Influence pronostique de la réalisation d'une urétéroscopie diagnostique avant la néphro-urétérectomie pour exploration d'une tumeur de la voie excrétrice urinaire supérieure : résultats d'une étude multicentrique

25 novembre 2012

Auteurs : L. Nison, P. Colin, F. Audenet, M. Zerbib, A. Ruffion, J.-N. Cornu, T. Bodin, S. Hurel, A. Valeri, M. Roumiguie, T. Polguer, N. Hoarau, O. Merigot De Treigny, A. Ouzzane, X. Evanguelos, A. Matte, S. Droupy, G. Karsenty, A. Descazeaud, M. Rouprêt
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 753-754




 



Objectifs.– L’évaluation diagnostique par urétéroscopie (URS) est théoriquement recommandée en présence d’une TVEUS pour obtenir une visualisation directe de la tumeur, faire des biopsies et une cytologie in situ. Cet examen peut conduire à un délai avant la réalisation de la chirurgie radicale (néphro-urétérectomie [NUT]), lorsque celle-ci est finalement décidée. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’influence potentielle de la réalisation d’une URS avant NUT sur la survie des patients.


Méthodes.– Une étude rétrospective multicentrique française incluant 512 patients présentant une TVEUS non métastatique entre 1995 et 2011 a été menée. Les facteurs pronostiques étudiés étaient le délai de prise en charge entre le diagnostic en imagerie et la NUT, la réalisation ou non d’une URS diagnostique (groupe URS+), la localisation tumorale, les stades pT, pTN, le grade, l’invasion lymphovasculaire et la présence d’une marge chirurgicale envahie (R+). Les survies spécifiques (SSP), sans métastase (SSM) et sans récidive (SSR) étaient calculées selon la méthode de Kaplan Meier et une régression de Cox ont été utilisées en analyses uni et multivariées.


Résultat . Au total, 170 patients ont eu une urétéroscopie diagnostique préalable à la NUT (groupe URS+) et 342 patients avaient été traités sans endoscopie préalable (URS−). Le délais moyen entre le diagnostic et la NUT était significativement plus long dans le groupe URS+ comparé au groupe URS− (129,4 vs 94,8jours ; p <0,001). La réalisation d’URS préalable était corrélée à la localisation urétérale, la présence de stades non invasifs et bas grades tumoraux (p =0,02 ; 0,005 ; 0,03). La SSP à cinq ans n’était pas significativement différente entre les deux groupes (80,6 vs 77,5mois ; p =0,23). Seuls le stade pT et le statut R+ étaient des facteurs indépendants de SSP (p =0,005 et 0,009). Il n’existait pas de différence significative entre les groupes URS+ et URS− concernant la SSM et la SSR à cinq ans (p =0,35 et 0,89). Ces résultats étaient confirmés pour le sous groupe des TVEUS infiltrant le muscle (p =0,21 ; 0,44 et 0,67 pour les SSP, SSM et SSR respectivement).


Conclusion.– Une URS diagnostique a été principalement réalisée chez des patients présentant une tumeur urétérale localisée en imagerie. La réalisation d’une URS avant chirurgie d’exérèse a retardé le délai de prise en charge radicale par NUT sans altérer significativement la survie des patients concernés. Conformément aux recommandations en vigueur, une URS diagnostique peut être systématiquement réalisée dans le bilan d’une TVEUS et permettre d’affiner la stratégie thérapeutique (conservateur vs radical) sans nuire au pronostique des patients.






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Publié par Elsevier Masson SAS.