La mini percutanée versus la NLPC standard : avantages et sécurité ?

05 novembre 2020

Auteurs : A. Sakly, W. Zakhama, H. Tabka, Y. Bedoui, M. Manitta, A. Mnasser, M. Binous
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 704-705
Objectifs

Le traitement endourologique de la lithiase urinaire a reconnu une véritable révolution avec l’avènement des techniques modernes, peu invasives et surtout avec la miniaturisation. La mini percutanée, qui était initialement indiquée pour la population pédiatrique, trouve de plus en plus sa place parmi l’arsenal thérapeutique de l’urologue. Les indications de la mini percutanée et la NLPC standard se chevauchent et il n’y a pas de recommandations claires dans les guidelines . Dans la littérature, les données comparant ces deux techniques en termes de sécurité et d’efficacité sont rares. Dans ce sens, nous avons mené cette étude prospective afin de comparer les complications surtout hémorragiques ainsi que l’efficacité.

Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective comparative randomisée menée entre 2017 jusqu’à 2020. Tous les patients étaient opérés par le même chirurgien. Les patients avec des calculs rénaux de taille supérieure ou égale à 2cm étaient inclus dans l’étude. On a exclu les patients de population pédiatrique, les lithiases sur uropathie malformative, les accès multiples. Ainsi, nos patients étaient randomisés en 2 groupes : 59 patients dans le bras de la sNLPC (gaine d’accès de 30 Fr) et 51 patients pour le bras de la mNLPC (gaine d’accès ≤20 Fr). Pour les deux groupes on a recueilli les données démographiques, les caractéristiques des calculs et les données opératoires : durée opératoire, méthode de dilatation, site de ponction, diamètre de la gaine d’accès, et le type de lithotripsie… On a estimé le saignement selon la différence entre la valeur de l’hémoglobine et de l’hématocrite faite la veille de l’acte et 24h en postopératoire ainsi que la nécessité de transfusion. Les complications étaient évaluées selon les critères de Dindo–Clavien.

Résultats

Il n’y avait pas de différence significative concernant l’âge, le sexe, l’IMC, la taille et la localisation des calculs (Tableau 1). Il semble que la durée opératoire était plus longue dans le bras de la minipercutanée 135min vs 110min (p =0,033). On a constaté une chute d’hémoglobine plus importante dans le groupe de NLPC standard (1,53 g-dcl vs 0,73 g-dcl ; p <0,015). En effet, une transfusion était nécessaire lors de 4 procédures et une embolisation sélective dans 2 cas. Pour la mini percutanée, il n’y a pas eu recours à la transfusion et le saignement a été généralement jugulé par le clampage de la sonde de néphrostomie. La majorité des complications constatées étaient classées de grade 1 selon la classification de Clavien–Dindo. Il n’y avait pas de différence significative en terme de complications entre les deux groupes (p =0,45). Le séjour postopératoire était significativement plus court pour le bras de la mini percutanée (2,75 vs 3,8jours) (p =0,02). Le taux de stone free a été évalué en se basant sur les radiographies a j1 et a 1 mois en postopératoire. Ceci a été définit par l’absence de calcul ou une lithiase résiduelle>3mm. Il n’y avait pas de différence significative en terme de SFR entre les 2 techniques sNLPC vs mNLPC (88,2 %vs86 %) p =0,09. Ces résultats sont résumés dans le Tableau 2.

Conclusion

La mini percutanée est une technique sûre et efficace avec une morbidité hémorragique réduite par rapport à la NLPC standard. De nos jours les indications sont élargies aux calculs complexes avec l’apport du laser haute énergie et grâce aux nouveaux systèmes d’irrigation à basse pression.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Récapitulatif des patients et caractéristiques des calculs.







Tableau 2 - Complications et résultats postopératoires.









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Publié par Elsevier Masson SAS.