Implication de la molécule X dans la récidive du cancer de prostate (CaP) localisé

25 novembre 2015

Auteurs : C. Champy, F. Semprez, I. El Sayed, P. Maille, P. Soyeux, Y. Allory, F. Vacherot, A. De La Taille, V. Firlej
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 727
Objectifs

De nouveaux marqueurs plus spécifiques de l’agressivité et de la récidive du CaP sont nécessaires pour mieux préciser les modalités de suivi des patients à risque de décès spécifique. Le gène X a été étudié dans le développement et l’agressivité de nombreux cancers, mais n’a jamais été décrit dans le CaP. L’objectif de ce travail est d’étudier son implication dans la récidive du CaP localisé.

Méthodes

Sur la base d’une biobanque de 180 tumeurs prostatiques issues de pièces de prostatectomie totale, dont 30 % en récidive biologique et 10 % en résistance à la castration, dont le suivi clinique minimal était de 6ans, un profilage moléculaire haut débit du transcriptome a été réalisé avec analyse bio-informatique. La molécule X (en attente brevet) en tant que signature des cancers en récidive a été validée par TMA en immunohistochimie. Puis, l’implication du gène X a été évaluée par des tests de prolifération, migration et invasion in vitro. Pour cela, l’expression de la molécule X a été inhibée par siRNA dans des lignées cellulaires prostatiques.

Résultats

L’analyse haut débit du transcriptome a montré une diminution significative de l’expression en ARN de la molécule X chez les patients en récidive de CaP (p =0,0264). Ces résultats ont été confirmés en qPCR réalisée sur les cDNA extraits des tumeurs de prostate de la biobanque puis au niveau protéique en IHC sur des coupes de patients, avec un Quick Score significativement plus faible en cas de récidive. In vitro, l’inhibition de l’expression du gène X par siRNA a entraîné une augmentation des capacités de prolifération et de migration des différentes lignées cellulaires transfectées, traduisant une augmentation de l’agressivité des cellules tumorales et objectivant le rôle de suppresseur de tumeur du gène X.

Conclusion

L’inhibition du gène X semble être un marqueur de récidive en cas de CaP localisé, sous réserve de confirmer les résultats sur une cohorte indépendante à plus grande échelle. Sa mise en évidence dès les biopsies prostatiques permettrait de personnaliser les traitements des patients afin d’optimiser leurs chances de survie sans récidive.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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