La neurostimulation tibiale postérieure est-elle aussi efficace chez les patients neurologiques que non neurologiques ?

25 novembre 2019

Auteurs : I. Bentellis, Q. Alimi, N. Senal, L. Mathieu, S. Fontaine, A. Manunta, C. Voiry, T. Honoré, J. Hascoet, J. Kerdraon, B. Peyronnet
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 738
Objectifs

La neurostimulation tibiale postérieure transcutanée (NTPT) pourrait être efficace chez les patients neurologiques ayant des symptômes d’hyperactivité vésicale (HAV). Toutefois l’efficacité sur les divers symptômes et éléments du calendrier mictionnel a été peu étudié. L’objectif était de comparer l’efficacité du traitement par NTPT dans le traitement de l’HAV avec et sans étiologie neurogène et entre les étiologies supra-pontiques et « médullaires ».

Méthodes

Les données de tous les patients traités par NTPT pour troubles vésico-sphinctériens entre 2012 et 2016 dans un centre ont été colligées prospectivement. L’évaluation initiale et à 2 mois comprenait un calendrier mictionnel sur 48heures, un questionnaire Urinary Symptom Profile (USP) une évaluation de l’efficacité par échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 (aucune efficacité) à 10 (efficacité maximale). Le matériel utilisé était un URO-stim Schwa medico 2. Les patients ont été divisés en deux groupes : selon qu’il existait une pathologie neurologique sous-jacente (neuro) ou non (non neuro). Les résultats fonctionnels étaient évalués après 2 mois de stimulation.

Résultats

Cent trente-quatre patients ont été inclus, parmi lesquelles 32 %avaient des troubles vésico-sphinctériens liés à une pathologie neurologique. L’EVA moyenne d’efficacité était comparable dans les deux groupes (3,9 vs 4 p =0,72). Dans le groupe « non neuro », l’amélioration du nombre d’épisodes d’urgenturies/24h était significativement plus importante (−2,02 vs 0,04 p =0,02), sans qu’il y ait pour autant de différence significative nombre après NTPT (7 vs 7,4 p =0,97). Le reste des éléments du calendrier mictionnel et des scores USP étaient comparables, hormis le taux d’hyperactivité détrusorienne initiale, plus élevé dans le groupe neuro (59 % vs 79 % p =0,04). Il n’y avait aucune différence significative entre les groupes « supra-pontiques » et « médullaires » (3,7 vs 4,3 p =0,72) (Tableau 1)

Conclusion

La neurostimulation tibiale postérieure transcutanée semble au moins aussi efficace dans le traitement de l’HAV des patients neurologiques que non neurologiques. Des séries de plus grande ampleur permettraient de préciser les critères de sélection de ces patients.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques avant et après la période de NTPT.



Légende :
NTPT : neurostimulation tibiale postérieure transcutanée.
aTest exact de Fisher.
bTest de Wilcoxon-Mann-Whitney.







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