Incidence et morbi-mortalité des tumeurs de la voie excrétrice du transplant après transplantation rénale : étude multicentrique française

25 novembre 2019

Auteurs : M. Hutin, S. Thezenas, M.O. Timsit, C. Pettenati, J. Gallon, G. Karam, J. Branchereau, O. Heldhli, L. Badet, X. Matillon, L. Salomon, I. Cholley, T. Bessede, Y. Neuzillet, G. Robert, H. Bensadoun, C. Allenet, L. Cormier, A. Schneider, V. Leclercq, F. Sallusto, A. Descazeaud, B. Peyronnet, J. Hascoet, S. Bouye, E. Lechevallier, V. Delaporte, F. Lannes, J.M. Boutin, L.P. Berthelot, F. Iborra, R. Thuret
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 672
Objectifs

Les néoplasies sont la troisième cause de mortalité chez les transplantés rénaux et l’immunosuppression est reconnue comme facteur favorisant. Les tumeurs urothéliales du transplant restent anecdotiques et peu de cas sont rapportés dans la littérature.

L’objectif de cette étude a été d’évaluer l’incidence et la morbi-mortalité de ces tumeurs.

Méthodes

Nous avons réalisé une étude multicentrique rétrospective dans 15 centres français membre du CTAFU. Entre le 01 janvier 1997 et le 31 décembre 2018 nous avons recensé 31 543 transplantations rénales (transplantations combinées exclues). Huit patients ont eu une tumeur de la voie excrétrice du transplant. Nous avons recueilli les données clinicobiologique de la tumeur au diagnostic initial, les modalités des traitements, les données de l’immunosuppression et du devenir oncologique des patients ainsi que le devenir du transplant. L’objectif principal a été l’incidence de ces tumeurs. Les objectifs secondaires ont été l’étude de la survie des patients et du devenir des transplants.

Résultats

L’incidence était de 25 pour 100 000 sur 21 ans. Le délai médian entre la transplantation et le diagnostic de tumeur était de 107 mois (7 à 202 mois). L’âge médian au diagnostic était de 61,5 ans. Cinquante pour cent présentait un carcinome urothélial de stadepT2. Sept patients ont eu un traitement chirurgical dont 4 néphro-urétérectomies avec arrêt des immunosuppresseurs, 1 urétérectomie segmentaire et 1 vaporisation laser. Un patient a eu une urétérectomie segmentaire première puis une transplantectomie pour récidive. Un patient était métastatique et a eu une chimiothérapie palliative. Avec un suivi médian de 37,59 mois, la survie globale était de 85,7 % [IC95 % : 33,4–97,8] à 36 mois. Trois patients ont gardé un transplant fonctionnel après traitement conservateur.

Conclusion

Dans la population des transplantés rénaux, les tumeurs urothéliales du transplant sont rares et nous rapportons la plus importante série sur une population caucasienne. La transplantectomie reste le traitement de référence pour la majorité des patients.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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