La microchirurgie vasculaire dans le traitement de l'insuffisance érectile d'étiologie vasculaire : expérience clinique à propos de 115 interventions effectuées selon deux techniques chirurgicales différentes

16 juillet 2001

Mots clés : andrologie, dysérection, chirurgie vasculaire, micro-chirurgie
Auteurs : Sarramon JP, Malavaud B, Bertrand N, Rischmann P
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 707-714
BUTS : Le traitement de l'insuffisance érectile vasculaire peut faire appel à la chirurgie en raison de la fréquente inefficacité des injections intra-caverneuses. La mise en place de prothèses péniennes est une solution définitive qui peut être évitée pour certains patients sélectionnés chez qui une chirurgie vasculaire peut être proposée. Toutefois, ce type de traitement reste controversé quant à ses modalités et à ses résultats. Nous avons donc évalué les résultats selon deux techniques distinctes.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Du 1er janvier 1985 au 31 décembre 1995, 114 patients ont été opérés, en raison d'une impuissance par incompétence veino-caverneuse pure dans 23 cas (20%) associée à une artériopathie dans 38 cas (46%) ou artérielle pure dans 39 cas (34%). L'âge moyen était de 47,5 ± 11 ans (extrêmes : 20 à 74). Ces patients étaient insuffisants érectiles depuis 3,3 ± 3 ans. Dans seulement 6 cas les tests d'érection pharmacologique avaient permis d'obtenir une érection rigide.Deux techniques ont été utilisées : le pontage termino-terminal entre l'artère épigastrique et l'artère dorsale de la verge (ADV), 44 cas, et l'artérialisation de la veine dorsale profonde de la verge (VDP), 71 cas.
RÉSULTATS : Les résultats globaux font état de 54 bons résultats (48%) définis par un retour à des érections normales permettant des rapports sexuels satisfaisants sans traitement complémentaire, 15 améliorations (14%) et 45 échecs (38%) avec un recul moyen de 18 mois (extrêmes : 3 à 120). Ces résultats sont équivalents en cas d'incompétence veino-caverneuse pure (65% de bons résultats) ou de pathologie artérielle associée (52% de bons résultats). Les résultats restent médiocres (31% de bons résultats) en cas de pathologie artérielle pure. Les résultats ne sont pas statistiquement influencés par l'âge ou par l1existence d'un diabète, d'un tabagisme ou d'une HTA. Dans les 3 types d'insuffisance érectile, artérielle, veino-caverneuse ou mixte, l'artérialisation de la VDP donne de meilleurs résultats que le pontage artério-artériel. Cependant cette différence n'est statistiquement significative que dans les incompétences veino-caverneuses pures. La morbidité de l'artérialisation de la VDP est marquée par un risque de syndrome d'hyperdébit de 21% (n=15) qui a imposé une reprise chirurgicale dans 77% des cas (n=11). Il est intéressant de noter que dans ce sous groupe 85% de bons résultats sur la fonction érectile ont été obtenus.
CONCLUSION : Les résultats obtenus dans cette série d'impuissance érectile d'origine vasculaire sont en faveur, quelle que soit l'étiologie de l'insuffisance érectile, d'une meilleure efficacité de l'artérialisation de la VDP par rapport au pontage artériel. Les mécanismes biologiques sous tendant ce meilleur résultat restent à préciser. Cette chirurgie devrait être de préférence réservée aux échecs des injections intra-caverneuses.