Incidence de la forme et du calibre dans la résistance uréthrale. Evaluation pour un urèthre masculin normal et en cas d'obstruction par hypertrophie de prostate

16 juillet 2001

Mots clés : recherche fondamentale, hydrodynamique, résistance uréthrale, obstruction sous vésicale
Auteurs : Glémain P, Cordonnier JP, Bochereau G, Baron M, Le Normand L, Buzelin JM
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 995-1015
Certaines hypertrophies bénignes de prostate associent à une réduction du calibre de l'urèthre prostatique un lobe médian, un défaut d'infundibulisation du col vésical, un aspect de dilatation de l'urèthre bulbaire. Le but de ce travail est de vérifier si des arguments hydrodynamiques permettent de confirmer la notion selon laquelle le défaut d'infundibulisation du col est en lui-même responsable d'un syndrome obstructif ou bien s'il l'est par l'intermédiaire d'une diminution de calibre de l'orifice cervical. D'une façon générale, il s'agit de quantifier la répartition de la résistance au flux le long de l'urèthre normal et de préciser le rôle des déformations cervico-prostatiques et uréthrales dans l'obstruction par hypertrophie de prostate.L'urodynamique ne permet pas de répondre à cette question car la résistance uréthrale instantanée est évaluée de façon globale par la relation Pression-Débit. C'est une analyse morphologique qui a permis de décomposer l'urèthre en segments hydrauliques simples pour lesquels ont été calculés les coefficients de perte de charge. Ces derniers représentent une approche de la résistance segmentaire au flux; ils ont permis de quantifier les modifications de forme observées en uréthrographie ou en échographie mictionnelle.Les applications numériques, effectuées à partir d'uréthrographies mictionnelles, ont montré qu'en conditions normales la résistance uréthrale était répartie de façon régulière tout au long de l'urèthre; elle dépendait pour l'essentiel des frottements du flux sur les parois. En cas d'hypertrophie de prostate, même avec un lobe médian, l'augmentation des coefficients de perte de charge était le fait de la diminution du calibre de l'orifice cervical et de l'urèthre prostatique. Les déformations cervicales semblaient peu obstructives, au sens urodynamique du terme, si elles n'étaient pas associées à une diminution du calibre de l'orifice cervical.