Impact des autodilatations urétrales sur la morbidité du sphincter urinaire artificiel, après le traitement endoscopique de la récidive de sténose de l’anastomose vesico-uretrale

25 mai 2020

Auteurs : L. Mutelica, M. DeCian, T. Tricard, F. Severac, C. Saussine
Référence : Prog Urol, 2020, 6, 30, 304-311
Objectif

Analyser la morbidité de la pratique des autodilatations (AD) quotidiennes chez les patients opérés d’une prostatectomie totale, appareillés par sphincter urinaire artificiel (SUA) pour incontinence urinaire (IU) et qui ont présenté une récidive d’une sténose de l’anastomose vésico-urétrale (SAVU) traitée par voie endoscopique.

Matériel et méthodes

Cent trente-huit patients appareillés par SUA pour IU entre 1998 et 2007 ont été divisés en deux groupes. Trente-cinq ont pratiqué des AD pour SAVU récidivante (groupe AD) et 103 patients n’ont pas réalisé d’AD (groupe sans AD). Ces deux groupes ont été comparés pour le taux d’explantation (érosion-infection), de révisions (atrophie urétrale et défaillance mécanique) et les résultats fonctionnels à 2 ans. L’analyse statistique en uni- et multivariée a pris en considération les facteurs de confusions tels que l’âge et l’antécédent de radiothérapie. L’évaluation fonctionnelle a été faite par les questionnaires validés IQoL, Ditrovie et MHU.

Résultats

Les patients des deux groupes étaient comparables sauf pour l’importance de l’incontinence urinaire évaluée par PAD test et les questionnaires. Le taux d’explantation était significativement plus élevé dans le groupe « AD » ( 20,0 % (5,6–32,2) vs  4,85 % (0,30–11,5)) et  , p =0,008). Il n’a pas été constaté de différence significative entre les deux groupes pour le taux de révision chirurgicale (32 % vs 20 %, OR=0,44, p =0,09). Les résultats fonctionnels à deux ans ne montraient pas de différence significative.

Conclusions

La pratique des autodilatations pour récidive de sténose d’une anastomose vésico-urétrale postprostatectomie expose les patients appareillés par un SUA à un taux d’explantation plus élevé.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


La prostatectomie totale (PT) est un des traitements de référence du cancer de la prostate (CaP) localisé [1]. Le taux d'incontinence urinaire après la PT est évalué entre 8-12 % [1].


Le sphincter urinaire artificiel (SUA) représente le traitement de choix d'une incontinence urinaire d'effort (IUE) sévère [2]. La sténose de l'anastomose vésico-urétrale (SAVU) est une autre complication connue de la PT dont l'incidence varie entre 1,4 et 29 % [3, 4]. Différents traitements de la SAVU ont été décrits par voie endoscopique [4] avec des taux de succès qui varient entre 50 et 87 % [5]. Pour les situations de SAVU récidivantes les traitements possibles du moins au plus invasif consistent en une dilatation intermittente en consultation ou par autosondages à domicile, la répétition des traitements endoscopiques sans ou avec injections de divers agents, les prothèses urétrales, jusqu'à des réparations chirurgicales complexes par voie abdominale, périnéale ou mixte [17, 18, 19, 20, 21, 22].


Dans notre service, en cas de SAVU récidivantes, nous avons proposé aux patients après traitement endoscopique de la SAVU, la réalisation d'autosondages intermittents propres dans un but d'autodilatation (AD), comme cela a été décrit depuis 1991 par Robertson et al. [16]. Parmi ces patients réalisant des AD certains ont aussi une IUE sévère et ont eu une implantation de SUA.


L'objectif principal de notre étude est d'évaluer l'impact des AD sur le taux d'explantation pour érosion-infection de la manchette.


Les objectifs secondaires sont d'évaluer le nombre de réinterventions pour révision du SUA et les résultats fonctionnels des deux groupes.


Matériel et méthodes


Population


Il s'agit d'une étude rétrospective concernant 138 patients ayant eu une implantation de SUA AMS 800 dans notre service entre 1998 et 2017 pour une incontinence sévère, réfractaire à la kinésithérapie faisant suite à une PT. Parmi eux, trente-cinq patients (25,3 %), ont eu une SAVU récidivante, traitée par endoscopie et chez qui a été proposée la réalisation d'autodilatations (groupe AD). Ce groupe a été comparé aux cent trois patients (74,7 %), ayant eu une implantation de SUA mais n'ayant pas développé de SAVU récidivante et ne pratiquant pas d'AD (groupe sans AD).


À noter que trente-quatre hommes (24,6 %) (répartis de manière égale entre les deux groupes) ont eu une radiothérapie complémentaire après la prostatectomie, a visée carcinologique (RxTE).


Le traitement des SAVU


Une fois le diagnostic de récidive de SAVU établi et l'indication opératoire retenue, tous les patients ont bénéficié d'une consultation préopératoire par une IDE spécialisée en vue d'apprendre la technique des autodilatations.


Les SAVU récidivantes ont été traitées par urètrotomie interne par vision directe et résection endoscopique de la fibrose anastomotique. Une sonde urétro-vésicale était laissée en place jusqu'à l'arrêt des saignements (en général j1) et les AD étaient démarrés dans les jours suivants.


Pratique des autodilatations


Après la mise à plat endoscopique de la SAVU récidivante, les patients ont réalisé des AD à raison d'une AD par jour avec des sondes auto-lubrifiées à usage unique de CH16 ou 18 pendant un an puis avec réduction progressive de la fréquence jusqu'à arrêt définitif après 18 mois en cas de poursuite d'un passage facile des sondes malgré la réduction de la fréquence des AD. Chez 3 patients l'arrêt progressif n'a pas été souhaité par le patient et l'AD a été poursuivie.


Avant la mise en place du SUA, le contrôle du maintien effectif d'un calibre correct de l'anastomose vésico-urétrale par l'AD se faisait par la mise en place sans difficultés en début d'intervention d'une sonde de Foley Ch14.


La technique chirurgicale pour le SUA


L'implantation du SUA était faite classiquement par voie périnéale pour la manchette et suspubienne pour le ballon et la pompe placée dans le scrotum. Les manchettes étaient placées majoritairement en péribulbaire et quelques-unes en transcaverneux. Le ballon était rempli d'un mélange eau stérile-produit de contraste (sauf pour les patients allergiques) permettant des contrôles radiographiques à chaque visite de suivi. Tous les patients primo-implantés ont bénéficié d'un ballon de pressurisation de 61-70cm d'H2O. Le SUA était inactivé pour une période de 6 semaines pendant laquelle les AD étaient réalisées puis poursuivies après l'activation du SUA.


Données collectées


Les données générales comprenaient l'âge des patients, la présence d'antécédent de radiothérapie et les antécédents de sténose de l'anastomose vésico-urétrale avec traitement endoscopique. Les données préopératoires comprenaient les résultats du bilan urodynamique (BUD), le nombre des patients avec incontinence urinaire totale appareillée par étui pénien, la quantification des fuites urinaires par le nombre de protections utilisées ainsi que les PAD tests et les résultats des questionnaires d'auto-évaluation de symptômes et de qualité de vie (IQoL, Ditrovie, MHU). Les données peropératoires concernaient le délai entre la PT et la mise en place du SUA, le positionnement et la taille de la manchette. En postopératoire ont été notés le délai entre l'implantation et les réinterventions, le type de révision (révision pour problème mécanique ou pour atrophie urétrale), les délais d'explantation pour érosion-infection, le statut de la continence, le nombre de protections utilisées et les scores des questionnaires.


Le suivi des patients comprenait une visite à 6 semaines pour l'activation du dispositif, à 6 mois, 1 an, 2 ans et tous les 2 ans par la suite. Les patients éloignés de notre établissement ont été confiés à leurs urologues habituels pour la surveillance après 2 ans. Nous avons choisi le délai de 2 ans pour évaluer l'état fonctionnel des patients pour avoir un recul d'environ 6 mois depuis l'arrêt complet des AD.


L'analyse statistique


Les variables continues sont décrites en présentant la moyenne±l'écart-type ou la médiane et l'écart interquartile [Q1 ; Q3] selon la normalité de la distribution. Le caractère gaussien a été évalué graphiquement et en utilisant le test de normalité de Shapiro-Wilk. La comparaison des variables continues a été réalisée à l'aide du test t de Student ou du test de Wilcoxon selon le respect des conditions paramétriques. Les variables catégorielles sont présentées sous forme d'effectifs et de proportions et ont été comparées en utilisant le test du &khgr;2 de Pearson ou le test exact de Fisher selon les effectifs théoriques. Une analyse de survie selon Kaplan-Meyer avec le test de log-Rank a été faite. La comparaison des critères de jugement binaires a été réalisée avec un modèle de régression logistique multivariée permettant un ajustement sur les facteurs de confusion potentiels. Les facteurs de risque connus des différents critères et/ou les variables présentant une différence pertinente entre les groupes (autodilatation vs sans autodilatation) ont été intégrés au modèle comme variable d'ajustement. Les résultats sont présentés sous forme d'odds ratios (OR) avec leurs intervalles de confiance à 95 %. Les critères de jugement continu ont été analysés avec un modèle de régression linéaire. Les résultats sont présentés sous forme de différences avec leurs intervalles de confiance à 95 %. La normalité et l'homoscédasticité des résidus ont été vérifiés. Les analyses ont été réalisées à l'aide du logiciel R version 3.6.0. R Core Team (2019). R: A language and, environment for statistical computing. R Foundation for Statistical Computing, Vienna, Autriche. URL www.r-project.org/.


Résultats


Le groupe AD était comparable avec le groupe sans AD pour la pression de clôture moyenne de l'urètre (PCMU), l'intervalle entre les dates de PT et d'implantation du SUA, le questionnaire MHU, le nombre des protections et la taille de la manchette que celle-ci ait été placée en péribulbaire ou en transcaverneux. Les patients du groupe AD étaient plus jeunes et avaient été traités par radiothérapie mais sans atteindre la significativité. Par contre, la population du groupe AD avait une incontinence plus sévère avec un PAD test plus important, un taux plus élevé de patients appareillés par étui pénien, un score IQOL plus faible, un score Ditrovie plus élevé avec une différence significative par rapport au groupe sans AD (Tableau 1). Si on écarte les patients appareillés par étui pénien plus nombreux dans le groupe AD, il n'y avait pas de différence entre les deux groupes pour le nombre de protections portées quotidiennement. Les patients du groupe AD avaient plus d'antécédents de sténose de l'anastomose avec traitement endoscopique.


L'explantation du SUA pour érosion-infection


Le taux d'explantation était significativement plus élevé dans le groupe « AD », 20,0 % [5,60-32,2] vs 4,85 % [0,30-11,5] pour le groupe « sans AD » avec le test de log-Rank avec une valeur de p =0,008.


Les réinterventions pour révisions du SUA


Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes pour le taux de révision chirurgicale (32 % dans le groupe « Sans AD » vs 20 %, dans le groupe « AD », OR=0,44, p =0,09) (Tableau 2). Il n'y avait pas de différence significative entre les deux groupes (16,5 % dans le groupe sans AD et 17 % dans le groupe AD) si on considère de façon isolée les révisons chirurgicale faites en cas d'atrophie urétrale (OR : 1,046, IC95 % [0,307-3,127], p =0,903). Les résultats de l'analyse multivariée indiquent que la pratique des AD (OR : 1,008, IC95 % [0,33-2,761], p =0,989), l'antécédent de RxTE (OR : 0,637, IC95 % [0,171-1,906], p =0,452) et l'âge des patients (OR : 0,955, IC95 % [0,894-1,019], p =0,169) n'augmentent pas le risque de révision d'un SUA pour atrophie urétrale.


L'impact des AD sur le taux de révision du matériel faite uniquement en cas défaillance mécanique isolée n'était pas statistiquement significatif (OR : 0,173, IC95 % [0,003-1,217], p =0,098).


Les résultats fonctionnels après deux ans de suivi


Cinq patients du groupe sans AD et 6 patients du groupe AD ayant eu leur SUA explantés, les résultats fonctionnels portent sur 98 patients du groupe sans AD et 29 patients du groupe AD. La mise en place d'un SUA a amélioré les résultats fonctionnels dans les deux groupes de manière significative (résultats non communiqués). En étude univariée les différences d'amélioration des scores des questionnaires utilisés n'étaient pas significatives entre les deux groupes (Tableau 3). En analyse multivariée, les différences d'amélioration de la continence des populations des deux groupes étaient comparables pour l'ensemble des trois questionnaires, tout en ayant pris en compte les facteurs de confusion que sont l'âge des patients et l'antécédent de radiothérapie (Tableau 4).


Discussion


La réalisation quotidienne d'une autodilatation pour maintenir le calibre de l'anastomose vésico-urétrale chez des patients ayant été traités par voie endoscopique pour une récidive de sténose de l'anastomose vésico-urétrale et qui sont appareillés par un sphincter artificiel urinaire, augmente de façon significative le taux d'explantation du dispositif pour érosion-infection.


Pour une population de patients incontinents après une PT et qui ont eu l'implantation d'un sphincter urinaire artificiel, l'étude de la littérature retrouve un taux de SAVU qui varie entre 0,5 à 31 % [6, 7].


La prise en charge d'une récidive de sténose de l'anastomose vésico-urétrale associée à une incontinence urinaire d'effort n'est pas consensuelle. Diverses approches sont proposées dans la littérature pour gérer la SAVU et l'incontinence après une PT [13, 14]. La mise en place d'une endoprothèse pour une SAVU et la pose d'un SUA pour une incontinence urinaire a été proposée [17, 18]. D'une façon générale l'implantation de prothèse dans l'urètre pour des sténoses a été abandonnée du fait de sa morbidité [32].


De même lorsque les endoprothèses prostatiques ont été utilisées pour la pathologie bénigne de la prostate [19, 20], le taux de complications a été important (douleurs, hématurie macroscopique, migration du dispositif, infections récidivantes, incrustation et récidive de sténose).


Les approches abdominale ou abdomino-périnéales pour la réalisation d'une urétroplastie en plus d'un SUA en un ou deux temps sont des procédures complexes, invasives et potentiellement morbides avec un taux de complication peropératoire élevé mais elles ont été proposées par des équipes spécialisées [10, 11, 21, 22]. Cette approche a été utilisée lorsqu'une intervention abdominale était nécessaire (par exemple, une iléocystoplastie d'agrandissement).


Les résultats de l'urétroplastie anastomotique transpérinéale postérieure sont également excellents entre certaines mains, avec un taux de réussite de 90 % [23]. Cette approche permettrait une bonne exposition et un accès facile au col de la vessie, comme le montre l'expérience de la PT transpérinéale [24].


L'anastomose vésico-urétrale combinant l'abord supra pubien et la voie périnéale, qui suit la méthode de « pull-through uréthroplastie » décrite à l'origine par Badenoch [26] à la suite de l'opération de Solovov [25] pour le traitement des sténoses urétrales postérieures post-traumatiques, permettait d'enlever complètement le tissu cicatriciel, d'obtenir un bon calibre urétral et une anastomose plus facile [27].


L‘approche cÅ“lioscopique robot assistée pour la réparation de l'anastomose en cas de SAVU récidivante (anastomose directe, plastie en Y-V, etc.) a été décrite par des équipes spécialisées. Ses bénéfices sont nombreux comme l'excellente visibilité du champ opératoire, la maniabilité dans un espace restreint, la faible perte sanguine et une courte durée d'hospitalisation associés avec un temps chirurgical acceptable [12, 28, 29].


Robertson et al. [16] en 1991 ont initié le principe de l'autodilatation urétrale avec des sondes à usage unique après traitement endoscopique d'une récidive de sténoses de l'urètre. Le rythme proposé aux patients (1-2 par semaine pendant quatre semaines puis une fois par semaine pendant cinq mois avec possible espacement par la suite) diffère de celui de notre étude par une durée plus courte. Les auteurs ont vu la moyenne de temps entre les récidives de sténose de l'urètre passer de 6,3 mois (sans AD) à 148 mois (avec AD). Mais cette étude ne concernait que des sténoses de l'urètre et non pas des SAVU.


Le traitement de ces SAVU reste difficile car soumis à un taux élevé de récidive lorsque les traitements sont seulement endoscopiques (de 26 % à 40 %) [8, 9]. La pratique d'une AD quotidienne pour maintenir le calibre de l'anastomose vésico-urétrale parait dans ce contexte une option possible [13, 14].


Notre étude est la première qui combine cette approche avec l'implantation d'un SUA. La situation qui s'en rapprochait le plus concerne la population neurologique appareillée par SUA où il est fréquent que la miction soit assurée par des autosondages. Les taux d'explantation dans cette population sont de 27 % à 5 ans pour les manchettes en péribulbaire ce qui est comparable à notre étude et de 5 % pour les manchettes en périprostatique [15].


Les autodilatations sont peu pratiquées en dehors de France contrairement aux autosondages. On dénombre seulement 28 publications concernant « urethral self-dilatation » depuis 1977 à nos jours versus 1041 publications qui se réfèrent aux autosondages intermittents pour la période de temps équivalente (pubmed).


L'impact des AD sur la qualité de vie des patients n'a fait l'objet d'aucune étude dans la littérature à l'inverse de la population qui pratique des autosondages intermittents et propres pour laquelle existerait un impact négatif sur la qualité de vie [30].


Nous n'avons pas trouvé d'impact significatif d'un antécédent de radiothérapie sur le taux d'explantation pour érosion-infection contrairement aux résultats d'une large étude européenne multicentrique [31]. Cette étude germano-autrichienne avait inclus une population plus grande d'hommes porteurs de SAU comparativement à la nôtre.


Notre étude a des limites. Le recrutement de nos patients s'est étalé sur une vingtaine d'années. Toutefois, pendant toute la période d'étude la prise en charge a été menée par un seul et même chirurgien avec des protocoles de prise en charge qui n'ont pas variés au fil du temps.


Le choix des sondes pour les AD par les patients a suivi l'évolution commerciale mais dès le départ les sondes étaient auto-lubrifiées et à usage unique.


Les autres limites sont le caractère unicentrique et rétrospectif de l'étude.


Conclusions


La pratique d'une autodilatation urétrale quotidienne chez des patients appareillés par sphincter artificiel urinaire (SUA) et dont l'anastomose vésico-urétrale après prostatectomie totale s'était compliquée d'une sténose récidivante, est source d'un taux d'explantation du SUA pour érosion-infection plus élevé que dans une population appareillée par SUA et qui ne pratique pas d'autodilatation. Les taux de révisions et les résultats fonctionnels à deux ans dans ces deux populations sont par contre comparables.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Variables étudiées dans les 2 groupes avant l'implantation du SAU.
Les variables  Sans AD  AD  p-value  
n (%)  103 (100 %)  35 (100 %) 
Âge (en années)
Médiane [IQ] 
68 [62-73]  65 [61-69]  0,06 
Atcd. RxTE n (%)  22 (21,3 %)  12 (34,2 %)  0,12 
Atcd. UOI+RTU
Nombre patients (%) 
13 (12,6 %)  35 (100 %) 
Gestes endoscopiques (n )
Médiane [IQ] 
1 [1]  2 [2,5] 
PCMU (mm H2O)
Médiane [IQ] 
50 [30-64]  44 [31-69]  0,84 
Patients avec étui pénien, n (%)  38 (37 %)  21 (60 %)  0,016 
Patients avec protections, n (%)  65 (63 %)  14 (40 %)  0,016 
Nombre protections par patient
Médiane [IQ] 
4 [3-6]  3,5 [3-5,75]  0,76 
PAD Test (gr)
Médiane [IQ] 
400 [170-610]  700 [400-1000]  0,01 
IQoL (n )
Médiane [IQ] 
64 [52-76]  46 [40-66]  0,03 
Ditrovie
Médiane [IQ] 
3,2 [2,6-3,7]  4 [1,2,2,3,3,4]  0,004 
MHU
Médiane [IQ] 
17 [12-219]  18 [14-21]  0,50 
Intervalle PT-SUA
Médiane (en mois) [IQ] 
40 [22,5-72]  33 [23-52]  0,37 
Manchette bulbaire, n (%)
Taille (cm) ; Médiane [IQ] 
100 (97 %)
4,5 [4,5] 
33 (94 %)
5 [4,5] 
0,67 
Manchette transcaverneux, n (%)
Taille (cm) ; Médiane [IQ] 
3 (3 %)
5 [5-5,75] 
2 (6 %)
4,5 [4,5] 
0,76 



Légende :
Âge : (en années) au moment d'implantation de SAU. Kiné avant le SAU (n séances). IQ : Interquartile (Q1-Q3) ; n : nombre ; IU : incontinence urinaire ; PAD test : le test de la mesure de poids des pertes urinaires ; PCMU : pression clôture muscle urétral. Le test statistique de &khgr;2 a été utilisé pour l'analyse des valeurs qualitatives. Le test Wilcoxon-Mann-Whitney a été utilisé pour l'analyse des valeurs quantitatives. UOI : urètrotomie optique interne de la sténose ; RTU : résection trans-urétrale de la sténose ; Atcd : antécédent.



Tableau 2 - Analyse en uni- et multivariée de l'impact des autodilatations sur la probabilité de révision du matériel pour atrophie urétrale et défaillance mécanique en prenant en compte les facteurs de confusion tels que l'âge et les antécédents de radiothérapie.
Analyse univariée : révisions 
Les variables  Sans AD  AD  p-value  
n (%)  103 (100 %)  35 (100 %)  0,09086 
Sans révision n (%)  70 (67,96 %)  29 (82,86 %) 
Révision (%)  33 (32,04 %)  7 (20 %) 
Médiane (en mois) a [IQ]  32[12-54]  40 [27-62] 
OR  0,441 
IC (95 %)  0,136-1,224 
Analyse multivariée : révisions 
Variables  OR [IC95 %]  p  
AD  0,417 [0,143-1,064]  0,083 
RxTE  0,834 [0,318-2,036]  0,699 
Âge  0,969 [0,918-1,022]  0,256 



Légende :
OR : odds ratio ; IQ : intervalle quartile ; IC : intervalle de confiance défini à 95 % ; AD : autodilatations ; RxTE : antécédent de radiothérapie externe ; Âge : âge au moment de l'implantation de SAU. Les tests statistiques de Chi2 (&khgr;2) et de Fisher ont été utilisés pour l'analyse des valeurs qualitatives. Le test Wilcoxon-Mann-Whitney a été utilisé pour l'analyse des valeurs quantitatives.

[a] 
Le délai de temps entre la mise en place du SAU et l'explantation.


Tableau 3 - L'analyse univariée des scores de symptômes et de qualité de vie avec le SUA à 2 ans.
Les variables  Sans AD  AD  p-value  
n (%)a  98 (95 %)  29 (83 %) 
IqOL (points)
Médiane [IQ] 
101 [94,5-105]  101 [93,5-105]  0,306 
Ditrovie (points)
Médiane [IQ] 
1,4 [1,4-1,7]  1,65[1,3-2]  0,193 
MHU (points)
Médiane [IQ] 
4 [2-7]  5 [3,75-7,25]  0,087 



Légende :
IQ : interquartile (Q1-Q3) ; n : nombre ; IU : incontinence urinaire ; PAD test : le test de la mesure de poids des pertes urinaires ; PCMU : pression clôture muscle urétral. Le test statistique de &khgr;2 a été utilisé pour l'analyse des valeurs qualitatives. Le test Wilcoxon-Mann-Whitney a été utilisé pour l'analyse des valeurs quantitatives.

[a] 
La population ayant toujours un SAU en place en tenant compte des patients explantés pendant la période de 2 ans après l'implantation.


Tableau 4 - Analyse multivariée en régression linéaire des différences des résultats des questionnaires d'auto-évaluation avant et après l'implantation de SAU, en prenant en compte les facteurs de confusion de l'âge et d'antécédent de radiothérapie.
Questionnaire  Facteurs  Résultats  p -valeur 
IqOL  AD OR [IC95 %]  −0,688 [−12,78 à 11,40]  p =0,911 
  RxTE OR [IC95 %]  4,040 [−7,95 à 16,03]  p =0,511 
  Âge OR [IC95 %]  0,212 [−0,52 à 0,94]  p =0,570 
  Moyenne [ET]  32,36 [2,21] 
  Médiane [IQ]  36,0 [19,7 à 47,2] 
Ditrovie  AD OR [IC95 %]  −0,463 [−1,10 à 0,17]  p =0,158 
  RxTE OR [IC95 %]  0,116 [−0,52 à 0,75]  p =0,720 
  Âge OR [IC95 %]  0,004 [−0,03 à 0,04]  p =0,806 
  Moyenne [ET]  −1,50 [1,17] 
  Médiane [IQ]  −1,60 [−2,3 à −1,0] 
MHU  AD OR [IC95 %]  1,981 [−1,96 à 5,92]  p =0,328 
  RxTE OR [IC95 %]  0,023 [−3,88 à 3,92]  p =0,991 
  Âge OR [IC95 %]  0,090 [−0,15 à 0,33]  p =0,453 
  Moyenne [ET]  −10,2 [7,19] 
  Médiane [IQ]  −11 [−16 à −5] 



Légende :
IQ : interquartile (Q1-Q3) ; OR : odds ratio ; IC : intervalle de confiance défini à 95 % ; AD : autodilatations ; ET : écart-type ; RxTE : antécédent de radiothérapie ; AD : autodilatations.


Références



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