-il un facteur limitant ?

25 mai 2011

Auteurs : A. Faure, T. Negre, X. Murraciole, E. Jouve, R. Sambuc, D. Cowen, E. Lechevallier, C. Coulange
Référence : Prog Urol, 2011, 5, 21, 333-340




 




Introduction


L’incidence du cancer de la prostate est en augmentation. Soixante-deux milles deux cent quarante-cinq nouveaux cas ont été recensés en 2005 en France, dont un tiers des patients atteints avait plus de 75 ans [1]. L’âge moyen du cancer de la prostate lors du diagnostic est de 71 ans [2]. Le cancer de prostate est au premier rang des cancers chez l’homme de plus de 50 ans et au deuxième rang des décès par cancer (9202 décès en 2005 en France).


Avec le vieillissement de la population et l’allongement de la durée de vie (21,4 ans chez l’homme de 60 ans en 2005 [2]), la prise en charge du cancer de la prostate du sujet âgé est un problème de santé publique. La stratégie thérapeutique s’adresse à une population fragile et doit prendre en compte l’impact du traitement sur la qualité de vie de la personne.


Peu de données ont été publiées sur la prise en charge des cancers de prostate chez le patient âgé. Il est aujourd’hui classique de ne pas proposer une prostatectomie radicale à un homme de plus de 75 ans du fait du risque d’incontinence urinaire pouvant altérer de manière significative la qualité de vie. Dans un but curatif, la radiothérapie conformationnelle est une alternative validée dans la prise en charge des adénocarcinomes de prostate localisés. Une étude récente a indiqué que la radiothérapie externe chez les patients âgés de 60 à 75 ans atteints d’un cancer de prostate pouvait améliorer leur qualité de vie [3]. Aucune donnée actuelle ne permet d’affirmer que l’irradiation prostatique à hautes doses (>70Gy) est plus nocive chez les personnes âgées que chez les patients jeunes.


L’objectif de cette étude a été de comparer l’incidence de la toxicité aiguë (survenue avant le troisième mois après le début du traitement) et des séquelles urinaires et digestives basses de la radiothérapie conformationnelle, dans le traitement du cancer de la prostate localisé, chez les patients âgés de plus de 70 ans par rapport à la population âgée de moins de 70 ans.


Patients et méthodes


Entre 1996 et 2009, nous avons colligé dans le service d’urologie de Marseille, de manière rétrospective, les dossiers de 104 patients consécutifs traités par radiothérapie conformationnelle à visée curative pour un cancer de prostate localisé.


Chez les 55 patients âgés de plus de 70 ans, l’âge médian au début du traitement était de 75 ans (71–92). La toxicité aiguë et les séquelles de la radiothérapie conformationnelle, dans le traitement du cancer de prostate localisé, des patients de plus de 70 ans ont été comparées à celle de la population âgée de moins de 70 ans. Les caractéristiques cliniques de notre population sont développées dans le Tableau 1.


Le bilan initial de la maladie comprenait pour les deux populations un dosage du PSA total, un TDM thoraco-abdominopelvien et une scintigraphie osseuse. Aucun des patients n’avait subi de curage ganglionnaire préthérapeutique. Les patients ont été repartis en groupes pronostiques selon les critères de D’Amico [4]. Une radiothérapie conformationnelle de la loge prostatique a été proposée au patient en accord avec les protocoles du centre et avec la décision du patient dûment informé. Les critères d’exclusion étaient : l’existence de métastase à distance et de comorbidités considérées comme ayant une probabilité de mortalité précoce.


Traitement


La radiothérapie conformationnelle à visée curative a délivré une dose médiane de 75,6Gy (66–80) au niveau de la glande prostatique et la base des vésicules séminales. La dose reçue a été inférieure à 70,2Gy pour 39 patients et supérieure ou égale à 75,6Gy pour 65 patients. Le rythme d’irradiation a été huit semaines avec un fractionnement de 1,8 à 2Gy par semaines.


Quarante-quatre des 49 patients âgés de moins de 70 ans et 47 des 55 patients âgés de plus de 70 ans ont reçu une hormonothérapie adjuvante. La suppression androgénique n’a pas été administrée plus d’un an avant la radiothérapie.


Comorbidités


Les antécédents médicaux et chirurgicaux (Tableau 2), les traitements en cours, les symptômes urinaires (Tableau 3), gastro-intestinaux et rectaux ont été répertoriés sur le dossier médical.


Évaluation de la toxicité


La toxicité aiguë et tardive de la radiothérapie a été gradée avec l’échelle CTCAE 3.0 (Common Terminology Criteria for Adverse Events v3.0). La toxicité aiguë a été définie comme les effets secondaires survenant au cours de la radiothérapie ou dans les trois mois qui suivaient la radiothérapie. La toxicité tardive a été définie comme les effets secondaires survenant ou persistant trois mois ou plus après la fin de la radiothérapie.


Nous avons évalué les symptômes urinaires (Tableau 4) et anorectaux (Tableau 5). Les symptômes ont été cotés de 0 (pas de symptômes) à 5 (décès).


Lors de la radiothérapie, les patients ont été suivis de façon hebdomadaire. La première évaluation était prévue entre six et huit semaines après le début du traitement, puis tous les trois mois la première année et tous les six mois les années suivantes. Aucun questionnaire n’a été remis aux patients. La surveillance du traitement a été clinique (signes cliniques et toucher rectal) et biologique (dosage du PSA sérique). Les patients perdus de vue ont été contactés par téléphone afin de recenser leurs symptômes et l’évolution de leur maladie.


La survie sans récidive biochimique


La survie globale a été évaluée à partir du début de la radiothérapie à la date du décès ou de la dernière consultation. La récidive biochimique a été définie selon l’ancienne définition de l’ASTRO [5] correspondant à une élévation du PSA sur trois dosages successifs après l’obtention du nadir. La date supposée de survie sans récidive biochimique a été située entre la date du nadir du PSA post-radiothérapie et la date de réascension du PSA.


Analyse statistique


Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS. Pour la comparaison des variables aléatoires, les tests non paramétriques de Khi-deux, de Pearson et de Fisher ont été employés et pour les variables continues, le test de Mann-Whitney. Les courbes de survie ont été établies selon la méthode de Kaplan-Meier. L’analyse multivariée a été menée selon le modèle de régression de Cox à pas ascendants. Le seuil de significativité était p 0,05.


Résultats


La dose médiane de radiothérapie a été de 75, 6Gy (66–80) et la moyenne 71,9 (écart-type : 3,24) Gy (Tableau 6).


Toxicité aiguë


Soixante-dix-huit patients (75,7 %) ont eu des effets secondaires dans les trois premiers mois suivant le début de la radiothérapie. Aucune différence statistiquement significative n’a été mise en évidence entre les deux populations concernant la toxicité aiguë urinaire ou digestive basse. Pour les patients âgés de plus de 70 ans, l’incidence de toxicité aiguë significative (grade 2 ou plus) était de 27 % pour les symptômes urinaires et de 13 % pour les symptômes anorectaux.


Quatre cas (3,8 %) de toxicités sévères ont été rapportés avec rétention aiguë d’urine ayant nécessité un arrêt temporaire du traitement. Il s’agissait de patients jeunes (trois versus un) qui ont subi une hospitalisation avec sondage urinaire évacuateur. Aucune toxicité de grade 4 ou 5 n’a été rapportée.


Toxicité tardive


Vingt-deux pour cent (n =12) des patients âgés de plus de 70 ans ont développé des séquelles urinaires de grade supérieur ou égal à 2.


Les taux de toxicité tardive supérieur à un grade 2 ont été de 22 % pour les symptômes anorectaux et 16 % pour les symptômes génito-urinaires. Le délai moyen de survenue d’une séquelle de la radiothérapie était de 12 mois (quatre à 83 mois). La fréquence des séquelles de grade 3 était de 0 à 6 % pour les différents symptômes évalués dans les deux populations. Un patient a eu une incontinence urinaire avec des fuites orthostatiques et des infections urinaires à répétition. À la cystoscopie, il y avait un sphincter strié béant et à l’urétérocystographie rétrograde et mictionnelle (UCRM), une vessie de faible capacité (120cc). Les symptômes ont été améliorés par autoréeducation. Trois cas de rectite tardive hémorragique, confirmés par rectoscopie, ont été traités par photocoagulation au laser.


L’association des facteurs pronostiques suivant avec la survenue des séquelles urinaires tardives significatives (grade2) a été évaluée (Tableau 7) : âge (≤70ans vs>70ans), dose de radiothérapie (≤70,2Gy vs >70,2Gy), présence d’une toxicité aiguë urinaire de grade2, le retentissement fonctionnel de la maladie avant traitement.


Parmi l’ensemble des patients qui ont développé une toxicité tardive digestive basse, 22 (21 %) se sont manifestés par des rectorragies et un syndrome rectal. Dans la majorité des cas, les saignements étaient modérés et n’ont pas interféré avec les activités quotidiennes des patients.


L’âge des patients, la dose de radiothérapie, l’utilisation d’une hormonothérapie concomitante, les antécédents de pathologies digestives n’ont pas semblé influencer la survenue de séquelles anorectales tardives (Tableau 8).


Le suivi médian a été de 104 mois (11 à 300 mois) et la moyenne de 106 (écart-type : 39,6) mois.


La survie globale était de 87 % à quatre ans pour les patients âgés de plus de 70 ans (et 84 % pour les patients âgés de moins de 70 ans, p =ns).


La survie sans récidive biochimique (Figure 1) des patients de plus de 70 ans était de 86 % à quatre ans versus 77 % pour les plus jeunes (p =ns). Il y a eu 28 récidives biochimiques (27 %). Onze patients ont eu une récidive biochimique isolée, cinq patients une rechute locale de la maladie et huit patients une progression métastatique. La médiane de survenue de la récidive biochimique a été de 35 mois (cinq à 118 mois) et la moyenne de 42,6 (écart-type : 29,2) mois. En cas de rechute locale de la maladie, un traitement par ultrasons focalisés à hautes fréquences (HIFU) a été réalisé. La maladie métastatique a été traitée par blocage androgénique maximum ou pulpectomie. Quinze patients sont décédés lors de la période de surveillance : sept des 55 patients âgés de plus de 70 ans et huit des 49 patients âgés de moins de 70 ans. Six patients sont décédés en rapport avec l’évolution de leur cancer de prostate. Il n’y a eu aucun décès dû à une toxicité de la radiothérapie.


Figure 1
Figure 1. 

Survie sans récidive biochimique. Grp 1 : hommes <70 ans. Grp 2 : hommes >70 ans.





Discussion


La toxicité de la radiothérapie conformationnelle à dose curative pour le cancer de prostate localisé n’a pas été différente chez les sujets âgés de plus de 70 ans et chez les sujets de moins de 70 ans. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée en termes d’incidence et de sévérité concernant la toxicité chez les hommes âgés. L’incidence des toxicités de grade 3 était faible (0 à 6 %).


Les deux bras étaient équivalents puisque les patients âgés étaient comparables en termes de dose de radiothérapie, de stade de la maladie et de suivi à long terme. La population âgée de notre étude a reçu un traitement similaire. La survie sans récidive biochimique des patients âgés de 70 ans et plus a été meilleure que celle des patients plus jeunes mais non statistiquement significative.


Nos résultats ont été en accord avec la littérature. En effet, Geinitz et al. [6], entre 1994 et 2000, ont montré que la radiothérapie conformationnelle à 70Gy pour un cancer de prostate localisé était aussi bien tolérée chez les patients âgés de 75 ans et plus. La survie des 80 patients âgés de 75 ans était comparable à celle des 221 patients plus jeunes traités pendant la même période (76 vs 61 %, p =0,042).


Hanks et al. [7] avaient conclu qu’il n’y avait pas de différence significative sur les effets secondaires à long terme de la radiothérapie conformationnelle entre les patients âgés de 70 ans et plus par rapport à une population plus jeune, en revanche, les patients âgés traités par radiothérapie conventionnelle avaient plus de complications (p <0,1). Le taux de survie globale de la population âgée était plus faible en rapport avec un taux de décès par maladie intercurrente plus important.


La prévalence des comorbidités augmente avec l’âge (63,5 versus 42,9 %, p =0,034). Chez les personnes âgées, le risque de décéder de morbidité compétitive a été parfois plus important que le risque d’avoir une évolution de la maladie [8]. L’évaluation oncogériatrique initiale a pris en compte l’état général du patient, les morbidités associées, le retentissement fonctionnel de la maladie et le poids des facteurs pronostiques liés au cancer.


La médiane de suivi des patients a été de 104 mois (9–213 mois). Plus de 50 % des patients de cette étude étaient en vie cinq ans après le début du traitement, ce qui représente une proportion suffisante de patients à risque de développer des séquelles tardives. Plus de 90 % des effets secondaires rectaux surviennent dans les 30 mois après la fin du traitement [9, 11, 12]. Concernant la survenue de séquelles urinaires, un délai moyen de 17–43 mois a été rapporté [10, 11, 12]. La pollakiurie et les impériosités mictionnelles ont été les effets secondaires chroniques les plus fréquemment retrouvés mais ont été bien améliorés avec la prescription alpha bloquant.


Notre étude est en accord avec celle de Zelefsky et al. [12] sur la probable association entre la toxicité aiguë apparue pendant la radiothérapie et la survenue de séquelles tardives. Dans leur observation, ils ont montré que l’existence de symptômes digestifs et urinaires lors du traitement multipliait, respectivement, par sept et 3,5 fois le risque de séquelles à distance. Pour la plupart des auteurs, ces effets secondaires chroniques seraient provoqués par des lésions aiguës sévères [13].


La radiothérapie conformationnelle a apporté une amélioration en termes de contrôle local de la maladie puisque dans notre étude, la survie sans récidive biochimique des patients de 70 ans et plus a été meilleure que celle des patients plus jeunes. L’explication de cette constatation n’est pas claire. Le taux de PSA préthérapeutique, le stade et le grade de la tumeur, les groupes pronostiques préthérapeutiques et l’association d’une hormonothérapie néoadjuvante ne différaient pas significativement entre les deux groupes. Geinitz et al. [6] ont suggéré que les patients âgés avaient un taux de testostérone sérique de base plus faible que les patients plus jeunes. Pickles et al. [14] ont surveillé le taux de testostérone après arrêt de la radiohormonothérapie chez les patients avec un âge avancé. La remontée du taux de testostérone a été retardée chez les personnes âgées.


Une étude prospective avec un effectif plus important est nécessaire pour confirmer l’efficacité et la bonne tolérance de la radiothérapie conformationnelle dans la prise en charge des cancers de prostate localisés de l’homme âgé.


Conclusion


La toxicité de la radiothérapie conformationnelle à dose curative (75Gy) pour cancer de prostate localisé n’a pas été différente chez les sujets âgés de plus de 70 ans et chez les sujets de moins de 70 ans. Le traitement a semblé avoir un impact positif sur la survie sans récidive biochimique des patients âgés. L’âge ne doit pas être une contre-indication à la radiohormonothérapie chez l’homme âgé.


Conflit d’intérêt


Aucun.



 Niveau de preuve : 5.





Tableau 1 - Caractéristiques des patients et des traitements.
  Population globale  70 ans  >70 ans  p  
n   104  49  55   
Âge médian (années)  71 (48–92)  65 (48–70)  75 (71–92)   
 
T clinique        0,602 
T1c  15 (14 %)  5 (11 %)  10 (18 %)   
T2a  32 (28 %)  13 (25 %)  19 (33 %)   
T2b  12 (11,5 %)  5 (11 %)  7 (13 %)   
T2c  8 (7 %)  4 (9 %)  4 (8 %)   
T3  34 (30 %)  20 (39 %)  14 (25 %)   
T4  3 (2 %)  2 (4 %)  1 (3 %)   
 
Médiane du PSA initial (ng/mL)  17  20  15,5   
 
Groupe pronostique        0,597 
Faible  6 (6 %)  3 (6 %)  3 (5 %)   
Intermédiaire  29 (28 %)  12 (24 %)  17 (31 %)   
Haut  69 (66 %)  34 (70 %)  35 (64 %)   
 
Médiane de dose délivrée (Gy)        0,078 
66–69,9  14 (13 %)  6 (12 %)  8 (15 %)   
70/70,2  25 (24 %)  16 (32 %)  9 (16 %)   
75,6  63 (60 %)  25 (51 %)  38 (69 %)   
80  2 (3 %)  2 (5 %)   
 
Hormonothérapie associée  91 (87,5 %)  44 (90 %)  47 (85 %)   
Durée médiane de HT (mois)  12  12  12   



Légende :
Groupes pronostiques préthérapeutiques d’Amico : risque faible : T1c-T2a et PSA initial inférieur ou égal à 10ng/mL et score de Gleason inférieur ou égal à 6 ; risque intermédiaire : T2b ou score de Gleason=7 ou PSA supérieur à 10ng/mL et inférieur ou égal à 20ng/mL ; haut risque : T2c ou score de Gleason supérieur ou égal à 8 ou PSA supérieur à 20ng/mL ou T3-T4.



Tableau 2 - Comorbidités nécessitant un traitement au long cours.
  70 ans  >70 ans 
Pathologie cardiovasculaire  19  23 
Diabète insulino- ou non insulinodépendant 
Pathologie bronchopulmonaire 
Proctologie 
Pathologie colique 



Légende :
Pathologie cardiovasculaire : hypertension artérielle, infarctus du myocarde, trouble du rythme cardiaque, anévrisme de l’aorte abdominale, artériopathie des membres inférieurs ; pathologie bronchopulmonaire : bronchopneumopathie chronique obstructive, embolie pulmonaire, cancer poumon ; proctologie : hémorroïdes, fissure anale, constipation chronique ; pathologie colique : diverticulose, cancer côlon.



Tableau 3 - Antécédents urinaires avant traitement.
  70 ans  >70 ans 
HBP avec TRT médical  10  12 
RTUP 
AVH 
Sténose urétrale 
Dysérection 



Légende :
HBP : hypertrophie bénigne de prostate ; RTUP : résection transurétrale de prostate ; AVH : adénomectomie voie haute.



Tableau 4 - Toxicité urinaire par grade.
Symptômes/grades  Définitions 
Dysurie  
Grade 1  Symptomatique ne justifiant pas de traitement médical 
Grade 2  Justifiant le recours aux antispasmodiques 
Grade 3  Justifiant le recours aux opiacés ou antalgiques i.v. 
Grade 4  Justifiant un geste chirurgical 
Grade 5  Décès 
 
Pollakiurie  
Grade 1  Augmentation du nombre de mictions diurnes ou nocturnes, jusqu’à 2 fois la normale, énurésie 
Grade 2  Augmentation du nombre de mictions diurnes ou nocturnes,>2 fois, mais fréquence<1 miction/h 
Grade 3  Fréquence des mictions>1/heure, impériosité, pose d’une sonde urinaire 
 
Incontinence urinaire  
Grade 1  Occasionnelle, à l’effort (toux, éternuement), ne justifiant pas de protection 
Grade 2  Spontanée ou justifiant des protections 
Grade 3  Gênant la vie quotidienne ou justifiant une intervention peu importante (pince, injection de collagène) 
Grade 4  Justifiant un geste chirurgical (cystectomie, dérivation permanente, sphincter artificiel) 
 
Rétention urinaire  
Grade 1  Retard à la miction ou diminution de la puissance du jet sans reliquat significatif 
Grade 2  Justifiant un traitement médical 
Grade 3  Justifiant un cathétérisme pluriquotidien ou une intervention chirurgicale (dont RTU ou cathéter sus-pubien) 
Grade 4  Risque vital ou insuffisance rénale ou rupture vésicale ou chirurgie comportant la résection d’un organe 
Grade 5  Décès 
 
Hématurie  
Grade 1  Microscopique ou modérée, ne justifiant pas de traitement 
Grade 2  Justifiant un traitement médical ou des irrigations vésicales 
Grade 3  Justifiant un traitement endoscopique ou chirurgical 
Grade 4  Faisant courir un risque vital ou justifiant une intervention chirurgicale majeure en urgence 
Grade 5  Décès 
 
Infection urinaire  
Grade 1  Asymptomatique 
Grade 2  Justifiant des antiseptiques urinaires ou une antibiothérapie orale 
Grade 3  Justifiant une antibiothérapie i.v. 
Grade 4  Risque vital 
Grade 5  Décès 



Légende :
RTU : résection transurétrale.



Tableau 5 - Toxicité digestive par grade.
Symptômes/grades  Définitions 
Diarrhée  
Grade 1  Augmentation<4 selles par jour par rapport à la fréquence habituelle 
Grade 2  Augmentation de 4 à 6 selles par jour par rapport à la fréquence habituelle ou requérant une hydratation i.v. pendant moins de 24 heures, ne gênant pas les activités courantes 
Grade 3  Augmentation>6 selles par jour par rapport à la fréquence habituelle ou requérant une hydratation i.v. pendant plus de 24 heures ou une hospitalisation 
Grade 4  Risque vital 
Grade 5  Décès 
 
Incontinence anale  
Grade 1  Protections occasionnelles 
Grade 2  Protections quotidiennes 
Grade 3  Gênant la vie quotidienne ou requérant un geste chirurgical 
Grade 4  Colostomie permanente 
Grade 5  Décès 
 
Rectite  
Grade 1  Inconfort ne justifiant pas de traitement 
Grade 2  Symptômes ne gênant pas la vie quotidienne mais justifiant un traitement médical 
Grade 3  Symptômes gênant la vie quotidienne ou justifiant un geste chirurgical 
Grade 4  Risque vital (perforation…) 
Grade 5  Décès 
 
Rectorragie  
Grade 1  Modérée, ne justifiant pas de traitement autre qu’une supplémentation en fer 
Grade 2  Justifiant un traitement médical 
Grade 3  Justifiant une transfusion ou un geste endoscopique ou chirurgical 
Grade 4  Faisant courir un risque vital ou justifiant une réintervention chirurgicale majeure 
Grade 5  Décès 
 
Hémorroïdes  
Grade 1  Asymptomatiques 
Grade 2  Symptomatiques, justifiant un traitement médical 
Grade 3  Gênant la vie quotidienne ou requérant un geste chirurgical 
Grade 4  Risque vital 
Grade 5  Décès 





Tableau 6 - Toxicité aiguë et tardive de la radiothérapie conformationnelle.
  70 ans  >70 ans  p  
n   49  55   
Toxicité aiguë (%)  79,5  71  0,222 
Toxicité aiguë vésicale  49  51  0,588 
Grade2 (%)  28,5  27   
Toxicité aiguë rectale  45  34,5  0,690 
Grade2 (%)  13   
Toxicité tardive (%)  65  51  0,138 
Toxicité tardive vésicale  28,5  33  0,547 
Grade2 (%)  12  22   
Toxicité tardive rectale  35  24  0,350 
Grade2 (%)  26,5  16   





Tableau 7 - Facteurs pronostiques associés avec la survenue de séquelles tardives urinaires de grade supérieur ou égal à 2.
  Odds ratio  p  
Toxicité aiguë urinaire de grade 2,68  0,080 
Âge (≤70 ans vs >70 ans)  0,9  0,957 
Dose de radiothérapie (≤70,2Gy vs >70,2Gy)  0,4  0,331 
Antécédents urinaires avant traitement  1,6  0,411 





Tableau 8 - Facteurs pronostiques associés avec la survenue de séquelles tardives digestives basses de grade supérieur ou égal à 2.
  Odds ratio  p  
Toxicité aiguë digestive basse de grade 2,4  0,219 
Âge (≤70 ans vs >70 ans)  0,4  0,229 
Dose de radiothérapie (≤70,2Gy vs >70,2Gy)  0,6  0,436 
Antécédents gastro-intestinaux avant traitement  2,6  0,229 




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