La présence d’une bactériurie asymptomatique augmente-elle le risque de complications et/ou modifie-t-elle l’efficacité du traitement lors d’injections intra-détrusoriennes de toxine botulique A ?

25 novembre 2015

Auteurs : X. Biardeau, X. Biardeau, S. Aharony, L. Campeau, J. Corcos
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 736
Objectifs

Les injections intra-détrusoriennes de toxine botulique A (TBA) constituent un traitement de deuxième ligne de l’hyperactivité vésicale neurogénique (HAV) et idiopathique (HAVi). L’Association française d’urologie recommande la réalisation préalable d’un examen cyto-bactériologique des urines (ECBU) et le report de la procédure en cas de résultat positif. L’objectif est d’étudier l’efficacité et les complications des injections de TBA réalisées dans un contexte de bactériurie asymptomatique.

Méthodes

Aucun ECBU n’était exigé avant l’intervention. Seule une bandelette urinaire (BU) était systématiquement réalisée avant de débuter la procédure. La présence d’une pyurie ou d’une infection urinaire symptomatique contre-indiquait l’intervention. Tous les patients asymptomatiques (BU+ et BU–) bénéficiaient d’une série d’injections et d’un ECBU prélevé au début de la procédure. Les patients BU+ recevaient une antibiothérapie orale probabiliste secondairement adaptée aux résultats de l’ECBU. Le critère permettant d’évaluer l’efficacité était la variation ( %) de la capacité vésicale avant et après les injections intra-détrusoriennes de TBA. Les complications comprenaient la présence d’une infection urinaire symptomatique, d’une hématurie ou d’une hospitalisation dans le mois suivant le geste.

Résultats

L’analyse des complications a été réalisée sur une cohorte de 458 séries d’injections (171 HAVi, 287 HAV). La survenue d’une infection urinaire symptomatique était significativement plus fréquente chez les patients BU+ au moment des injections, que ce soit en analyse uni- ou multivariée (RR= 15,9 ; p <0,001). Aucun cas de complication grave n’était rapporté chez ces patients BU+. L’analyse de l’efficacité était réalisé sur une cohorte de 92 patients (41 HAVi, 51 HAD). L’efficacité était statistiquement comparable entre les patients BU+ et BU– en analyse univariée. En tenant compte de l’âge, du sexe, de l’étiologie, de la dose injectée et du recours ou non aux auto-sondages, l’analyse multivariée ne mettait pas en évidence de différence significative en terme de modification ( %) de la capacité vésicale (p =0,142).

Conclusion

Bien que la présence d’une bactériurie asymptomatique puisse augmenter significativement le risque d’infection urinaire symptomatique au décours des injections intra-détrusoriennes de TBA, elle n’augmente pas le risque d’infection urinaire grave ou de re-hospitalisation. L’efficacité ne semble pas non plus influencée par la présence d’une bactériurie asymptomatique. Ces résultats devraient aider à revoir et adapter nos pratiques.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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