La classification ISUP de 2014 comme critère d’indication d’un curage ganglionnaire lors d’une prostatectomie radicale chez les patients d’ascendance Africaine

25 novembre 2019

Auteurs : E. Perrot, R. Eyraud, G. Gourtaud, S. Seddik, C. Moureaux, V. Roux, C. Senechal, P. Blanchet, L. Brureau
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 659-661
Objectifs

Le curage ganglionnaire durant la prostatectomie radicale est indiqué chez les patients à haut risque, et risque intermédiaire en cas d’envahissement>5 % (nomogramme Briganti…). Ces recommandations sont basées sur des populations caucasiennes et les données manquent concernant les patients d’ascendance Africaine L’objectif est de montrer que le score ISUP seul serait un meilleur critère de décision dans l’indication du curage ganglionnaire pour cette population.

Méthodes

Une étude de cohorte monocentrique a été réalisée entre 2000 et 2016, incluant tous les patients Afro-caribéens traités par prostatectomie radicale, pour un cancer de risque intermédiaire ou élevé selon D’Amico. Les patients ont été reclassés et stratifiés selon la classification ISUP sur la biopsie de prostate. Des analyses de survie sans récidive biologique et avant mise en traitement de rattrapage ont été réalisées selon Kaplan–Meier. Des analyses uni- et multivariées de facteurs prédictifs de récidive biologique et avant mise en traitement de rattrapage selon le modèle de Cox ont également été effectuées.

Résultats

Au total, 1100 patients ont été inclus pour un suivi médian de 6 ans (Tableau 1). Il n’y avait pas de différence significative dans la survie sans récidive biologique (SSRB) à 5 (p =0,89), 10 ans (p =0,94), et avant traitement de rattrapage, entre les groupes intermédiaires et élevés selon D’Amico. En regroupant les patients ISUP 1, 2 (intermédiaire favorable) et ISUP 3, 4, 5 (groupe plus agressif), le groupe intermédiaire favorable avait une meilleure SSRB à 5 (p <0,0001), 10 ans (p <0,0001) (Fig. 1), et avant traitement de rattrapage (p =0,01). La réalisation du curage ganglionnaire n’améliorait pas la SSRB dans ce groupe intermédiaire favorable (ISUP 1 et 2) (p =0,75) (Fig. 2). Un PSA élevé, un score ISUP3, le stade pT3a/pT3b (pièce opératoire), les marges chirurgicales positives étaient des facteurs de risque de récidive biologique (analyse multivariée).

Conclusion

Chez les patients d’ascendance Africaine, le score ISUP seul, semble être un facteur pronostique fiable dans l’indication du curage ganglionnaire lors de la prostatectomie radicale pour les groupes intermédiaires et à haut risque. Ce curage pourrait donc être évité pour les patients ISUP 1 et 2. La création d’un nomogramme propre à cette population permettra d’affiner cette indication.




 





Fig. 1
Fig. 1. 

Survie sans récidive biologique à 5 ans pour les patients ISUP 1 et 2, en fonction de la réalisation d'un curage ganglionnaire ou non.




Fig. 2
Fig. 2. 

Survie sans récidive biologique à 5 ans (a) et 10 ans (b) en fonction de score ISUP à la biopsie.





Déclaration de liens d'intérêts


Union Européennes/Région Nouvelle-Aquitaine.




Tableau 1 - Statistiques descriptives population générale groupe ISUP, 1100 patients avec indications de curage entre 2000 et 2016.



Légende :
Pour 259 patients, le statut risque intermédiaire ou haut risque n'a pu être défini par manque de précision sur un des critères. Pour 45 patients, le statut de récidive n'était pas connu.







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