Indication thérapeutique et explorations complémentaires dans l'Hypertrophie Bénigne de la Prostate : intérêt des enregistrements simultanés.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, HBP, Urodynamique, échographie mictionnelle
Auteurs : Costa P, Motet N, Louis JF, Navratil H
Référence : Prog Urol, 1992, 2, 506-516
La dysurie par obstruction adénomateuse provoque une augmentation du travail vésical et représente le point de départ des altérations de la paroi vésicale. Bien que réversibles au début, l'évolution vers la fibrose rend leur récupération d'autant plus incomplète que le traitement est tardif. Evaluer et dépister l'augmentation du travail vésical en présence d'une obstruction débutante permet de poser une indication thérapeutique précoce dans l'histoire naturelle de la maladie. Si l'examen clinique permet d'évoquer un obstacle cervico-urétral, il n'est ni caractéristique de son retentissement vésical, ni suffisant pour définir une population à haut risque. De même l'urétrographie mictionnelle, la débitmétrie ou la cystométrie prises séparément sont incapables d'apprécier précocement le travail vésical. Celui-ci peut être étudié par l'enregistrement de la pression intra-vésicale per-mictionnelle (mesurée par cathéter sus-pubien) rapportée au flot urinaire (mesuré par la débitmétrie). En étudiant les variations de la pression per-mictionnelle par rapport à l'initiation de la miction, il est possible de définir un paramètre intéressant pour l'indication thérapeutique, la POPM (pression d'ouverture pré-mictionnelle du col), qui permet de différencier les 2 mécanismes de l'obstruction: la "compression" caractérisée par l'augmentation de la POPM, comme dans l'adénome, et la "sténose", à POPM inchangée, comme dans le rétrécissement uréthral. Le contrôle après adénomectomie prostatique montre la normalisation de la POPM. La difficulté d'imposer en pratique quotidienne la pose d'un cathéter sus-pubien conduit à développer des approches indirectes, en particulier morphologiques hydrodynamiques ou échographiques endorectales per-mictionnelles.