Implantation de sphincter artificiel urinaire par voie laparoscopique chez des femmes présentant une incontinence urinaire sévère : première experience sur cinq ans et 26 patientes

25 novembre 2012

Auteurs : S. Trolliet, T. Charles, C. Saussine
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 784




 

Objectifs.– Le sphincter artificiel urinaire (SAU) est habituellement implanté en dernier recours chez des patients présentant une incontinence urinaire d’effort (IUE) sévère. Nous décrivons notre expérience afin d’évaluer rétrospectivement la faisabilité, l’efficacité et la morbidité de l’implantation de SAU chez des femmes par voie laparoscopique.


Méthodes.– Vingt-six patientes présentant une IUE ont été appareillées par un SAU par laparoscopie entre 2007 et 2012, dans un même centre et par un même chirurgien. Dix-huit ont bénéficié d’une primo implantation et 8 d’un changement complet pour problème mécanique d’un SAU déjà en place. Vingt deux patientes (84 %) présentaient des antécédents de chirurgies multiples pour l’incontinence. Trois ont eu une promonto-fixation associée. En moyenne, l’âge était de 64ans, l’index de masse corporelle de 27,8kg/cm2, et la pression de clôture urétrale maximale de 26,75cm H2 0.


Résultat.– Trois patientes ont été converties en laparotomie. Les complications per opératoires étaient cinq plaies vésicales. En moyenne, la durée opératoire était de 149minutes, la sonde vésicale était retirée à j 3,8 postopératoire et la durée de séjour postopératoire était de cinq jours. Les complications postopératoires précoces étaient : huit rétentions aiguës d’urines, deux migrations de pompe, un hématome de paroi et une plaie vaginale méconnue. À distance, a été noté une érosion vaginale secondaire. Ces deux dernières patientes ont été explantées. Trois patientes sont aux autosondages, dont une l’était en pré opératoire. Cinq patientes ont bénéficié d’une révision du SAU. Le suivi moyen était de 20 mois (n =24) : 66,6 % des patientes ont une continence totale, 20,8 % une continence sociale et 12,5 % portent plus d’une protection par jour avec des fuites sur urgenturie.


Conclusion.– L’implantation d’un SAU par laparoscopie est faisable avec de bons résultats mais nécessite une courbe d’apprentissage. La population concernée reste à risque de complications.




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