Intérêt de l'utilisation du Surgisis™ dans la réparation des pertes de substance urétrale

25 novembre 2012

Auteurs : F. Cour, A. Vidart, E. Chartier-Kastler, A. Haertig, T. Lebret, H. Botto
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 785-786




 



Objectifs.– Les pertes de substance urétrales sont difficiles à traiter, avec un risque de fistule. Leur réparation reste un challenge. Leur fréquence est en augmentation par le nombre de bandelettes sous urétrales posées chez l’homme et la femme qui se compliquent parfois d’une érosion ou d’une obstruction. Le classique lambeau autologue de Martius est souvent difficile, voire impossible, de part son épaisseur, chez ces patientes au vagin rétracté ou chez l’homme. Nous rapportons une série de patients ayant présenté une perte de substance urétrale réparée par un lambeau biologique de Surgisis© (Cook Medical™), matrice de collagène extraite de sous-muqueuse d’intestin de porc.


Méthodes.– Entre octobre 2009 et mars 2012, 15 patients (13 femmes et deux hommes) d’âge moyen 56ans (28–78) ont eu une réparation urétrale avec un lambeau de Surgisis™. Dix patientes avaient eu la mise en place d’un TVT-O © Gynecare™ : sept étaient en rétention chronique par obstruction sévère sur bandelette intra-murale, trois présentaient une érosion urétrale avec une bandelette trans-luminale. Deux patientes avaient une fistule urethrovaginale, l’une après pose d’une bandelette IVS™ (Tyco™), l’autre après cure de diverticule sous-urethral. Une patiente avait un volumineux diverticule sous-urethral avec une perte de substance importante. Un patient avait une érosion suite à une bandelette obstructive (M-SWING©), l’autre après la pose de ballons ACT™. Après ablation la plus complète possible du matériel prothétique précédemment implanté, puis suture du défect urétral réalisable dans tous les cas, sauf chez les deux patients, a été interposé un lambeau biologique de Surgisis©. Le sondage vésical a été de 14jours, et de 21jours chez les deux patients.


Résultat.– Tous les patients ont eu des suites chirurgicales simples, sans infection du site d’implantation, avec l’obtention d’une cicatrisation urétrale complète sans récidive fistuleuse, après un suivi moyen de 15 mois (2–31). À trois mois, le contrôle endoscopique était normal dans tous les cas avec une absence d’obstruction (débitmétrie et résidu post-mictionnel). À distance, huit patients (six femmes, deux hommes) présentent des fuites urinaires à l’effort.


Conclusion.– L’utilisation du lambeau biologique Surgisis© semble intéressant dans la réparation des pertes de substance urétrale. Sa texture souple après hydratation rend son utilisation relativement aisée dans cette région difficile d’accès, souvent multi-opérée. La restitution « ad integrum » de l’urètre permet d’envisager un traitement chirurgical ultérieur d’une incontinence urinaire secondaire.






© 2012 
Publié par Elsevier Masson SAS.