Indications, succès et complications de l'embolisation artérielle en traumatologie rénale

25 novembre 2012

Auteurs : G. Fiard, N. Terrier, C. Sengel, M. Chodez, J.-L. Descotes, J.-J. Rambeaud, J.-A. Long
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 765-766




 



Objectifs.– Étudier à partir d’une base de données recueillie prospectivement les indications, critères de succès et complications de l’embolisation artérielle en traumatologie rénale.


Méthodes.– Entre janvier 2004 et mai 2012, 254 patients ont été pris en charge en urgence pour un traumatisme du rein (78 grades I-II, 54 grades III, 99 grades IV et 23 grades V). Parmi ceux-ci, 27 ont nécessité au cours de leur prise en charge une embolisation artérielle. L’âge moyen était de 27ans (13–63). D’après la classification de l’AAST, les traumatismes étaient de grade III dans quatre cas, de grade IV dans 18 cas et de grade V dans cinq cas. Il s’agissait de traumatismes fermés dans 25 cas, pénétrants dans deux cas (arme blanche).


Résultat.– Une embolisation artérielle sélective a été tentée dans 25 cas (quatre grades III, 18 grades IV et trois grades V). L’indication était l’existence d’une extravasation active au temps artériel sur le scanner initial ou de contrôle. Le taux de succès de la première séance d’embolisation était de 64 % (n =16), avec une fonction rénale relative moyenne à six mois de 41,5 % (35–47). Des complications ont été notées dans neuf cas : resaignement (n =3), apparition d’un pseudo-anévrisme (n =1), dévascularisation parenchymateuse majeure (n =1), sepsis persistant (n =3), syndrome du compartiment abdominal (n =1). Elles ont été traitées par embolisation itérative dans quatre cas et néphrectomie dans cinq cas. Une embolisation proximale a été réalisée dans deux cas, de grade V, pour permettre de différer une néphrectomie programmée au-delà du 4e jour. Aucune complication locale au point de ponction n’a été notée.


Conclusion.– L’embolisation artérielle sélective est un appoint précieux dans la prise en charge des traumatismes rénaux et permet en cas de succès une excellente préservation parenchymateuse. Les complications potentielles (dévascularisation rénale, sepsis, resaignement, pseudo-anévrisme) justifient une surveillance clinique et radiologique rigoureuse, pour des lésions à haut risque de néphrectomie (26 % dans la série).






© 2012 
Publié par Elsevier Masson SAS.