La néphrolithotomie percutanée : est-il possible de prédire le risque de complications infectieuses lors de la consultation thérapeutique (proposition du geste) ?

05 novembre 2020

Auteurs : Y. Boukhlifi, M. Tetou, O. Jendouzi, L. Hamdoune, M. Mrabti, A. Janane, A. Ameur, M. Alami
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 707
Objectifs

Les complications infectieuses (CI) après une néphrolithotomie percutanée (NLPC) sont des complications graves qui peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Notre objectif était d’analyser et de rechercher les facteurs prédictifs de CI avant de faire une NLPC.

Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective observationnelle analytique menée au sein de notre service d’urologie intéressant 360 cas de NLPC pratiquées à partir de janvier 2016 à décembre 2019. Nous avons défini les complications infectieuses (CI) postopératoires comme un SIRS ou un choc septique (critères classiques). Les variables analysées étaient : l’âge, le sexe, les antécédents chirurgicaux et médicaux notamment le diabète, indice de masse corporelle (IMC), caractéristiques du calcul (localisation, taille et unités de Hounsfield [HU]), culture préopératoire, temps chirurgical et calibre de la Gaine d’Amplatz. L’analyse statistique était faite par le logiciel SPSS.20 (différence significative lorsque p 0,01).

Résultats

Âge moyen de 52,75 ans (±13,5), sex-ratio H/F de 1,4, un IMC moyen de 27,29kg/m2, diabète dans 15 % ; 55,56 % des NLPC du côté droit et 44,44 % du côté gauche, un diamètre moyen de 25,88mm avec une densité moyenne de 1002,8 UH (±322). Un temps chirurgical moyen de 118,23minutes (±38,2). Une culture préopératoire dans 100 % et positif dans 32,77 %, les CI survenant chez 64 patients (17,77 %) ; 25 patients (39,06 %) ont développé un SIRS et 39 un choc septique (60,94 %). Les CI étaient plus fréquentes chez les femmes 33 sur 150 (22 %) avec p <0,001, en cas des calculs de diamètre ≥30mm (p =0,049). Sur les 64 patients avec des CI, 40 patients ont présenté une culture d’urine positive (62,5 %), 16 négative (25 %) et 8 contaminé (12,5 %) (p <0,001). Dans la régression logistique binaire, nous obtenus comme facteurs prédictifs préopératoires : sexe féminin OR : 3,4 (IC95 % : 1,6–7,3), diabète OR : 1,6 (IC95 % : 0,4–3,33), taille lithiasique OR : 1,02 (IC95 % : 1–1,04) et culture d’urine préopératoire positive OR : 4 (IC95 % : 2,17–7,33) avec p <0,001.

Conclusion

Femmes diabétiques de grande taille lithiasique et la culture préopératoire positive ont un risque plus élevé de CI. Dans ce groupe de patients, notre conseil est de surveiller de près au début de la période postopératoire. De plus, nous ne recommande pas d’effectuer des procédures bilatérales de manière synchronisée.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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