Incontinence urinaire après prostatectomie ouverte ou laparoscopique pour cancer prostatique localisé. Une revue de la littérature

25 avril 2010

Auteurs : O. Simonin, P.-H. Savoie, G. Serment, F. Bladou, G. Karsenty
Référence : Prog Urol, 2010, 4, 20, 239-250
But

Évaluer la continence urinaire après prostatectomie.

Matériels et méthode

Revue de séries récentes de prostatectomies totales (PT) évaluant la continence postopératoire.

Résultats

Dans les sept séries analysées, la continence variait entre 63,6 et 91,9 %. L’évaluation postopératoire était différente pour chaque étude. Les facteurs objectifs (pad test …), contrairement aux autoquestionnaires, faciliteraient les comparaisons. Les facteurs pronostiques carcinologiques ne semblaient pas impliqués directement. Les facteurs de risque préopératoire d’incontinence retrouvés étaient l’âge, l’IMC, les antécédents de résection prostatique transurétrale (RTUP) ou de chirurgie pelvienne. Les facteurs peropératoires, témoignant des difficultés opératoires, pourraient avoir des conséquences fonctionnelles. La préservation du col accélèrerait la récupération mais pas les résultats fonctionnels. La durée de sondage et la rééducation auraient une influence.

Conclusion

La comparabilité de ces études a été difficile car les techniques chirurgicales, les caractéristiques des groupes et l’évaluation étaient différents. De nombreux facteurs de risque ont été retrouvés mais de façon non consensuelle.




 




Introduction


La pratique courante du dosage du PSA chez les hommes entre la sixième et la huitième décade tant en Europe qu'en Amérique du Nord a conduit, au cours des dix dernières années, à une augmentation du nombre de cancers de la prostate (Cap) diagnostiqués (plus de 186 000 nouveaux cas par an dans le monde [1]). Quatre-vingt-onze pour cent des nouveaux cas sont dépistés à un stade local ou régional et leur survie relative à cinq ans est proche de 100 % [1] . De nombreux Cap sont curables par monothérapie (chirurgie, radiothérapie externe, curiethérapie...).

La conséquence directe a été une augmentation du nombre de prostatectomies totales (PT) (ouverte, laparoscopique ou robotisée) pratiquées pour Cap localisé significatif [2]. L'incontinence urinaire (IU) et les troubles érectiles sont les complications fonctionnelles durables les plus fréquentes de la PT. L'IU postprostatectomie altère sévèrement la qualité de vie de patients dont l'espérance de vie est théoriquement supérieure à dix ans [3]. La fréquence et la sévérité de l'IU ont été diversement évaluées dans la littérature et ces appréciations reposaient principalement sur des études anciennes ne correspondant ni aux patients, ni aux techniques actuels.

La maturité atteinte par les techniques opératoires dans les deux voies d'abord, la diffusion facilitée de ces évolutions techniques, l'augmentation du nombre d'interventions par chirurgien dans les centres référents ont-elles conduit à une diminution du taux d'IU postprostatectomie par rapport aux séries historiques ? Bien qu'un nombre croissant de techniques de traitement de l‘IU postprostatectomie soit disponible, il demeure crucial de disposer de données fiables permettant une information équitable des patients candidats à une PT et offrant à chaque centre et à chaque praticien une référence permettant l'autoévaluation.

Nous proposons une revue des séries contemporaines de PT laparoscopiques, robotisées ou par voie ouverte évaluant la continence urinaire postopératoire.


Matériels et méthode


La recherche bibliographique a été effectuée sur la base de données de la National library of medecine (NLM, Bethesda, États-Unis, outil de recherche PubMed). Le mot « prostatectomy » a été successivement croisé (opérateur ADN) avec les mots « incontinence », « continence », « functional results », « complications » et « morbidity ». Afin d'analyser des publications présentant un niveau de preuve intéressant et se rapportant à des études témoignant au maximum de procédés actuels, nos critères de sélection ont été les suivants :

article de langue anglaise ou française ;
publié durant les trois dernières années (jusqu'en décembre 2008) ;
rapportant les résultats fonctionnels urinaires d'études cliniques originales incluant plus de 500 patients ;
se référant à des interventions chirurgicales pour PT sur cancer prostatique localisé.

Le niveau de preuve des publications a été conféré en accord avec les recommandations de l'American college of chest physicians.

Au sein de ces publications, nous avons recensé (et présentons comme « facteurs de risques ») les paramètres considérés dans chaque étude comme étant susceptibles d'avoir une influence sur la récupération de la continence urinaire après l'intervention, selon la définition suivante :

les caractéristiques des groupes étudiés qui sont explicitement présentées comme étant des facteurs de risques par les auteurs ;
toutes les caractéristiques des groupes étudiés qui sont décrites avant analyse.

En outre, nous avons répertorié pour chacune des études présentées :

la définition de l'IU considérée par l'auteur ;
les méthodes d'évaluation de l'IU et le « support » utilisé (examen clinique, autoquestionnaire, appel téléphonique, etc.) ;
le délai écoulé entre l'évaluation de l'IU et la PT.


Résultats


Sept publications, témoignant d'études dont les caractéristiques générales figurent dans le Tableau 1, souscrivaient aux critères de sélection.

Les paramètres descriptifs des séries étudiées sont présentés dans les Tableau 2, Tableau 3. Les critères et modalités d'évaluation de la continence urinaire postopératoire choisis par chaque équipe sont exposés dans les Tableau 4, Tableau 5. Figurent également dans ces tableaux, les résultats d'IU obtenus pour ces études.


Discussion


Le niveau de preuve des publications recensées était faible (études rétrospectives, simple suivi de cohorte...) mais les résultats présentés témoignaient de l'expérience de diverses techniques opératoires (laparoscopie extrapéritonéal [EP] et transpéritonéal [TP], chirurgie rétropubienne ou robotisée) et étaient issus de séries d'effectifs importants (de 550 à 2415 patients). Ces avantages n'ont pas été valorisés car l'exploitation de ces résultats étaient difficile, voire impossible. La comparabilité de ces travaux étaient discutable dans la mesure où les groupes étudiés ne présentaient ni les mêmes caractéristiques ni les mêmes critères d'évaluation.


Les facteurs de risque


Malgré la quantité et la diversité des informations fournies par chaque équipe pour décrire les populations étudiées (Tableau 2, Tableau 3), rares étaient les paramètres communément renseignés :

l'âge du patient au moment de l'intervention ;
le taux de PSA préopératoire ;
le statut tumoral anatomopathologique ;
la positivité des marges en fonction du stade ;
la durée de sondage.

Par ailleurs, aucune de ces caractéristiques n'a été consensuellement admise comme facteur de risque d'IU post-PT dans la littérature.

Par exemple, bien que de nombreuses équipes rapportaient une association significative entre l'âge du patient au moment de la PT et l'IU postopératoire [8, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17], certaines études ont infirmé cette corrélation (les détracteurs de ces dernières prétendaient que ces résultats étaient dus à une faible inclusion de patients très âgés) [18, 19]. Il paraîtrait légitime de penser que l'âge représentait un facteur indirect de moindre récupération fonctionnelle urinaire – via la diminution de la tonicité tissulaire, le déficit androgénique, l'augmentation du rapport masse grasse–masse maigre, le contexte de « sédentarisation » et la perte d'autonomie. Au même titre, l'indice de masse corporelle (IMC) (qui, lui aussi, était sujet à controverse quant à son lien avec l'IU post-PT [14, 15, 20, 21]) pourrait être impliqué indirectement dans ce trouble postopératoire du fait d'une diminution de masse musculaire et d'une hyperpression abdominale.

À l'instar de nombreux auteurs [11, 12, 13, 14, 16, 21], les sept équipes présentement étudiées mentionnaient le taux moyen de PSA préopératoire de leurs séries alors que, par exemple, l'analyse multivariée de Sacco et al. n'a pas retrouvé pas d'association significative entre ce paramètre et l'IU postopératoire [8]. Ces mêmes auteurs rapportaient également l'absence d'association entre ce trouble urinaire et le stade clinique préopératoire, pourtant fréquemment présenté dans la description des séries suivies post-PT [11, 14, 15]. Tout comme le score de Gleason préopératoire obtenu sur biopsies (caractéristique également souvent citée [11, 14, 15]), ces paramètres étaient essentiellement mentionnés dans les études post-PT en tant que facteur de risque de récidive tumorale et n'étaient pas spécifiquement dédiés à l'étude de l'IU postopératoire. Ces données pourraient être indirectement liées à l'IU post-PT, dans la mesure où l'élévation de ces cotations reflétait l'agressivité tumorale, traduisant elle-même la nécessité d'une chirurgie potentiellement plus délabrante par l'ablation tumorale exhaustive imposée.

En ce qui concerne l'association éventuelle entre antécédents de résection prostatique transurétrale (RTUP) et augmentation de taux d'IU post-PT, au contraire des équipes admettant sa pertinence [15, 16], Sacco et al. [8] réfutaient sa significativité. Ces actes, par l'intermédiaire d'infiltrations de glycocolle ou de modifications de plans de dissections, pourraient occasionner une gêne opératoire lors de la prostatectomie. De même, tout acte antérieur de chirurgie pelvienne (antécédent parfois mentionné également dans la description des patients suivis post-PT [21]), pourrait entraîner des lésions neuromusculaires pelviennes, susceptibles de modifier l'intervention elle-même ou ses suites fonctionnelles.

Enfin, le volume (ou le poids) prostatique, bien que largement rapporté dans la description des séries étudiées dans le cadre du suivi post-PT [13, 14, 21], semblait, d'après certains auteurs [15, 19, 20], ne pas présenter d'association significative avec les taux d'IU postopératoire. L'analyse des différents travaux sur le sujet s'est avéré d'autant plus délicate que les auteurs ont choisi des modalités différentes d'évaluation du volume prostatique (TR, sonde échographique, anatomopathologie). Néanmoins, il était tentant de penser que ces deux paramètres soient liés ; l'importance des dimensions prostatiques à exciser diminuerait la longueur fonctionnelle urétrale restante.

Précisément, d'après Van Randenborgh et al. [22], la préservation d'une longueur maximale de l'urètre par dissection prudente de sa portion distale intraprostatique permettrait une amélioration significative et un retour plus rapide de la continence urinaire post-PT. En ce qui concernait les autres paramètres peropératoires, la préservation du col vésical (dictée avant tout par les exigences oncologiques), l'invagination de celui-ci et l'éversion de sa muqueuse ou l'anastomose vésico-urétrale par points séparés (qui diminueraient le risque de sténose urétrale) étaient, pour de nombreux auteurs [20, 23, 24], corrélées à l'amélioration et surtout à la vitesse de récupération de la continence urinaire post-PT mais certaines équipes n'ont retrouvé aucune association entre ces paramètres [25, 26]. Paradoxalement, la préservation des ligaments puboprostatiques et celle des bandelettes érectiles ne faisaient pas non plus l'unanimité quant à leur implication dans la récupération de la continence urinaire postopératoire [8, 15, 20]. Par ailleurs, les précisions données par les auteurs à l'égard du taux de conversion en laparotomie, de la durée moyenne de l'intervention, des pertes sanguines, des complications peropératoires ou de l'expérience du chirurgien avaient probablement une vocation descriptive chirurgicale strictement technique. Cependant, ces paramètres pouvaient témoigner d'une difficulté opératoire (inhérente aux antécédents ou à l'anatomie du patient ou à l'invasion tumorale) et étaient, à ce titre, susceptibles d'avoir, une répercussion fonctionnelle [15]. Enfin, le taux de curage ganglionnaire et les caractéristiques tumorales postopératoires (Gleason, stade anatomopathologique, taux de marges positives en fonction de ce dernier et évolution du taux de PSA en post-PT), comme les paramètres tumoraux préopératoires, ont été cités préférentiellement à titre oncologique prédictif car leur association avec le taux d'IU post-PT n'était pas formellement démontré [8, 15]. Cependant, comme le statut tumoral préopératoire, ces données pourraient être indirectement liées à l'IU post-PT puisqu'elles déterminaient la potentielle nécessité de mise en place de traitements complémentaires (radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie). Ces traitements étaient susceptibles d'être impliqués dans les mécanismes de récupération de continence urinaire postopératoire (bien que certaines études ont soutenu le contraire pour l'hormonothérapie néoadjuvante [14]).

D'autres paramètres post-PT, fréquemment détaillés par les auteurs, contribuaient essentiellement à la description classique du suivi d'une série, dans le cadre de la présentation d'une technique opératoire. Ils n'étaient qu'éventuellement et indirectement associés à l'IU postchirurgicale. En effet, la durée de sondage et celle de l'hospitalisation pouvaient refléter une complication médicale ou chirurgicale, elle-même potentiellement pourvoyeuse de moindre récupération fonctionnelle urinaire postopératoire. Par exemple, plusieurs études ont rapporté une association significative entre le développement d'une sténose de l'anastomose vésico-urétrale et le taux d'IU post-PT [8, 15].

Au vu du nombre et de la diversité des caractéristiques présentées dans les sept études sélectionnées, il était regrettable qu'aucun auteur n'ait mentionné la distribution des patients au sein de chaque série, en fonction du statut urinaire individuel préopératoire et en fonction d'une éventuelle rééducation périnéale postchirurgie. En effet, Castille et al. ont montré que les patients présentant une vessie instable et un obstacle infravésical (identifiés à partir d'un examen urodynamique préopératoire) comportaient une majoration du risque d'IU post-PT (la continence urinaire étant évaluée par la méthode objective du pad test ) [27]. De même, Van Kampen et al. ont rapporté, dans une étude prospective, comparative, randomisée une diminution significative du taux d'IU postopératoire (évaluée par pad test ) pour les patients bénéficiant d'un traitement par rééducation périnéale post-PT [17].

Il s'avèrait donc difficile de cerner les facteurs de risque d'IU post-PT par une revue des études rapportant les résultats postchirurgicaux car ces travaux :

étaient souvent descriptifs et très peu étaient conçus prospectivement pour mettre en évidence la responsabilité d'un paramètre particulier dans l'amélioration ou l'aggravation de l'IU post-PT ;
présentaient, sans distinction, les caractéristiques susceptibles de menacer le pronostic oncologique et celles capables d'influer sur la récupération fonctionnelle.

Par ailleurs, les travaux produits spécifiquement dans cette perspective d'analyse des facteurs de risque d'IU post-PT rapportaient leur difficulté à comparer les études entre elles du fait des différences de définition et d'évaluation de l'IU [8, 15, 20].


L'évaluation de l'IU


Le Tableau 5 témoigne justement de cette disparité d'une équipe à l'autre puisqu'il existait une grande diversité concernant :

l'« unité » de mesure de l'IU : les résultats étaient présentés en fonction du nombre de protections portées par le patient ou du nombre de fuites urinaires (voire même en fonction du temps de récupération de la continence). Par ailleurs, les fréquences choisies concernant le renouvellement des protections ou la survenue des fuites étaient très variables d'une étude à l'autre (nycthémérale, diurne, nocturne, occasionnelle, sans précision) et parfois il existait même une confusion entre la notion de fréquence et celles de motivation ou de contexte (port de protection « par précaution » ; fuite urinaire à l'effort) ;
la classification : la variabilité des bornes choisies pour ordonner les résultats pouvaient rendre la comparaison de ceux-ci impossible (par ex. la proportion de patients portant zéro sur une à deux sur plus de deux protections par jour étaient impossible à comparer au pourcentage de patients portant inférieure ou égale à une protection par jour) ;
la date d'évaluation : les délais d'évaluation d'IU, quand ils étaient précisés, apparaissaient différents d'une étude à l'autre (à l'ablation de la sonde, un, trois, six, 12 et 24 mois) et les dates d'obtention des résultats présentés, quand elles étaient précisées, ne correspondaient pas toujours aux divers temps d'évaluation annoncés ;
le « support » : la plupart des équipes ont utilisé des autoquestionnaires pour apprécier l'IU postchirurgicale mais la procédure et les documents employés pouvaient être différents d'une étude à l'autre (questionnaire identifié ou non, validé ou non, parfois accompagné d'un interrogatoire par un praticien).

La disparité de ces caractéristiques d'évaluation a empêché de comparer rigoureusement les résultats présentés et a engendré une importante perte d'informations. En outre, le choix de la nature même de ces caractéristiques pouvait être remis en cause.

En effet, le nombre de protections portées constituait un reflet assez subjectif des pertes urinaires puisqu'il pouvait varier en fonction de la personnalité du sujet et des circonstances (protection justifiée ou anticipatoire) et ne permettait pas de cerner réellement la quantité d'urines perdues involontairement (seul témoin exact de l'importance de l'IU). Il semblerait préférable de choisir un critère d'évaluation strictement objectif comme le pad test (quantifiant précisément le poids des fuites urinaires en pesant les protections du patient). Le recours à l'évaluation de l'IU par l'intermédiaire du nombre de protections portées par le sujet paraissait peut-être, pour les investigateurs, plus simple à renseigner par le patient et plus adapté au recueil de l'information par autoquestionnaire. Cependant, le pad test serait envisageable à domicile sur 24heures avec confirmation hospitalière par un pad test horaire. La distribution graduée des résultats d'IU postopératoire d'une série pourrait ensuite être présentée en fonction, par exemple, du nombre de grammes d'urines perdues par heure ou par 24heures (ex. : taux de patients en grade 0 (correspondant à un score de pad test inférieur à 1g ; taux de patients en grade 1 [pad test entre 1 et 10g] ; etc. [27]). Par ailleurs, bien qu'apparemment objective, l'estimation par certains, de l'IU grâce au volume des fuites urinaires, évalué en nombre de cuillères à soupe était approximative : évaluation a posteriori, faite par le patient. Enfin, il est regrettable que ces études ne rapportent pas le pourcentage de chirurgie de l'incontinence secondaire (urétrotomie, bandelettes, sphincter...). Simple à colliger, cette donnée apparaît pourtant capitale dans l'évaluation objective des complications d'une PT, tout en donnant une information sur les incontinences postopératoires les plus sévères.

En ce qui concerne les dates d'évaluation des fuites urinaires, une tendance commune semblait se dégager pour le choix d'un suivi à six et 12 mois. Ces délais semblaient intéressants à retenir car une évaluation antérieure à six mois paraissait prématurée pour juger de l'efficacité d'une rééducation périnéale ou du rétablissement physique, en particulier musculaire du patient.

Par ailleurs, certaines études se sont appuyées sur des résultats émanant d'autoquestionnaires, envoyés au patient et complétés par lui seul. Ce procédé semblait simple et constituait, pour divers auteurs, un reflet plus fiable de la réalité dans la mesure où l'encadrement par un praticien lors des réponses au questionnaire était susceptible d'influencer ces dernières [28]. Au contraire, certaines études ont critiqué la validité de cette procédure en rapportant, lors d'évaluation par cet outil, des résultats d'IU différents en fonction de la définition de la continence et en fonction du nombre d'options laissées au patient pour caractériser son IU [29]. Le minimum de précautions requis pour l'utilisation fiable des résultats, issus de ces autoquestionnaires, lors de comparaisons de divers travaux semblait donc être l'assurance du recours au même document (harmonisation des items renseignés) et la validation de celui-ci (gage de fiabilité des réponses par rapport à la réalité) d'une étude à l'autre. L'avantage du pad test , par l'objectivité de ces résultats, permettrait de surmonter les écueils de ces autoquestionnaires.

Enfin, il faut souligner l'intérêt (non mis à contribution dans les travaux présentés) du bilan urodynamique dans l'évaluation des capacités urinaires postopératoires, du fait des précisions qu'il serait susceptible d'apporter quant à la caractérisation de l'IU décelée. Une meilleure connaissance des mécanismes responsables de cette incontinence contribuerait potentiellement à une meilleure prise en charge du fait d'une orientation préférentielle vers le traitement le mieux adapté en fonction du trouble mis en évidence.


Conclusion


Cette revue de la littérature concernant les suites fonctionnelles urinaires rapportées après PT pour cancer localisé a permis donc de mettre en évidence l'absence de consensus encadrant les modalités d'obtention et de présentation de ces résultats et a fait apparaître les conséquences néfastes de ce défaut d'harmonisation : comparaison rigoureuse des conclusions de plusieurs études entre-elles est impossible et perte d'informations.

Pour combler ces lacunes, il semblait impératif de mener une réflexion et des actions visant à améliorer la connaissance des mécanismes d'IU post-PT et aboutissant à une standardisation de la procédure d'appréciation d'IU postopératoire, gage de fiabilité des analyses comparatives des travaux produits sur le sujet. Dans cette perspective, certaines dispositions concernant les études s'intéressant au suivi post-PT, pouvaient être proposées :

la présentation des caractéristiques des séries analysées devrait distinguer les facteurs de risques oncologiques de ceux susceptibles d'influer sur la récupération de la continence urinaire ;
des études prospectives ciblées devraient être élaborées afin de mieux cerner les facteurs de risques de majoration d'IU postopératoire ;
l'intérêt de la rééducation périnéale post-PT et celui des résultats de bilans urodynamiques (en préopératoire pour l'identification de patients à risque de moindre récupération fonctionnelle urinaire ; en postopératoire pour une caractérisation plus précise des mécanismes de l'IU) devraient davantage être considérés ;
concernant l'évaluation de l'IU post-PT : le pad test (permettant une quantification objective des fuites urinaires) devrait être préféré à l'appréciation par autoquestionnaire et nombre de protections portées par le patient (méthode moins rigoureuse) ;
des délais d'évaluation à six et 12 mois semblent les plus appropriés.

Enfin, il fallait rappeler l'importance des répercussions de ce trouble urinaire postopératoire en termes de santé publique, compte tenu du nombre de patients concernés par cette chirurgie et de l'inconfort de vie généré. Cette importance justifierait l'intérêt d'un effort d'harmonisation dans l'appréciation de cette IU. Les différents travaux pourrait être plus facilement comparé afin de faire émerger les meilleures techniques opératoires et les traitements les plus efficaces de cette incontinence.




Tableau 1 - Caractéristiques générales et niveaux de preuve des séries étudiées.
Institutions  Nature de l'étude  Nombre de patients  Objectifs de l'étude  Période d'étude  NP 
McGill university (Montreal, Canada) [4 Rétrospective
Multicentrique 
2415  Présentation :
des résultats fonctionnels (troubles érectiles et urinaires) ;
de l'analyse de certains facteurs de risque de ces troubles pour une série de patients ayant bénéficié d'une PR rétropubienne 
1988–1996 
 
Vattikuti Urology Institute (Detroit, États-Unis) [5 Étude non comparative
Suivi de cohorte
Monocentrique 
2210  Présentation :
des résultats oncologiques et fonctionnels (troubles érectiles et urinaires) ;
des complications per- et postopératoires d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR robotisée 
2000–2006 
 
Université de Leipzig (Leipzig, Allemagne) [6 Rétrospective
Monocentrique 
1300  Présentation :
des résultats oncologiques et fonctionnels (troubles érectiles et urinaires) ;
des complications per- et postopératoires d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR laparoscopique EP 
2001–2006 
 
Charité Hospital Berlin Mitte (Berlin, Allemagne) [7 Rétrospective
Monocentrique 
1000  Présentation :
des résultats oncologiques et fonctionnels urinaires ;
des complications per- et postopératoires d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR laparoscopique TP 
1999–2004 
 
University of Padova (Padova, Italy) [8 Rétrospective
Monocentrique 
985  Présentation :
des résultats fonctionnels urinaires (avec étude de leurs facteurs de risque et de leur évolution)
d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR rétropubienne 
1986–2001 
 
Institut Montsouris (Paris, France) [9 Étude non comparative
Suivi de cohorte
Monocentrique 
600  Présentation :
des résultats oncologiques et fonctionnels (troubles érectiles et urinaires) ;
des complications per- et postopératoires d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR laparoscopique EP 
2002–2004 
 
Hôpital H.-Mondor (Créteil, France) [10 Étude non comparative
Suivi de cohorte
Monocentrique 
550  Présentation :
des résultats oncologiques et fonctionnels (troubles érectiles et urinaires) ;
des complications périopératoires d'une série de patients ayant bénéficié d'une PR laparoscopique EP 
2001–2005 



Légende :
EP : extrapéritonéal ; TP : transpéritonéal ; NP : niveau de preuve.



Tableau 2 - Paramètres présentés dans la description de chaque série étudiée.
Paramètres présentés  Montréal [5 Détroit [6 Leipzig [7 Berlin [8
Préopératoire  
Patient 
Âge (moyenne en année)  63,6  60,2  63,4  62 
IMC (moyenne)  nc  27,6  nc  26,4 
ATCD de résection prostatique  nc  nc  5,3 %  8 % 
ATCD de chir abdopelvienne  nc  30,1 %  25,8 %  40,4 % 
Facteurs socioéconomiques  nc  nc  nc 
 
Statut tumoral 
PSA (moyenne en ng/ml)  nc  6,43  10,1  8,78 
Stade clinique (%)  nc  1a : 0,3 ; 1b : 0 ; 1c : 77,3  nc  nc 
T1    2a : 18,4 ; 2b : 3,6     
T2    3a–b : 0,4     
T3    49,9  47,2  nc 
Poids prostatique (moyenne en g)  nc  5 : 0,3 ; 6 : 57,2 ; 7 : 34,7  nc  nc 
Gleason sur les biopsies (%)  nc  8 : 5,9 ; 9–10 : 1,8     
 
Postopératoire  
Statut tumoral 
Stade TNM (%)  nc       
pT2    2a : 15,5 ; 2b : 39,8 ; 2 c : 22,4  2a : 11,1 ; 2b : 5,7 ; 2c : 48,2  2a : 12,6 ; 2b : 31,2 ; 2c : 26,4 
pT3    3a : 16,9 ; 3b : 5,1  3a : 24,7 ; 3b : 9,8  3a : 22,9 ; 3b : 6,5 
pT4    4 : 0,3  4 : 0,5  0,4 
Marges+(% fonction du TNM)  nc 
pT2    pT2 : 13 %  2a : 2,1 ; 2b : 18,9 ; 2c : 10,5  2a : 9 ; 2b : 19 ; 2c : 13 
pT3    pT3 : 35 %  3a : 30,6 ; 3b : 43,8  3a : 53 ; 3b : 60 
pT4        100 
Gleason (%)  nc  5 : 1 ; 6 : 34,6 ; 7 : 53,6
8 : 5,1 ; 9 : 5,5 
nc 
Évolution du taux de PSA  nc  nc 
 
Traitement 
Radiothérapie  nc  nc 
Traitement hormonal  nc  nc 
Durée sondage (moyenne en jours)  nc  10  6,2  6,2 
 
Autre 
Jours d'hospitalisation (moyenne)  nc  1,14 
Complications chirurgicales  nc 
Sténose uréthrale (%)  16,3 %  nc  0,2 %  0,2 % 
Fuite anastomotique  nc  11,7 % (cystographie)  0,5 %  21,7 % (cystographie) 
Complications médicales  nc 
Paramètres présentés  Padova [9 Montsouris [10 Mondor [11
Préopératoire  
Patient 
Âge (moyenne en année)  64,5  62  62,4 
IMC (moyenne)  nc  61 (range 19–32)  nc 
ATCD de résection prostatique  8 %  nc  nc 
ATCD chirurgie abdominopelvienne  nc  15 %  nc 
Facteurs socioéconomiques  nc  nc  nc 
 
Statut tumoral 
PSA (moyenne en ng/ml)  ≤4 : 16,5 % ; 4,1–10 : 37,2 % ; ≥10,1 : 46,3 %  7,4  10,1 
Stade clinique (%)  + (données disponibles pour 560 patients) 
T1  T1a–b : 8 ; T1c : 17,5  1a–b : 8,3 ; 1c : 61  1a–b :1,8 ; 1c :77,4 
T2  T2a–b : 68  T2 : 36,7  2a :17,4 ; 2b :1,2 ; 2c : 2 
T3  T3 : 6,5  T3 : 1,5   
Poids prostatique (moyenne en g)  nc  nc  nc 
Gleason (biopsies) (%)  nc  6,2 
 
Postopératoire  
Statut tumoral 
Stade pTNM (%)  + (données disponibles pour 560 patients) 
pT2  ≤pT2 : 57,1  2a :12,5 ; 2b :7,8 ; 2c : 51,7  pT2 : 55,8 
pT3  3a : 18,3 ; 3b/N+ : 24,6  3a :19,2 ; 3b : 8,8  3a : 29,6 ; 3b : 9,1 
pT4      4a : 5,4 
Marges + (% fonction du TNM)  13,7 
pT2  nc  2a :6,7 ; 2b :14,9 ; 2c :16,5  pT2 : 17,9 
pT3  nc  3a : 26,9 ; 3b : 22,64  pT3 :44,8 
pT4      4a : 71,4 
Gleason (%)  ≤6 : 47,6 ; 7 : 27,1 ; ≥8 : 25,3  nc  nc 
Évolution du taux de PSA  nc 
 
Traitement 
Radiothérapie  2,7 %  1,8 %  nc 
Traitement hormonal  34,6 %  0,5 %  0 % 
Durée sondage (moyenne en jours)  7–21  7,6  5,9 
 
Autre 
Jours d'hospitalisation (moyenne)  nc  6,3  4,6 
Complications chirurgicales  nc 
Sténose uréthrale (%)  5,1 %  0,16 %  nc 
Fuite anastomotique (%)  nc  5 %  nc 
Complications médicales  nc 



Légende :
IMC : indice de masse corporelle ; ATCD : antécédent ; nc : signifie que le paramètre est non communiqué dans la publication princeps ; + : signifie que le paramètre était détaillé dans la publication princeps mais pas toujours développé dans le présent tableau.



Tableau 3 - Caractéristiques chirurgicales des séries étudiées.
Caractéristiques chirurgicales  Montréal [5 Detroit [6 Leipzig [7 Berlin [8 Padova [9 Montsouris [10 Mondor [11
Préservation du col vésical  nc  nc  nc  nc 
Préservation maximale de longueur urétrale  nc  nc  nc  nc  nc  nc 
Préservation unilatérale des bandelettes érectiles  nc  12,4 %  24,3 %  nc  21,3 %  20,7 % 
Préservation bilatérale des bandelettes érectiles  nc  21,2 %  10,9 %  63,6 %  67 % 
Technique d'anastomose vésico-urétrale  nc  Surjet  Points séparés  nc  nc  Points séparés  Surjet 
Conversion (laparotomie)  –  0,1 %  0 %  0 %  –  0,2 %  0,5 % 
Durée moyenne de l'intervention (minutes)  nc  154  153  266  nc  173  188 
Curage ganglionnaire  nc  46,8 %  55,2 %  100 %  17,8 %  60,2 % 
Pertes sanguines (moyenne en ml) / transfusion (%)  nc  1,5 %  0,9 %  2,2 %  341ml  380ml / 1,2 %  390ml / 4,7 % 
Expérience du chirurgien  nc  nc  nc 
Complications peropératoires  nc  nc 



Légende :
nc : signifie que le paramètre est non communiqué dans la publication princeps ; + : signifie que le paramètre était détaillé dans la publication princeps mais non développé dans le présent tableau.



Tableau 4 - Critères et modalités d'évaluation de la continence urinaire postopératoire choisis.
Définition/Détermination  Évaluation/Délai  Modalités  Résultats 
Montréal [5
Fuites urinaires
Nombre/jour (24h ?)
Volume de la fuite en cuillères à soupe (c.) 
De 17 mois à 8,5 années postopératoires (correspond au délai écoulé entre la chirurgie et la participation à l'étude, c'est-à-dire la réponse au questionnaire)  Envoi d'un autoquestionnaire (sans précision sur la validation de ce questionnaire)  Nombre de fuites
>1/j=20,7 %
1/j=8 %
<1/j=18,6 %
Volume des fuites
>1 c. (sévère)=6,6 %
<1 c. (modérée)=10,7 %
quelques gouttes=30,6 % 
 
Détroit [6
Nombre de protections/jour (p/j)  À l'ablation de la sonde
À 30 jours
À 3, 6, 9 et 12 mois postopératoires 
Contact téléphonique par du personnel non médical à 30 jours postopératoires
Envoi électronique d'un autoquestionnaire (sans précision sur la validation de ce questionnaire) à 3, 6, 9 et 12 mois postopératoires 
Date de l'évaluation non précisée
≤1 p/j=93 %
0 p/j à l'ablation de la sonde=22 %
Médiane de temps de récupération d'une continence (<1 p/j)
5 semaines pour patients opérés entre 2001et 2002
<3 semaines pour les patients opérés entre 2003 et 2005 
 
Leipzig [7
Nombre de protections/jour (p/j ?)
3 catégories
continence totale (0 p/j)
1 à 2 protections/jour
plus de protections/jour 
À 3, 6 et 12 mois postopératoires  Envoi d'un autoquestionnaire validé par ICS (International Continence Society), sans autre précision  À 3 mois
0 p/j=67,9 %
1–2 p/j=26,1 %
>2 p/j=6 %
À 6 mois
0 p/j=85 %
1–2 p/j=11,9 %
>2 p/j=3,1 %
À 12 mois
0 p/j=91,9 %
1–2 p/j=6,9 %
>2 p/j=1,2 % 
 
Berlin [8
Nombre de protections/24h (p/j)
2 catégories
maximum d'une protection/24h
2 protections ou plus/24
Non précisés
Médiane de suivi=28,8 mois 
Autoquestionnaires (non validé) envoyé et complément par téléphone par un praticien sans précision supplémentaire  Nombre de protections
≤1/j=76 %
>2/j=24 % 
 
Padova [9
Nombre de protections/jour (en fonction de la fréquence des fuites)
Ressenti de l'IU (question posée : « vous considérez-vous continent ? ») en fonction du nombre de protections/jour (24h ?)
Nombre de protections/jour (24h ?) en fonction du type de fuite (effort ; urgenturie ou mixte)
4 catégories
0 protection
protection occasionnelle
1 protection/j
2 protections/j
3 protections/j 
À 3, 6, 12 et 24 mois postopératoires  Entretien téléphonique ou consultation
Questionnaires incluant
items issus de questionnaire (validé) d'évaluation de qualité de vie
ressenti de l'IU (question « vous considérez-vous continent ? »)
le type d'IU et évolution de cette IU avec le temps 
Cf. Tableau 5 (résultats à 24 mois) 
 
Montsouris [10
Nombre de protections (sans précision sur la fréquence)
3 catégories
pas de protection
1 protection de « précaution »
1 protection systématique 
En préopératoire
À 12 mois postopératoires 
Envoi d'un autoquestionnaire
Validé par ICS
Sans autre précision 
À 12 mois
0 p=84 %
1 p de précaution=7 %
1 p systématique=7 % 
 
Mondor [11
Continence urinaire=aucune protection ou aucune fuite urinaire (sans autre précision)  À 1, 3, 6, 12 et 24 mois postopératoires pour la continence diurne
En postopératoire immédiat et à 12 mois pour la continence nocturne 
Autoquestionnaire dérivé du questionnaire ICS masculin, sans autre précision  0 protection diurne
1 mois=38 %
3 mois=61,9 %
6 mois=77 %
12 mois=82,9 %
24 mois=90,9 %
0 protection nocturne
post-opératoire immédiat=52,2 %
12 mois=5,8 % 





Tableau 5 - Résultats de la continence urinaire à 24 mois pour la série Padova [9].
  Aucune protection  Protection occasionnelle  1 protection  2 protections  3 protections  Total 
Contrôle urinaire  
Aucune fuite (%)  63  0,3  0,1  63,6 
Fuite occasionnelle (%)  16,8  2,5  9,2  28,6 
Fuites fréquentes (%)  0,2  1,1  4,1  7,3 
Aucun contrôle urinaire (%)  0,5  0,5 
 
Total (%)  79,9  3,1  10,4  4,1  2,5  100 
 
Vous considérez-vous continent ?  
Oui (%)  100  100  98  15  93,8 
Non (%)  85  100  6,2 
 
Types de fuite  
Effort (%)  21  100  74,8  75  100  89,6 
Urgence (%)  0,8 
Mixtes (%)  0,3  18,4  25  8,4 




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