La cystite interstitielle.

16 juillet 2001

Mots clés : cystite interstitielle
Auteurs : Lechevallier E
Référence : Prog Urol, 1995, 5, 21-30
Décrite il y a plus de 100 ans, la cystite interstitielle prend difficilement sa place dans la pathologie urologique. Elle concerne essentiellement les femmes d'âge moyen. Deux théories principales expliquent actuellement sa pathogénie : la théorie de l'épithélium perméable et la théorie des mastocytes. Cependant, d'autres facteurs interviennent : vasculaires, neurologiques, infectieux et immunitaires. L'évolution de cette pathologie est chronique, sans passage de la forme non ulcéreuse à la forme ulcéreuse. Il n'existe pas de critère anatomopathologique spécifique, même la présence de mastocytes dans la paroi vésicale. L'histologie permet cependant d'éliminer une autre pathologie vésicale, carcinome in situ principalement. Le diagnostic repose donc sur la clinique et l'endoscopie après avoir éliminé d'autres pathologies. Les examens complémentaires indispensables sont la cystocopie et la cystomanométrie qui doivent être réalisées selon des protocoles rigoureux. Le traitement conservateur repose sur l'hydrodistension vésicale, la rééducation vésicale, les instillations vésicales (DMSO) et les traitements systémiques (pentosanpolysulfate de sodium). Dans 1 à 5% des cas, l'échec du traitement médical et la sévérité des troubles nécessitent un traitement chirurgical. La coagulation électrique ou laser est efficace sur les ulcères. La cystectomie partielle avec cystoplastie est réservée aux formes épargnant le trigone; dans les autres cas évolués ou rebelles, la cysto-urétrectomie avec dérivation urinaire peut être indiquée.