Intérêt du calendrier mictionnel et du bilan urodynamique dans le bilan d’un syndrome douloureux vésical pour différencier le phénotype clinique

25 novembre 2017

Auteurs : C. Mazeaud, F.-X. Madec, Q.-C. Le Clerc, A. Levesque, T. Riant, J.J. Labat, L. Le Normand, M.-A. Perrouin-Verbe, J. Rigaud
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 697-698
Objectifs

Le syndrome douloureux vésical est défini depuis 2008 par l’ESSIC comme étant une douleur pelvienne chronique évoluant depuis plus de 6 mois avec une pression ou un inconfort perçu en relation avec la vessie ; accompagné par une envie persistante et forte d’uriner ou une pollakiurie. Cependant, cette définition est très vaste et englobe à la fois les patients ayant une cystopathie pariétale (ancienne cystite interstitielle) et ceux ayant une hypersensibilité vésicale. L’objectif de notre étude a été d’analyser les données du calendrier mictionnel et du bilan urodynamique pour les corréler à la capacité vésicale anatomique évaluée sous anesthésie générale.

Méthodes

Étude monocentrique rétrospective reprenant les dossiers de 134 patients ayant tous eu une cystoscopie sous anesthésie générale pour le bilan d’un syndrome douloureux vésical entre janvier 2010 à septembre 2016. Les patients ont été stratifiés en 2 groupes en fonction de la capacité vésicale anatomique mesurée sous anesthésie générale :400mL (n =40) et >400mL (n =94). Les données du calendrier mictionnel, de l’endoscopie sous anesthésie générale et du bilan urodynamique réalisées lors du bilan initial ont été comparées en fonction des groupes.

Résultats

Les comparaisons entre les 2 groupes pour les données du calendrier mictionnel, de la cystoscopie et du bilan urodynamique sont représentées dans les Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3 ci-dessous.

Conclusions

Les données du calendrier mictionnel, de l’endoscopie sous anesthésie générale et du bilan urodynamique ont été corrélées à la capacité vésicale anatomique qui est un élément primordial objectif pour stratifier le « phénotype vésicale » des patients ayant un syndrome douloureux vésicale entre l’ancienne cystite interstitielle et l’hypersensibilité vésicale. Ces données pourraient donc permettre à elles seules d’orienter de façon précoce la prise en charge des patients et de comparer des groupes homogènes de patients.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 -
Calendrier  Capacité≤400mL  Capacité>400mL  p  
Pollakiurie totale  22  16  0,0023 
Pollakiurie nocturne  0,0008 
Capacité fonctionnelle moyenne  81  126  0,008 
Capacité fonctionnelle maximale  150  283  0,0001 
Score EVA moyen prémictionnel  4,1  0,49 





Tableau 2 -
Cystoscopie  Capacité≤400mL  Capacité>400mL  p  
Lésion de Hunner (présence)  16 (40 %)  9 (9,6 %)  0,00013 
Glomérulation (présence)  25 (62 %)  41 (44 %)  0,059 
Lésion inflammatoire  29 (72 %)  34 (36 %)  0,00014 
Saignement lors du remplissage  17 (42 %)  15 (16 %)  0,0017 
Saignement lors de la vidange  29 (72 %)  42 (45 %)  0,0043 





Tableau 3 -
Bilan urodynamique  Capacité≤400mL  Capacité>400mL  p  
Besoin douloureux (mL)  80  169  0,0002 
Capacité vésicale maximale (mL)  117  198  0,0001 
Compliance  26  49  0,0067 







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