Identification des facteurs de risque d’échec des troisièmes transplantations rénales, analyse multicentrique de 269 greffes

05 novembre 2020

Auteurs : A. Graveleau, M. Pere, C. Kerleau, E. Morelon, L. Badet, M. Ladriere, J. Hubert, C. Legendre, A. Mejean, M.O. Timsit, A. Sicard, L. Albano, M. Perrouin-Verbe, S. De Vergie, O. Bouchot, P. Glemain, G. Blancho, J. Rigaud, G. Karam, J. Branchereau
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 721-722
Objectifs

La transplantation rénale est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale. En cas d’échec ou d’arrêt de fonction de deux précédents transplants, il persiste un bénéfice à une troisième transplantation (G3). La survie de ces transplants est inférieure aux précédents. L’objectif de cette étude est d’analyser les facteurs de risque de complications des G3 afin d’en préciser les indications.

Méthodes

Au total, 269 troisièmes transplantations rénales sur des receveurs majeurs ont été recensées au sein de la cohorte prospective multicentrique Données Informatisées et VAlidées en Transplantation (DIVAT). L’extraction de données a concerné des variables donneurs et receveurs pré-, per- et postopératoires sélectionnées pour leur intérêt dans la littérature. L’analyse principale a été réalisée en univariée puis en multivariée sur les facteurs de risque de complications et d’échecs des G3. Les valeurs descriptives sont analysées en médiane Q1–Q3.

Résultats

L’âge des receveurs G3 est de 48 ans [39,00 ; 54,00], l’IMC est de 22,10kg/m2 [20,10 ; 24,60]. Cent trente-cinq (50,18 %) avaient une insuffisance rénale d’origine urologique. L’âge des donneurs est de 52 ans [41,00 ; 59,00] dont 33,46 % de donneurs à critères élargis (ECD). L’ischémie froide (IF) était de 20,36heures [15,10 ; 26,70]. Quatre-vingt-deux patients sont retournés en dialyse et 41 sont décédés principalement du fait de pathologies cardiovasculaires (29 %) et néoplasiques (20 %). Cent trente-six (58,30 %) ont un G3 toujours fonctionnel, la survie des transplants G3 a été représentée selon Kaplan–Meier (Fig. 1). Les facteurs influençant significativement la survie des G3 ont été un transplant ECD (p =0,0577), l’âge du donneur (p =0,0071), l’IF (p =0,0178) et la survenue de complications vasculaires post-greffe (0,0755). Un donneur vivant (DVA) impact positivement la survie G3 (p =0,0345).

Conclusion

La survie des G3 est particulièrement influencée par des critères de qualité des transplants. L’IF doit alors être réduite au maximum. Une sélection optimale des donneurs en privilégiant les DVA augmente le succès des G3. Le risque de décès avec un transplant fonctionnel ici majeur doit être pris en compte dès la décision d’inscription et souligne l’importance du suivi.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Product-limit survival estimate . With number of subjects at risk .





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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