Intérêt du dosage de la procalcitonine dans l’évaluation de la gravité des pyélonéphrites aiguës obstructives

25 novembre 2016

Auteurs : M. Di Bisceglie, R. Boissier, K. Ben Othman, S. Tran, T. Negre, A. Akiki, S. Gaillet, V. Delaporte, G. Karsenty, E. Lechevallier
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 695
Objectifs

Les pyélonéphrites aiguës obstructives sont des urgences médicochirurgicales pouvant mettre en jeu le pronostic vital du patient. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt pronostique de la procalcitonine sur la survenue de complications dans la prise en charge de la pyélonéphrite obstructive.

Méthodes

Étude monocentrique, rétrospective, incluant les patients hospitalisés pour pyélonéphrite aiguë obstructive entre janvier 2015 et avril 2016. Les critères d’inclusion étaient : dilatation des cavités pyélocalicielles à l’échographie/TDM, et au moins un des critères suivants : fièvre, frissons, ECBU positive et une dérivation urinaire par sonde JJ/néphrostomie. Le critère de jugement principal était : état septique sévère (ESS) (sepsis sévère, choc septique, admission dans un service de soins continus ou réanimation) durant l’hospitalisation. Les critères de jugement secondaires étaient : hémoculture positive, durée d’hospitalisation. Tous les patients ont eu un dosage de PCT sérique à l’admission. Le seuil de PCT choisi était de 1ng/mL.

Résultats

Quarante-huit patients ont été inclus : âge médian 68ans [17–90], 22 (46 %) hommes, 26 (54 %) femmes. La cause de l’obstruction était : 29 (60 %) calculs, 7 (15 %) sondes urétérales bouchées, 4 (8 %) sténoses urétérales, 2 (4 %) compressions extrinsèques, 6 (13 %) sans cause. Trente-trois sur 43 hémocultures positives ont principalement mis en évidence 3 germes : 14 Escherichia coli , 5 Klebsiela pneumoniae , 4 Proteus mirabilis . Une PCT>1ng/mL à l’admission était :

– un facteur de risque d’ESS : 0/17 (0 %) si PCT<1ng/mL versus 17/31 (55 %) si PCT>1ng/mL (OR=21) (p =0,001) ;

– un facteur de risque d’hémoculture positive : 1/15 (7 %) si PCT<1ng/mL versus 14/28 (50 %) si PCT >1ng/mL (OR=15) (p =0,001) ;

– un facteur de risque d’hospitalisation plus longue : 4,2 vs 7,6jours (p =0,03).

Conclusion

Les patients pris en charge pour une pyélonéphrite aiguë obstructive ayant une PCT>1ng/mL à l’admission avaient un risque augmenté de ESS. Le dosage systématique de la PCT lors de la prise en charge initiale d’une pyélonéphrite aiguë obstructive pourrait permettre d’identifier les patients à risque de complications infectieuse, et de prioriser leur prise en charge.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.






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