La néphrectomie du rein natif dans le même temps que la transplantation rénale pour polykystose rénale est-elle une stratégie valide en termes de morbidité ?

25 novembre 2019

Auteurs : Q. Dubourg, C. Dariane, C. Lanz, C. Michel, S. Hurel, M. Pietak, C. Legendre, C. Fournier, D. Joly, A. Rozenberg, A. Méjean, M.O. Timsit
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 734
Objectifs

Dans la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD), la néphrectomie du rein natif peut être indiquée pour complications ou pour faire de la place au futur transplant. L’objectif de l’étude était d’évaluer les résultats postopératoire et à long terme de deux stratégies : néphrectomie et transplantation simultanées ou en deux temps (néphrectomie puis transplantation).

Méthodes

Soixante-seize patients atteints d’une PKRAD ayant subi une néphrectomie du rein natif homolatéral au transplant en préparation à la greffe ou dans le même temps opératoire, entre 2007 et 2017 ont été inclus après exclusion des greffes foie-rein et des patients avec données indisponibles : 38 opérés de façon simultanée (groupe 1) et 38 greffés secondairement (groupe 2). Les caractéristiques, y compris immunologiques, des donneurs et des receveurs ont été recueillies de manière rétrospective. Toutes les complications survenues au cours des hospitalisations ou tardives ont été colligées. La survie du transplant a été calculée par comparaison des fonctions rénales par t -test.

Résultats

Les 76 receveurs avaient des caractéristiques comparables en dehors de l’âge (51,6 ans, groupe 1 vs 55,9 ans, groupe 2, p =0,024) et du taux de transplantations préemptives (76,3, groupe 1 vs 2,6 %, groupe 2, p <0,0001). Le transplant était issu d’un donneur vivant (DV) pour 86,5 % du groupe 1 vs 15,1 % du groupe 2 (p <0,001). Le délai moyen entre néphrectomie et transplantation était de 56,5 mois (groupe 2). Les taux de complications étaient comparables, notamment pariétales ; on observait une tendance non significative aux pertes sanguines augmentées dans le groupe 1 (p =0,06). Le taux de rejet aigu et chronique était similaire, à risque immunologique pré-greffe comparable. La survie du greffon, modélisée par la surveillance de créatininémie était semblable entre les groupes (p =0,1) avec un suivi moyen de 6,8 ans (Fig. 1).

Conclusion

La néphrectomie et transplantation simultanée est une stratégie valide dans la PKRAD, pour des malades sélectionnés notamment dans le cadre du DV. La morbidité n’est pas supérieure aux interventions réalisées en deux temps et la survie du transplant comparable. Cette stratégie permet de réduire le nombre d’hospitalisations et la réalisation de transplantations préemptives sans dialyse transitoire, particulièrement pour les DV.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Évolution de la fonction rénale - t test (p =0,104).





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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