La prostatectomie totale périnéale expose à un risque accru d'incision capsulaire en tissu sain et tumoral.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, prostatectomie radicale, voie d'abord périnéale
Auteurs : Vordos D, Ravery V, Toublanc M, Boccon-Gibod L, Delmas V, Boccon-Gibod L
Référence : Prog Urol, 1998, 8, 232-239
BUTS : Comparer les taux de marges d'exérèse positives en tissu tumoral et en tissu sain selon que la prostatectomie totale pour cancer est réalisée par voie rétropubienne et périnéale.
MATERIEL ET METHODES : L'étude est rétrospective, non randomisée, et porte sur 94 patients atteints de cancer cliniquement localisé (T1-T2) de la prostate opérés soit par voie rétropubienne (46 : groupe I), soit par voie périnéale (48 : groupe II). L'ensemble des lames a été revu par deux pathologistes ignorant l'évolution clinique; ont été déterminées : la fréquence des marges tumorales associée à un envahissement extra-capsulaire, à une incision capsulaire, sans que la tumeur franchisse cette dernière, et enfin, l'incidence des incisions de la capsule exposant du tissu tumoral.
RESULTATS : Alors que le nombre de marges d'exérèse en tissu tumoral est équivalent pour les deux groupes (61% pour le groupe I versus 56% pour le groupe II), il est plus important par voie périnéale (43% versus 29%, p < 0,05) lorsque la tumeur est confinée à la glande (pT2). Par ailleurs, le nombre de marges d'exérèse en tissu sain est plus important dans le groupe II (90% versus 37%).
CONCLUSION : La prostatectomie par voie périnéale favorise la création de marges d'exérèse en tissu tumoral chez les patients dont le cancer est confiné à la glande. L'étude des marges d'exérèse en tissu sain fait suspecter que la voie d'abord soit un facteur prédisposant à leur création.