Hommage au Pr Dominique CHOPIN - Prélèvement rénal coelioscopique chez les donneurs vivants ­ les premiers quatre cas en République de Macédoine

14 juillet 2006

Mots clés : transplantation rénale a partir d'un donneur vivant, néphrectomie coelioscopique
Auteurs : Zivco Popov, N. Ivanovski, K. Cakalaroski, P. Kolevski, D. Chopin
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 6, 1227-1228, suppl. 1
Introduction : Les avantages de la voie laparoscopique dans le prélèvement rénal chez les donneurs vivants sont bien documentés. Cette nouvelle méthode est d'importance primordiale particulièrement dans les pays qui ont essentiellement recours au donneur vivant pour la transplantation rénale. Nous présentons les résultats de nos premiers cas.
Matériel et méthode : Depuis 2002 nous avons utilisé le prélèvement laparoscopique pour l'obtention de reins de donneurs vivants par la voie rétroperitoneale (2 cas) et trans-péritoneale (2 cas). Dans tous les cas le rein gauche a été prélevé. L' âge moyen des donneurs était de 54 ans (extrêmes:38 ­ 62) et des receveurs de 25.4 ans (18-40). Le temps moyen d'ischémie chaude était de 7±2 min. Les reins étaient préservés par la solution standardisée de type "Eurocollins". Le temps d'ischémie froide était en moyenne de 2.8 heures.
Résultats : La durée de chaque intervention était inférieure à 250 minutes (moyenne : 220 ± 29).Les pertes sanguines étaient inférieures à 300 ml. Aucune complication majeure a été observé pendant l'intervention. La fonction retardée du greffon était évidente dans les deux cas nécessitant une ou deux séances d'hémodialyse. Les donneurs ont quitté l'hôpital au 4-ème ou 5-ème jour. La créatininémie actuelle moyenne chez les receveurs est de 1.4 ± 4 mg, 12 ­24 mois après la transplantation rénale. Aucun épisode de rejet a été noté. Tous les receveurs ont été traités en induction avec daclizumab suivant par la CsA, MMF et stéroïdes.
Conclusions : les auteurs recommandent la néphrectomie coelioscopique comme une méthode valide qui pourrait encourager le don d'organes chez les donneurs potentiels vivants apparentés et non-apparentés.

Introduction

La transplantation rénale a partir d'un donneur vivant a augmenté dans les dernières années, et représente une alternative valable à greffe cadavérique [1]. La transplantation cadavérique dans la région balkanique, sauf Grèce et Slovénie, n'est pas encore développée de manière satisfaisante. Le besoin d'organes augmentant comme dans beaucoup de parties du monde, ceci a encouragé notre centre de transplantation rénale à élargir ses sources d'obtention de greffons rénaux en prélevant des donneurs vivants plus âges, des donneurs non apparentés (émotionnellement liés), des donneurs avec ABO-incompatibilité et des donneurs avec hypertension modérée. Dans le but d'augmenter le don d'organes, nous avons récemment introduit le prélèvement coelioscopique suivant les expériences positives publiées dans la littérature mondiale [2,3]. Nous présentons ici notre expérience des premiers quatre cas de transplantation rénale à partir d'un rein prélevé par la voie coelioscopique.

Matériel et méthodes

Dans les 3 dernières années nous avons utilisé la néphrectomie coelioscopique chez quatre donneurs vivant apparentés. Les deux premiers cas de prélèvement coelioscopique ont été effectués avec l'aide collégiale du Pr D.Chopin et de son équipe (CHU Hôpital H.Mondor, Creteil, France), en utilisant la voie retropéritonéale.

L'intervention a eu lieu usant un appareillage standard (Wolf) et méthodologie standardisée [4,5,6]. Dans tout les cas le rein gauche a été prélevé. Les données cliniques et démographiques sont présentes dans le tableau 1. La conservation des reins était réalisée à l'aide d'Euro-Collins. L'immuno-suppression incluait un protocole séquentiel avec des anticorps poli ou monoclonaux (ATG, ALG, Daclizumab) comme thérapeutique d'induction et CsA, PRED, Micophenolate Mofetil comme thérapeutique de maintien.

Résultats

L' âge moyen des donneurs était de 54 ans (extrêmes:38 ­ 62) et des receveurs de 25.4 ans (18-40). Le temps moyen d'ischémie chaude était de 7±2 min. Le temps d'ischémie froide était en moyenne de 2.8 heures. La durée de chaque intervention était inférieure à 250 minutes (moyenne : 220 ± 29). Les pertes sanguines étaient inférieures à 300 ml. On n'a noté aucune complication postopératoire chez les donneurs néphrectomisés par la voie coelioscopique. Les donneurs ont quitté l'hôpital au 4-ème ou 5-ème jour postopératoire. On a noté une fonction retardée du greffon chez deux cas nécessitant une ou deux séances d'hémodialyse La fonction postopératoire du greffon était bonne après la transplantation chez tous les receveurs. Aucun épisode de rejet n'a été observé jusqu'alors. Vingt quatre mois après la transplantation la fonction du greffon est stable et définie par une creatininemie moyenne de 134 mM/l. Le résultat cosmétique chez les donneurs 24 mois après la transplantation est parfait.

Discussion

Nos résultats confirment les expériences  précédentes selon lesquelles la néphrectomie coelioscopique est une méthode valable et acceptable pour le prélèvement rénal à partir d'un donneur vivant. Les deux méthodes (l'accès retro-péritoneal et trans-péritoneal) sont bien confirmés et utilisables [3]. Certains auteurs préfèrent la voie transperitoneale en s'aidant d'une dissection et d'une sécurité manuelle (hand assisted). Nous avons utilisé les deux méthodes et les résultats sont tout a fait comparables [4,5,6]. Malgré que les temps de l'ischémie chaude et d'intervention chirurgicale sont prolongés dans cette expérience initiale, la fonction des greffons est stable et sub optimale. L'hospitalisation a été courte, aucune complication notable n'a été relevée et l'effet cosmétique confère un avantage évident par rapport à la néphrectomie a ciel ouvert.

Conclusion

La voie laparoscopique retropéritonéale ou transpéritonéale est une alternative tout a fait raisonnable pour les centres de transplantation qui disposent de chirurgiens laparoscopistes. Les résultats ici présentés nous encouragent à développer la néphrectomie coelioscopique comme une méthode attractive qui pourrait encourager le don d'organes chez les donneurs vivants apparentés et non-apparentés.

Remerciement

Les auteurs remercient profondément monsieur le Professeur Dominique Chopin et son équipe (Hôpital Henri Mondor, Creteil, France) pour l'introduction de cette méthode et pour son aide tout au long des derniers 15 ans permettant le développement de la transplantation rénale et de la recherche sur les tumeurs urogénitales au CHU-Skopje, République de Macédoine.

Références

1. Popov Z, Ivanovski N, Kolevski P. Transplantation renale en Macedoine.Ann Urol 2000;34:294 -301

2. Alcaraz A, Rosales A, Palau J et al. Living donor nephrectomy for kidney transplantation. First two years experiences. Arch Esp Urol 2004;57:1091-8

3. El-Galley R, Hood N, Young CJ, Deierhoi M, Urban DA.Donor nephrectomy:A comparison of techniques and results of open, hand assited and full laparoscopic nephrectomy. J Urol 2000;171:1547

4. Wilson CH, Bhatti AA,Rix DA,Soomro NA.Comparison of laparoscopic and open donor nephrectomy:UK experience. BJU Int 2005;95:131-35

5. Baron PW, Baldwin DD, Hadley HR, Ojogho ON, Ruckle HC, Concepcion W. Hand-assited laparoscopic donor nephrectomy is safe and results in increased kidney donation. Am Surg 2004;70:901-5

6. Abbou CC, Rabii R, Hoznek A, Antiphon P, Popov Z, Chopin D. Prélèvement rénal chez le donneur vivant par voie laparoscopique rétroperitoneale ou lomboscopie. Ann Urol 2000;34: 312-318