Intérêts et limites de l’observatoire REVELA13 pour la connaissance épidémiologique des tumeurs de vessie chez la femme dans les Bouches-du-Rhône

25 novembre 2017

Auteurs : T. Martin, G. Karsenty
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 681-682
Objectifs

L’observatoire REVELA13 est un outil épidémiologique unique recensant l’incidence et les caractéristiques épidémiologiques des nouveaux cas de tumeur du rein, de la vessie et des leucémies aiguës dans le département des Bouches-du-Rhône depuis le 2 avril 2012. L’objectif de cette étude était d’exploiter pour la première fois les données de cet observatoire concernant les nouveaux cas de tumeurs de vessie (≥pT1) de la femme dans les Bouches-du-Rhône sur la période 2012–2014.

Méthodes

Il s’agissait d’une étude épidémiologique prospective descriptive observationnelle. À partir de signalements directs à l’observatoire via des fiches dédiées, de signalements indirects via les fiches issues des Réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) et d’une enquête interne d’exhaustivité s’appuyant sur les données croisées des cabinets d’anatomopathologie et des départements d’information médicale (DIM) des Bouches-du-Rhône, quinze variables (cf. Tableau 1) non nominatives étaient analysées. Elles ont permis de décrire les caractéristiques cliniques et anatomopathologiques ainsi que la distribution géographique des nouveaux cas incidents sur la période 2012–2014 dans le département des Bouches-du-Rhône.

Résultats

Au total, 288 nouveaux cas ont été recueillis. Cent vingt et un (42 %) étaient issus des signalements directs, 122 (42 %) des signalements indirects (fiches RCP) et 45 (16 %) ont été ajoutés après réalisation de l’enquête d’exhaustivité. Deux cent onze cas (73 %) ont été diagnostiqués dans des établissements privés, 59 (21 %) dans des établissements publics et 18 (6 %) dans des centres de lutte contre le cancer. Quarante-deux cas (15 %) n’ont jamais été identifiés sur les RCP transmises mais récupérés grâce au contrôle d’exhaustivité. L’âge moyen au diagnostic était de 74.15 ans. Cent quarante-huit (51 %) tumeurs n’infiltraient pas le muscle tandis que 134 (47 %) l’envahissaient. Cent douze (38 %) tumeurs étaient unifocales contre 94 (33 %) multifocales. Trente (10 %) étaient associées à du carcinome in situ (Cis) tandis que 137 (48 %) en étaient dépourvues. Il y avait 16 (6 %) grade 1, 53 (18 %) grade 2 et 200 (69 %) grade 3. Les tailles s’étalaient de 7 à 100mm.

Conclusion

Le taux d’incidence standardisé monde des tumeurs de vessie chez la femme dans les Bouches-du-Rhône était de 3,70 nouveaux cas/an/100 000 habitants, un taux bien supérieur à l’estimation nationale de 2012 évaluée à 2,5. Cette expérience qui nous montre l’intérêt d’un recueil local exhaustif des données (15 % de cas non transmis par les RCP) demeure complexe se heurtant à de nombreux freins réglementaires et illustrant certaines des difficultés du Data Mining dans le domaine médical.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Quinze variables non nominatives issues de la base de données de l'observatoire REVELA13.









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