La modélisation 3D, un support efficace de l’information-patient avant chirurgie rénale. (Étude UroCCR-39 : Rein-3D-Print)

25 novembre 2019

Auteurs : A. De Hauteclocque, C. Michiels, J. Sarrazin, M. Faessel, L. Mosillo, M. Percot, P. Blanc, H. Bensadoun, F. Bladou, G. Robert, G. Capon, V. Estrade, J. Ferrière, F. Bos, J.C. Bernhard
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 758
Objectifs

La compréhension de sa pathologie permet une meilleure préparation à la chirurgie. Peu d’outils didactiques existent pour la transmission des informations au patient. Les avancées technologiques, notamment l’impression 3D, offrent des possibilités parlantes. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact d’un modèle 3D personnalisé de rein sur la compréhension anatomique et chirurgicale pour les patients bénéficiant de néphrectomie partielle (NP).

Méthodes

Une étude prospective comparative monocentrique a été menée entre décembre 2017 et mai 2019. Deux groupes de patients programmés pour NP robotique ont été constitués. Un groupe avait accès à la modélisation 3D de son rein tumoral obtenue par segmentation du scanner (Synapse 3D, Fujifilm) puis imprimée (Stratasys J750). Les patients ont répondu à un questionnaire évaluant 3 dimensions de leur compréhension pré-opératoire : anatomie et physiologie rénale, caractéristiques de leur maladie et stratégie chirurgicale proposée dont risques de complications. Les données ont été collectées prospectivement après consentement écrit dans la base de données UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563) et comparées avec des tests de Welch.

Résultats

Parmi les 90 patients inclus et opérés d’une NP, 45 étaient dans le groupe impression 3D. La totalité des patients a rempli le questionnaire. Les patients ayant eu accès à l’impression 3D spécifique de leur situation ont eu des scores de compréhension significativement plus élevés que les patients n’ayant pas eu de modèle imprimé en 3D. Leurs réponses étaient meilleures en anatomie et physiologie rénale (taux d’exactitude : 92,8 % vs 71,6 % ; p <0,001) ; en anatomie tumorale spécifique (91,2 % vs 54,6 % ; p <0,001) et en stratégie chirurgicale (84,1 % vs 57,7 % ; p <0,001).

Conclusion

L’impression 3D patient-spécifique semble être un support efficace de transmission de l’information préopératoire entre chirurgien et patients. Son utilisation pourrait enrichir la qualité de l’échange soignant–soigné en consultation et avoir un rôle médico-légal. À notre connaissance, il s’agit de la plus large étude de la littérature sur le sujet.




 




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