Impact de l'invasion musculaire sur les résultats oncologiques de la cystectomie pour tumeur résistante au BCG

25 novembre 2012

Auteurs : A. Masson-Lecomte, D. Vordos, A. Hoznek, R. Yiou, C. Abbou, A. De La Taille, L. Salomon
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 760-761




 



Type de financement .– Bourse de recherche AFU Master 2.


Objectifs.– La survenue d’une récidive tumorale précoce sous BCG thérapie est une indication à la cystectomie. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de l’invasion musculaire sur la dernière résection avant la chirurgie sur les résultats oncologiques à long terme de la cystectomie chez les patients opérés pour résistance au BCG et de comparer ces résultats aux tumeurs infiltrantes d’emblée.


Méthodes.– Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée incluant tous les patients ayant bénéficié d’une cystectomie pour carcinome urothélial entre 2001 et 2011. Les cystectomies de propreté ou pour contre indication au BCG ont été exclues de cette analyse. Les données clinico-pathologiques et de suivi ont été analysées et comparées entre les groupes résistance au BCG non invasive du muscle (RBCGSup), résistance au BCG invasives du muscle (RBCGInv) et infiltrant d’emblée (IE). Tous les patients sous BCG avaient présenté un second look négatif.


Résultat.– Au total 167 tumeurs étaient IE, 21 tumeurs avaient récidivé sous la forme d’une tumeur Ta/T1 de haut grade sous BCG et 24 tumeurs avaient progressé vers une tumeur T2. Le suivi médian de la cohorte était de 42 mois (1,74–135,9). L’âge et le sexe ratio n’était pas différent entre les groupes. Le nombre moyen de BCG était de 7,7±4,2 pour les RBCGSup vs 9,5±4,3 pour les RBCGInv (p =0,24). À l’examen anatomopathologique, le taux de T0/T1, T2 et T3/T4 étaient respectivement de 67, 14 et 19 % pour les RBCGSup et de 12,5, 12,5 et 75 % pour les RBCGInv (p =0,0002) et de 23, 19 et 59 % pour les IE (p =0,3 entre RBCGInv et IE). Le taux de N+ était de 24 %, 42 % et 30 % respectivement (p =0,39). Il n’a pas été observé de différence entre les groupes pour le taux d’emboles, de rupture capsulaire, de marges et de chimiothérapie adjuvante. La survie spécifique à cinq ans était 18 % pour les RBCGInv, de 47 % pour les IE et de 48 % pour les RBCGSup (Fig. 1, p =0,02).




Conclusion.– Les patients présentant une tumeur devenue invasive sous BCG ont un très mauvais pronostique. Bien que non invasive du muscle, les tumeurs du groupe RBCGSup ont un pronostique comparable à celui des tumeurs invasives d’emblée. La récidive tumorale sous BCG est une urgence thérapeutique.






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Publié par Elsevier Masson SAS.